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Au coeur de la conjoncture
Publié le:  16 décembre 2011

CER France Franche-Comté a présenté les derniers chiffres en sa possession pour tracer quelques pistes de réflexion pour 2011.

Cette fois-ci, le pli est pris. CER France Franche-Comté vient d’organiser sa troisième rencontre d’économie rurale. Et cette année, elle était placée sous le thème de l’adaptabilité des exploitations face aux évolutions de la conjoncture.

Dans un premier temps, les intervenants s’occupent de la conjoncture économique passée en revue mais s’intéressent aussi à celle qui est en cours pour tracer quelques premières grandes lignes afin de permettre aux agriculteurs d’agir dans les bonnes directions.

Et pour que les informations soient pertinentes, quatre grandes filières ont été définies : lait sous signe de qualité, lait standard, dominante viande avec moins de 20 % de lait et plus de 50 % de SFP et une dominante grandes cultures. Dominique Bourgeat entend principalement se concentrer sur l’année en cours, à partir d’échantillons réels qui permettraient de travailler diverses hypothèses.

« En sachant que nous pouvons ne pas être à l’abri d’un décrochage conjoncturel et d’éventuels variations de stocks et de cotisations sociales », assure la directrice-adjointe de CER France Doubs.

Concernant les laits sous signe de qualité, la MPN du comté est en hausse mais cette nouvelle doit être tempérée par une hausse des stocks et des prix de fromage en hausse. Il faudra donc insister pour faire les efforts nécessaires pour réduire les volumes en dégageant du lait.

Mais attention, pas n’importe où. « Nous avons des craintes pour les autres filières si nous les saturons. » La sécheresse du début d’année est passée par là mais les laits sont restés de bonne qualité.

« Pour cette deuxième année de Pac révisée, nous constatons des efforts sur la hausse d’abattage au mois de mai. » Il faut encore noter que les charges fixes comme les carburants et les charges opérationnelles comme les engrais sont en hausse. Malgré tout, l’EBE s’annonce satisfaisant malgré quelques interrogations sur le prix du lait et les livraisons en fin de campagne.

« Notre crainte repose sur un recours euphorique à l’investissement. Pour l’après-Pac, ça nous inquiète. » Il faudra donc optimiser les charges de structures et les marges technico-économiques, valoriser l’herbe.

« Et pourquoi pas développer des ateliers complémentaires pour ne pas mettre tous les oeufs dans le même panier. Car c’est aujourd’hui qu’on s’en met sous le pied pour demain. » Quelques conseils de bon sens qui seront répétés à l’envi à l’occasion du tour d’horizon des autres filières. Passons ensuite au lait standard.

Et pour une fois, les nouvelles sont plutôt optimistes. Les indicateurs sont au vert, le prix a augmenté tout comme les livraisons ; le tout aidé par une bonne disposition de fourrage. « Mais quid de la fin de campagne ? » Si cette interrogation doit rester en mémoire, on se satisfera de l’abattage en hausse et de l’augmentation de l’atelier céréales. « Pour l’avenir, il faudra aussi tenir compte de la crise en Europe tout en travaillant autour du prix d’équilibre et du prix de revient. »

Satisfaction Luc Louis, conseiller CER France Jura prend le relais pour traiter de la viande : « Cet atelier est tiré vers le haut. » Comme en 2010, en ce début d’année, les cours sont bien orientés grâce à une augmentation de l’export et une baisse des importations. « La bonne nouvelle ? Les résultats sont stables mais nous n’avons pas profité à plein de la remontée des cours des produits. »

Pas question de camper dans une euphorie béate. « Nous ne savons toujours pas quels impacts aura la crise financière sur la consommation des ménages. » De plus, aucune perspective n’est tracée pour l’avenir des aides couplées. « Comme piste de travail, il nous faudra porter le dossier de l’autonomie alimentaire. »

De manière globale, au niveau des grandes cultures, les récoltes se présentent plutôt pas mal mais avec de grande hétérogénéité. « La qualité étant maintenue, les cours se maintiennent mais il faut aussi noter des variations importantes selon les stratégies de commercialisation. » Là aussi, le conseiller cherche à tempérer les velléités d’investissement des uns ou des autres en travaillant sur les marges de sécurité.

« Mais comment sécuriser, justement, ces marges de sécurité par rapport aux marchés ? », interroge Gilles Duquet, un participant. Une vaste question. Un autre intervenant préfère s’attarder sur le matériel, estimant que « demain, l’argent ne vaudra plus rien. » Mais pour le conseiller, le matériel n’est pas une fin en soi.

« On peut aussi placer son argent à court ou long terme, en fonction de vos propres choix. » « Ce n’est pas un scoop mais quand ça va, on se débride sur le matériel », confirme Dominique Bourgeat. « Mais par rapport à nos voisins européens, nous avons tendance à surmécaniser alors qu’ils ont tendance à saturer leur outil de travail. »

« En tout cas, une bonne année au niveau des chiffres après tant de mauvaises, ça fait plaisir de les présenter », lance la présidente Christine Grillet.




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