En 2011, nous sommes 7 milliards d’êtres humains et nous serons 9 milliards en 2050 à occuper cette Terre. La planète est-elle capable de satisfaire les besoins d’une telle population ?
Marion Guillou, la présidente de l’Inra et Gérard Matheron, président du Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad), évoquent cette question dans un ouvrage : 9 milliards d’hommes à nourrir édité par François Bourin.
Pour les auteurs, la prise de conscience du monde face à la question de l’alimentation, se pose en 2008 avec les émeutes de la faim et pour eux deux scénarios se présentent et, dans les deux cas, « nourrir la planète apparaît quantitativement possible ».
Les deux scénarios explorés par les auteurs sont fondés sur une augmentation de la production agricole mondiale de 88 % dans une hypothèse appelée Agrimonde G0 et de 28 % dans une hypothèse appelée Agrimonde 1.
Dans le scénario Agrimonde G0, les auteurs considèrent « un modèle économique fondé sur la croissance dans un contexte où l’environnement n’est qu’une priorité seconde ». Les progrès techniques sont importants et la pauvreté est réduite grâce à une hausse des surfaces cultivées, à l’augmentation des rendements, au recours à la mécanisation, à l’utilisation d’engrais et de produits de traitement des cultures.
Le prix à payer, « c’est une perte de la diversité et les problèmes environnementaux globaux ne sont ni traités, ni anticipés ». Pourtant, dans ce scénario, « le nombre de sous-nourris dans le monde est divisé par 2,5 en cinquante ans ».
Dans le deuxième scénario Agrimonde 1, les auteurs préconisent un modèle qui nourrit la planète dans un contexte de développement durable et préconisent la mise en place « d’un cercle vertueux cumulatif » fondé sur l’implication des familles paysannes mais aussi sur l’aide internationale permettant des investissements dans les in frastructures de stockage, dans le transport, dans la première transformation industrielle, dans l’éducation et la santé.
Bref, ce scénario privilégie « la création d’un climat favorable » qui permet aux familles paysannes de dégager un revenu et d’épargner. C'est l’épargne qui permet d'investir dans de nouveaux équipements et de nourrir le cercle vertueux.
Dans ce scénario, l’augmentation des rendements est moindre et les surfaces cultivées, prélevées sur des pâtures, doivent augmenter deux fois plus que dans le scénario Agrimonde G0. Marion Guillou et Gérard Matheron reconnaissent que dans des régions comme l’Afrique du Nord, le Moyen- Orient, l’Afrique subsaharienne et l’Asie, la production agricole locale reste, avec le scénario Agrimonde 1, « insuffisante pour couvrir les besoins domestiques ».
Il faut importer des matières premières agricoles dans « des échanges mondiaux sécurisés et régulés sous l’égide des Nations Unies », proposent les auteurs. Ce livre pose les problèmes auxquels l’humanité doit répondre et, sans préjugé, explore deux voies. L’une efficace, dominée par un modèle industriel qui génère une forte empreinte écologique. L’autre, moins efficace mais durable, qui respecte les familles paysannes, les cultures et l’environnement.
Tout sur la vache des montagnes
Si vous aimez la montagne, si vous aimez les vaches et si vous appréciez les belles photos, alors le livre d’Henri Pelletier Tout sur la vache des montagnes est fait pour vous et devrait vous passionner.
Henri Pelletier, journaliste indépendant, arpente les alpages, les cours de ferme et les marchés, quelle que soit la saison, pour le plaisir, pour le goût des bons produits, pour les rencontres et par passion pour la montagne et la terre. Son livre, paru en octobre dernier, se savoure. On le prend, on le feuillette, on le repose et on y revient au gré du temps et de ses envies.
De la transhumance à la traite des vaches en passant par la vie de berger, les métiers, les traditions ou encore l’histoire de la vache, cet ouvrage vous convie à une véritable balade au pays des alpages. Au fil des pages, vous ferez la connaissance de Jeanne Ravanel dans son chalet de Balme-Charamillon ; vous apprendrez que les bergers sont de plus en plus souvent des bergères, comme Chantal Pin, sur l’alpage des Veys, au dessus de Bourg-Saint-Maurice.
Vous découvrirez ce que sont les poyas, ces peintures naïves qui représentent essentiellement des scènes de la vie pastorale. Magnifiquement illustré, ce livre est aussi l’occasion de (re)découvrir les vaches de montagne, des plus connues aux plus discrètes.
De l’abondance si justement nommée à la lourdaise, une élégante miraculée, en passant par la tarentaise, la belle de Savoie ou la betizù, sauvage, rare et rugueuse, l’auteur a ainsi répertorié quatorze races. Et comme les promenades ouvrent l’appétit, en fin d’ouvrage, vous trouverez quelques bonnes recettes classiques comme la côte de boeuf, le bourguignon, le boeuf carotte ou encore le pot-au-feu... Tout sur la vache des montagnes, Henri Pelletier. Edition Glénat 2011 - Collection beaux livres nature - 192 pages, prix 19,95 euros.
L’histoire des femmes en campagnes
Dans l'ouvrage L'histoire des femmes en campagnes, l'auteur raconte le combat des agricultrices pour leur émancipation. Depuis des millénaires, et jusqu’à la Seconde guerre mondiale, les femmes des campagnes n'avaient d'autres places qu'au foyer et que pour certains travaux agricoles.
Marie-Thérèse Nouvellon, proche collaboratrice de Michel Debatisse, témoignait dans la revue Paysans en mai 1968 : « On existait pour son mari, sa famille, sa paroisse et si peu pour soi-même ». Les pionnières comme Micheline Marcusse, Marie-Thérèse Lacombe, Thérèse Debatisse se sont battues pour la reconnaissance du rôle de la femme au sein de la famille.
Leur premier combat fut celui de la décohabitation avec les beaux parents. Ces fonctionnements patriarcaux, héritage d’une société repliée sur les traditions, l’obéissance aux anciens, au curé reculent devant les nouveautés des lois d’orientation des années 60, qui laissent la place aux jeunes, notamment à la tête des exploitations.
Mais point de vrai statut, elles restent seulement des aides familiales jusqu’à la loi d’orientation de 1980 qui instaure le statut de co-exploitant. Ce n’est qu’en 1985 que la femme dispose des mêmes droits que l’homme dans les EARL, fraîchement créées. En 1999, enfin, elles accèdent au statut de conjoint collaborateur. Le combat est loin d’être terminé.
La parité n’est pas encore acquise partout. Mais être agricultrice est désormais un métier choisi pour beaucoup de femmes. Histoire des femmes en campagnes - L’agriculture au féminin. Claude Petit-Castelli, 2011, 191 pages. Commande à la FNSEA, 11 rue de la Baume, 75008 Paris, 25 euros.
Les races bovines disparues ou menacées
Sait-on qu’en France, une quarantaine de races de vaches ont disparu depuis le milieu du XIXe siècle et que, de nos jours, une vingtaine de races sont à leur tour menacées de disparition ? Pour la première fois, un ouvrage, intitulé « A nos vaches » (publié aux éditions Delachaux et Niestlé), fait l’inventaire de ces races bovines disparues et de celles aujourd’hui menacées.
Ce livre de 450 pages, agrémenté de nombreuses photos et autres illustrations, présente en détail l’histoire, les origines et les caractéristiques de ces races classées par entités géographiques proches. Dans le chapitre des « Blondes du Sud-Est de la France », on retrouve la bourbonnaise, la race du Mézenc, la villard-de-lans, l’albanaise, la bressane et la fémeline.
Dans la catégorie des «vaches venues du fond des âges», on peut citer la race hérens : élevée en Suisse, en Italie et dans les Alpes françaises, cette race très ancienne est désormais connue du grand public pour ses « combats de reines ».
La réalisation de ce livre a nécessité une importante recherche bibliographique et iconographique en explorant différentes sources (ouvrages anciens, revues et bulletins agricoles ou zootechniques, documentations diverses, cartes postales anciennes).
L’auteur de cet ouvrage, Philippe Jacques Dubois, est docteur en chirurgie dentaire, ingénieur écologue et ornithologue... Alors quel rapport avec les vaches ? Tout simplement une passion pour ces animaux depuis l’âge de six ans. Ce véritable engouement l’a poussé à investiguer pour faire connaître et sauver de l’oubli ces races bovines à petits effectifs, jouant un rôle majeur dans la conservation du patrimoine génétique de l’espèce bovine.


