Lucas Mégevand et Kévin Bouille, respectivement 23 et 24 ans, sont les associés de Christian Mossière au sein du Gaec Le Haut de la fruitière, situé à Choisy (Haute-Savoie). Ils livrent leur témoignage sur le choix de cette installation.
Le Gaec Le Haut de la fruitière est une exploitation laitière comptant un troupeau de 75 vaches de race montbéliarde et 80 génisses, pour une SAU de 190 hectares (96 hectares de prairies permanentes, 61 hectares de prairies temporaires et 33 hectares de céréales à paille) répartie sur les communes de Choisy, Mésigny, Sallenôves, Cercier et Châtillon-en-Michaille (01).
Les 550 000 litres de lait, livrés aux Fermiers Savoyards, sont valorisés en AOC abondance. Initialement, ce Gaec comptait 3 associés, Christian et son frère aîné Denis Mossière et Maximilien Baillon.
« Avant même ma période d’essai sur l’exploitation effectuée dans la perspective du départ à la retraite de Denis, je connaissais déjà bien l’exploitation, explique Lucas Mégevand. Je venais prêter amicalement la main ici, en tant que camarade de promotion de Rémi, le fils de Christian, malheureusement décédé accidentellement en décembre 2007. Christian m’a proposé de réfléchir à mon association au sein du Gaec ».
Pour le jeune homme titulaire d’un BAC et d’un BTS en productions animales qui envisageait une réorientation en CAP boucherie, c’est un revirement mais très assumé et réfléchi. Débutée fin 2008, son année d’essai se conclut par son installation en septembre 2009 mais Maximilien Baillon préfère quitter la structure. Il faut donc lui trouver un remplaçant.
Titulaire également d’un BAC et d’un BTS en productions animales, conscrit et camarade de promotion de Rémi, Kévin Bouille effectue son année d’essai sur l’exploitation de Choisy à partir de fin octobre 2009, pour devenir associé au sein du Gaec à partir du 1er octobre 2010.
« Je voulais m’installer mais je n’avais pas de perspective concrète réelle, confie celui-ci. L’idée d’une installation avec mon oncle, agriculteur en individuel, était une piste mais pas assez viable car l’exploitation était trop petite pour deux, il n’y avait pas assez de surfaces et de quotas. Aussi, lorsque j’ai terminé ma formation, j’ai effectué une année au service de remplacement de la Haute-Savoie puis une année en tant que salarié au sein d’un Gaec en Vallée Verte. Le départ de Maximilien du Gaec Le Haut de la fruitière a ouvert sur ma période d’essai ici ».
Ni Lucas ni Kévin n’étaient inscrits au préalable au répertoire de l’installation. Pour eux, ce sont les liens amicaux, le bouche à oreille et les concours de circonstances qui ont joué.
« Pour nous installer, explique Kévin, nous avons racheté, Lucas et moi, 90 000 € de parts sociales. Notre DJA s’est élevée à 27 000 €. Acheter une exploitation en individuel avec 90 000 € relève de l’impossible. Le travail en Gaec est beaucoup plus sécurisant, humainement et économiquement. Nos bâtiments ici sont récents et bientôt amortis, les surfaces sont regroupées, le confort de travail est là. C’est une très belle exploitation. Nous mesurons combien nous installer dans de telles conditions est une chance ».
Et de souligner encore : « En Gaec, nous ne sommes pas tout seuls pour travailler et prendre des décisions. On peut bénéficier de temps libre aussi. Nous sommes bien organisés à nos postes, on travaille chacun un week-end sur trois ».
Des conseils pour réussir son installation en Gaec ? « Vivre complètement la période d’essai, souligne Kévin. Je dirais même qu’un an, c’est presque trop court pour se familiariser avec tous les rouages de l’exploitation ». Une difficulté particulière ?
« L’administratif, estiment les jeunes associés. Le montage du dossier de demande d’installation est parfois lourd à supporter, notamment parce que nous n’avons pas systématiquement en face de nous les même interlocuteurs. Il faudrait un référent unique par structure pour gérer tous ces aspects… ».


