L’agglomération lyonnaise s’est illuminée entre le 8 et le 11 décembre 2011 sous les feux croisés de la tradition et de la modernité. Les monuments comme les places et les rues ont été éclairés par des artistes, témoignages d’une spécialisation de la ville dans les créations et applications de la lumière.
Les quatre nuits du 8 au 11 décembre ont placé Lyon sous les feux des projecteurs, la transformant en capitale de la lumière, entre les lumignons traditionnels et les créations artistiques préparées par le gratin des artistes de la lumière.
Ces quatre nuits féeriques font de Lyon le théâtre de l’un des plus grands événements urbains au monde, avec environ trois millions de visiteurs français et étrangers qui arpentent la ville à la découverte de plus de 70 illuminations grandioses, poétiques ou insolites.
La treizième édition de la fête des Lumières transforment les monuments, les fleuves, les collines en un vaste terrain d’expression pour les éclairagistes, architectes, plasticiens, vidéastes, sélectionnés pour la créativité de leurs projets.
Tradition et modernité La fête des Lumières est née le soir du 8 décembre 1852, lorsque les Lyonnais ont illuminé leurs fenêtres et leurs balcons avec des bougies et sont descendus dans la rue pour célébrer l’installation de la statue de la Vierge Marie sur la colline de Fourvière. L’événement s’inspire également de l’expertise développée depuis plus de 20 ans par la ville de Lyon dans la mise en lumière pérenne de l’espace et du patrimoine urbain.
La fête des Lumières pérennise un modèle inédit et moderne d’événement populaire urbain : connue bien au-delà de nos frontières, elle reste le moment fédérateur de tous les Lyonnais, grâce notamment à la forte mobilisation des associations locales.
La création lumière présente à chaque édition d’innombrables facettes, du mapping 3D (1) aux installations monumentales, de la flamme nue aux sculptures rétro-éclairées, des projections vidéo aux chromolithes (2) : un reflet des évolutions artistiques et techniques de la création lumière contemporaine. Les « Rencontres de la Lumière »
Ces rencontres ont rassemblé, au musée Gadagne à Lyon le 9 décembre, des concepteurs lumière, artistes et responsables de l’éclairage public qui présentent des projets d'éclairage temporaires et permanents réalisés avec l’implication ou en concertation avec les habitants, de villes européennes. « Lika Olika », réalisé à Biskopsgården, un quartier périphérique de Göteborg, explore par exemple les manières de transformer l’environnement urbain afin de faire disparaître le sentiment d’insécurité des femmes dans l’espace public.
Les « Marches exploratoires nocturnes », en Belgique, sont l'occasion de rencontrer les usagers, de comprendre leurs ressentis et de partager une expérience collective unique. Le projet « Transition » à Copenhague utilise des installations temporaires d’éclairage dans des zones en rénovation urbaine afin de repenser l’espace urbain et créer un dialogue alternatif avec les habitants.
Ces rencontres sont organisées par le réseau international de villes sur l’éclairage urbain Luci (Lighting Urban Community International), qui rassemble 65 municipalités dans le rage comme l’outil d’une politique favorisant un développement urbain durable.
Une fête durable
Mais qui dit fête des Lumières pense aussi « développement durable ». Les organisateurs s’attachent à réduire autant que possible les impacts de l’événement sur l’environnement : forte utilisation des transports en commun, utilisation des sources à basses consommations (LEDs) dans 13 projets artistiques, réduction des impressions du programme permettant ainsi d’écomiser 14,7 tonnes de papier.
Pendant l’événement, la ville de Lyon et Récylum, une entreprise spécialiste du recyclage des tubes et lampes basse consommation, ont incité le grand public à rapporter en magasins les lampes usagées. L’entreprise s’engage à les transformer en arbres plantés en Indonésie. Récylum organise également le trophée des "Lumières Durables" pour montrer qu'émotion et créativité peuvent rimer avec développement durable.
Les oeuvres lumineuses de la fête des Lumières seront ainsi récompensées pour leurs efforts en matière de développement durable.
(1) mapping : animation visuelle projetée sur des structures en relief
(2) chromolithes : projections colorées sur une façade.
Vercia village illuminé Le quartier des Sauvages, dans le village de Vercia, dans le Jura, s’illumine tout au long du mois de décembre.
Environ 1 500 mètres de guirlandes électriques sont déployées par les habitants dans les 140 sapins qui bordent les rues du hameau, sur les bâtiments communaux et le petit patrimoine rural.
Au départ de cette initiative, aucune tradition locale, simplement l’initiative de nouveaux arrivants suisses, suivie par le voisinage puis par l’ensemble du village. Désormais, 90 % des habitants se prennent au jeu, d’autant que 30 000 visiteurs par an, un chiffre en constante augmentation, arpentent les lieux en décembre. Les autocaristes suivent le mouvement et ajoutent la localité dans leur offre saisonnière.
Le village tout entier s’investit dans la fête, organise des promenades à poneys ou en calèche et prépare des gaufres cuites à l’ancienne et du vin chaud. Même le père Noël s’invite à la fête le week-end avant Noël. Une ambiance que nous vous ferons partager dans notre prochain numéro…


