RSS
Un investissement payant
Bâtiment en élevage porcin
Jura agricole et rural
Publié le:  23 décembre 2011
Page 5 

En élevage porcin, les marges de productivité sont énormes, en témoignent les différences entre éleveurs et entre pays. Edgar Basset, de la coopérative Cirhyo à Montluçon, a insisté sur la nécessité de connaître son coût de production, et de ne pas lésiner sur l’investissement, véritable levier de la productivité du travail.

Ne faites pas de “bricolage” dans vos investissements : c’est la mauvaise productivité du travail qui nous coûte cher dans les élevages en France. Si vous économisez du travail pénible, nous ne sommes pas à 100 € ou 200 € par truies d’investissement ! » exhortait Edgar Basset, en conclusion de son exposé lors de la journée régionale porcine à Saône, le 30 novembre dernier, citant comme exemple d’investissement le « karcher centralisé » et le robot de lavage.

Le responsable technique de la coopérative Cirhyo de Montluçon, qui fédère 600 éleveurs pour un cheptel d’un million de porcs dans une trentaine de départements, était en effet invité pour une présentation sur le thème des investissements bâtiments. Il a dans un premier temps introduit la notion de coût de production, critère indispensable pour situer son élevage par rapport aux autres et mesurer sa marge de progrès.

« La moyenne pour les naisseurs-engraisseurs en France en 2010 est de 1,306 €/kg de carcasse, avec des écarts de 0,322 € entre le tiers supérieur et le tiers inférieur. La moyenne pour les naisseurs est de 36,1 €/porcelet avec des écarts de 9,4 € entre le tiers supérieur et le tiers inférieur. Il faut bien faire la différence entre coût de production et seuil de résistance : on peut avoir un bon coût de production et être mal financièrement à cause d’une trésorerie insuffisante. »

Puis il a décomposé ce fameux coût : chez les naisseurs engraisseurs 63% d’alimentation, 15% de rémunération de la main d’œuvre, 10% de rémunération des capitaux propres, 7% d’amortissements… pour les principaux postes.

Pour les naisseurs, l’alimentation représente 37% du coût de production, suivie par la main d’œuvre (25%), la rémunération des capitaux propres (15%) et les amortissements (10%). Ces notions permettent de prioriser les investissements. A travers deux exemples, Edgar Basset a détaillé le sujet.

L’ordre des priorités

« Si nous prenons dans l’ordre des priorités nous avons d’abord, l’alimentation, présentée par Laurent Alibert (voir ci-dessous), en second, la main d’oeuvre liée aux investissements, puis les charges diverses, somme de petits postes : énergie, eau, produit vétérinaire, il faut tous les regarder points par points mais surtout surveiller les dérives.

Enfin les investissements en quatrième position, uniquement, parce que nous sommes en retard d’investissement en France. Deux exemples : la mise aux normes bien-être et l’investissement dans des cages balances. »

Ainsi le regroupement de deux sites sur un seul permet dans l’exemple abordé une augmentation du coût de production de seulement 0,29 € par porcelet (construction neuve), de travailler dans une maternité neuve (ce qui est en place à déjà entre 15 et 20 ans), une baisse des frais (comptabilité, assurance, frais divers), une diminution de la main d’œuvre (week-ends plus faciles) et l’automatisation des tâches, avec à la clé un travail plus gratifiant (alimentation, raclage, etc..).

« Le passage en soupe permet un gain de 6 € sur le prix de l’aliments soit 7,2 € par truie, c’est-à-dire 9 000 € par an, qui n’ont même pas étés pris en compte dans le calcul du coût de production des porcelets : soit 0,26 € de moins par porcelet. »

Même topo sur les cases balances dans les ateliers de naissage, qui représentent un coût supplémentaire de l’ordre de 600 € la place… mais permettent un gain de 1,2 sevré sur deux bandes !

« Même dans l’hypothèse basse de 0,8 sevré en plus, avec 8,67 mises-bas par an et par case, on arrive à sept porcelets sevrés de plus par case, multiplié par 30 € (prix du porcelet) on arrive à 210 €. Le retour sur investissement est alors de moins de trois ans… ça se tente ! » insiste Edgar Basset.

Autre conseil du spécialiste « Ne vous pénalisez pas avec des durées de remboursement trop courtes. Posez-vous la question : quelles durées de remboursements et quel impact sur mon seuil de résistance ? Gardez votre autofinancement, prévoyez du financement à 100 %, y compris pour le fond de roulement. »

Des gains de productivité

Les différences entre pays sont de taille : ainsi le temps de travail par truie et par an est quasiment le double en France (23 h) de celui des Pays-Bas (12,1 h). On trouve également de fortes disparités quand on compare les GMQ, l’indice de consommation…

Pour Edgar Basset « Les gains potentiels de productivité sont encore énormes, j’en veux pour preuve les différences entre éleveurs et entre pays ! Calculez tous les ans votre coût de production et ajustez votre budget de trésorerie, voyez votre banque pour faire le point ».




Newsletter GRATUITE