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Un tracteur aménagé pour rendre la cabine accessible à un agriculteur en fauteuil roulant. |
La notion de handicap est bien plus large que la représentation commune du fauteuil roulant : l’accès ou le maintien dans l’emploi, la reconversion peuvent bénéficier d’aides spécifiques.
Le FAFSEA organisait une réunion d’information sur le thème du handicap à Pelousey le 9 décembre dernier.
Cette réunion intervient dans le cadre d’une campagne de sensibilisation engagée suite à la signature d’une convention, en mars dernier, avec l’Association de la gestion du fonds pour l’insertion professionnelle et le maintien dans l’emploi des personnes handicapées (Agefiph).
L’occasion dans un premier temps de brosser un tableau de la diversité des situations. « L’icône du fauteuil roulant est très réductrice : seulement 2% des handicapés utilisent un fauteuil », explique Monica Bruhn, responsable de la coordination, du développement et de l’animation du réseau national du FAFSEA sur le thème du handicap.
Une idée illustrée par quelques visages célèbres, celui de Jules César (épileptique), Sigmund Freud (atteint d’un cancer de la mâchoire) ou… le poisson Némo (et sa nageoire atrophiée). « Les handicaps moteurs ne représentent que 47% du total, suivies par les maladies invalidantes (24%), les maladies psychiques et mentales (15%), les handicaps auditifs et visuels… »
Et cette situation doit toujours s’apprécier pour la tenue d’un poste. « Un changement de situation peut renforcer, voire générer le handicap, ou à contrario compenser les conséquences et permettre d’utiliser pleinement ses aptitudes.
Trente pour cent des travailleurs handicapés le sont devenus à la suite d’un accident du travail ou d’une maladie professionnelle, et la notion de handicap recouvre des situations toujours variées en emploi. »
Des propos confortés par le Dr Lornet, médecin du travail à la MSA « Pour un pianiste, une amputation d’un ou de plusieurs doigts, c’est la fin d’une carrière, mais en agriculture, ça n’empêche pas de conduire les engins… » Et de relater le cas d’un pâtissier contraint par une allergie à la farine de se reconvertir.
« Au cours des entretiens, on s’est aperçu que ce qui lui plaisait dans le métier de pâtissier, c’était la présentation soignée de ces gâteaux : il a même parlé de ‘’bijoux’’… et c’est effectivement dans le secteur de la bijouterie qu’il a retrouvé un emploi, à 48 ans, après une formation ! »
Troubles musculo-squelettiques
De même, l’allongement des durées de cotisation des retraites aura un impact sur la santé des travailleurs, en particulier dans les emplois pénibles.
Un représentant de l’ONF témoignait d’ailleurs dans ce sens : « Nous sommes 2 800 ouvriers forestiers dans la région, avec beaucoup de travailleurs handicapés dans la tranche 55-62 ans, notamment pour des troubles musculo-squelettiques, des douleurs aux vertèbres lombaires… Il faut dire que les cadences ont doublé, on est passé de 28 à 14 heures par hectare, avec les mêmes outils ! »
L’occasion pour Monica Bruhn de repréciser le cadre législatif qui définit le handicap « toute limitation ou restriction de participation à la vie en société subie dans son environnement en raison d’une altération substantielle, durable ou définitive d’une ou plusieurs fonctions physiques, sensorielles, mentales, cognitives ou psychiques, d’un polyhandicap ou d’un trouble de santé invalidant. »
Depuis 2005, la loi impose aux entreprises de plus de 20 salariés d’employer 6% de personnes handicapées, après un délai de trois ans pour se mettre en conformité. « L’entreprise acquiert des ‘’unités bénéficiaires’’ grâce aux actions en faveur du handicap : accueil de stagiaires, emploi de bénéficiaires, sous-traitance… et les unités manquantes font l’objet du paiement d’une contribution financière à l’AGEFIPH. »
« En tant que groupement d’employeurs, nous pourrions être concernés dans un avenir proche », remarque Gilles Duquet, président du FAFSEA et également du GER. « Est-ce qu’on peut envisager le recours à la sous-traitance par exemple pour des tâches administratives ? »
Réponse positive : « en Franche-Comté, il y a une bonne couverture des différents secteurs d’activité par les CAT… Mais attention, les aides accordées par l’AGEFIPH pour par exemple aménager le poste de travail d’une personne handicapée ou la former à un nouveau métier sont indépendantes de l’obligation légale : cela concerne donc toutes les entreprises, et pas seulement celles qui emploient de la main d’œuvre. On peut imaginer par exemple le cas d’un Gaec, ou même d’une exploitation agricole individuelle, concernée par le sujet. L’Agefiph intervient pour compenser les conséquences du handicap dans le cadre professionnel (surcoût lié au handicap) et pour les dépenses qui dépassent le cadre légal. »


