La mise en marché de l’atrazine sera interdite le 30 septembre 2002 et son utilisation par les agriculteurs, le 30 juin 2003 pour écouler les stocks. Sa suppression devrait entraîner un coût supplémentaire de 100 à 200 F par hectare selon l’Association générale des producteurs de maïs.
La rumeur courrait depuis quelques semaines. Le ministère de l’Agriculture vient de l’annoncer dans un communiqué officiel. Il vient d’engager une procédure de retrait d’homologation de l’atrazine et des autres herbicides dérivés. Il s’agit de la simazine, de la cyanazine, de la terbuthylazine sauf pour la vigne, de l’amétryne et la therbutrine, ces deux derniers étant interdits pour le maïs seulement.
Le retrait de l’autorisation de mise en marché s’appliquera le 30 septembre 2002. Son utilisation par les agriculteurs sera interdite neuf mois plus tard, c’est-à-dire le 20 juin 2003, de façon à écouler les stocks. Selon le ministère de l’Agriculture, cette décision se fonde sur trois motifs principaux :
• La présence généralisée dans l’eau de traces d’atrazine et de ses produits dérivés : 40 % des prélèvements effectués en eaux de surface et 25 % des prélèvements en eaux souterraines nécessitent la mise en place d’un traitement de l’eau ;
• Une évaluation actualisée des risques sanitaires établie par l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments qui, si elle confirme l’absence de risques cancérigènes avérés, maintient sa recommandation de ne plus consommer l’eau lorsque la présence d’atrazine et de ses dérivés dépasse les seuils de 0,4 microgramme pour les nourrissons ; 0,6 pour les enfants et 2 pour les adultes ;
• L’observation d’une efficacité de moins en moins avérée de l’atrazine et de ses dérivés, liée non seulement à la réduction des dosages autorisés mais aussi à l’apparition de phénomènes de résistance de certaines mauvaises herbes à cette famille de pesticides.
Pas d’alternative
Toujours selon le ministère de l’Agriculture, une vingtaine de produits de substitution existent sur le marché et sont efficaces «tout en présentant moins d’inconvénients pour l’environnement et la santé que les triazines». En fait, selon Christophe Terrain, le président de l’Association générale des producteurs de maïs (AGPM), la suppression de l’atrazine devrait entraîner un « surcoût de 100 à 200 F par hectare sans que, pour autant, les solutions alternatives soient meilleures pour l’environnement».
«On ne voudrait pas que l’atrazine soit une monnaie d’échange pour satisfaire les écologistes, qui par ailleurs n’ont pas obtenu grand-chose dans ce gouvernement» estimait-il au Congrès du maïs qui s’est déroulé les 18,19 et 20 septembre à Tours.


