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Une nouvelle façon de désherber
L’après atrazine
Apasec
Publié le:  12 avril 2002
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La maîtrise des adventices sera la grande difficulté à laquelle seront confrontés les céréaliers après l’abandon de l’atrazine.

L’atrazine ne pourra plus être utilisée dans le désherbage du maïs après le 30 juin 2003. Mais attention ! elle ne pourra plus être vendue donc achetée après le 30 septembre 2002.

Utilisé depuis près de 40 ans, cet herbicide a prouvé son utilité sur un grand nombre d’adventices. Il est vraisemblable que désherber sans atrazine va nécessiter au moins deux applications d’herbicides, l’emploi de plusieurs matières actives et des doses majorées.

Evolution de flore

Manifestement, l’impossibilité d’utiliser l’atrazine va entraîner une évolution de la flore. Déjà la réduction à 1000 g de matière active par hectare et par an, depuis quelques années, donne un aperçu de ce qui risque de se produire sur le plan de l’évolution des adventices : certaines adventices sont déjà moins bien maîtrisées et elles vont émerger les premières dans l’après atrazine. On peut citer les mercuriales, les renouées des oiseaux et les renouées liseron, l’arroche étalée. De plus, l’ambroisie à feuille d’armoise bien contrôlée par l’atrazine risque d’être plus fréquente dans les maïs.

Le tableau n° 1 présente les adventices actuellement les plus fréquentes et celles qui vont apparaître demain, car jusqu’ici contrôlées par l’atrazine.

Une ligne de conduite

A l’échelle d’une exploitation ou d’un bassin de production, il va falloir reconsidérer les traitements herbicides sur maïs. En effet, la nouvelle façon de désherber le maïs va devoir répondre à plusieurs critères :

- le producteur doit avoir la possibilité de choisir entre plusieurs stratégies de traitements et doit pouvoir faire appel à une diversité de familles d’herbicides et de matières actives.

- Les propositions de traitements doivent être efficaces vis-à-vis de l’ensemble de la flore et sélectives vis-à-vis du maïs.

- le coût du désherbage doit rester raisonnable.

Le premier point est primordial. Il faut éviter de ne proposer et de ne s’orienter que sur une stratégie. Par exemple celle des interventions tout en post levée du maïs et des adventices. Si cette stratégie est très utile, sa généralisation va, à terme, poser des problèmes de concentration de produits phytosanitaires. Une seule famille de produits herbicides appliquée sur de grande surface et sur plusieurs années se retrouverait immanquablement dans les eaux souterraines. D’autre part, à terme, l’utilisation d’une seule famille d’herbicides provoquera l’émergence d’adventices résistantes, comme cela est déjà perceptible dans d’autres espèces.

L’ensemble des molécules herbicides disponibles aujourd’hui sur maïs doit permettre de répondre à ces différents critères.

Un réseau important d’essais

La nécessité d’apporter rapidement des réponses au problème du remplacement de l’atrazine a mobilisé l’ensemble des techniciens de tous les organismes concernés, coopératives, négoces, organismes de développement et instituts. Il s’agit de mettre en œuvre une expérimentation commune ciblée sur cette problématique.

Près d’une vingtaine d’essais seront réalisés couvrant ainsi un grand nombre de situations pédo-climatiques et floristiques de notre région. Parallèlement, des tests «grandeur nature» seront réalisés par les producteurs. Les résultats seront pris en compte dans les synthèses. De même, seront intégrés les résultats des essais réalisés les années antérieures pour les traitements sans atrazine. Ce travail fait partie du programme PEP grandes cultures et à ce titre bénéficie du soutien financier de la région Rhône Alpes.

Des propositions de traitements sur flore estivale annuelle

Pour une situation classique avec graminées et dicotylédones, le groupe de travail a proposé une série de traitements à expérimenter dans tous les sites. Une quinzaine de modalités différentes seront ainsi testées sur un grand nombre de lieux.

Cette proposition figure dans le tableau n° 2.

Diffusion des résultats

Il s’agit, dès l’automne, de diffuser les résultats obtenus pour que chaque producteur puisse choisir les solutions les plus adaptées à la flore présente sur ces parcelles et à ses propres contraintes.

Jean Molines - AGPM Technique

Voir tableaux dans notre édition papier




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