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Les quads, ces motos à quatre roues, ne sont pas homologués en France, ce qui est un frein à leur développement. Mais ces machines peuvent être utilisées dans les champs, où elles se révèlent pleines d’intérêt.
En Espagne ou en Autriche, pour ne citer que ces deux seuls états, il n’est pas rare de croiser sur les routes ou dans les rues, ces engins utilisés comme véhicule de loisirs ou machine agricole. En France, pour l’heure, la circulation des quads n’est toujours pas autorisée sur les chaussées.
La raison en est simple. Ces véhicules ne sont pas homologués, donc ne peuvent être immatriculés, donc ne peuvent pas circuler. En théorie, l’agriculteur souhaitant aller travailler une terre avec son quad, doit transporter celui-ci sur une remorque, réaliser son chantier et rentrer à la ferme de la même façon qu’à l’aller.
Néanmoins, les agriculteurs utilisateurs constatent une certaine bienveillance de la part des gendarmes, considérant qu’il s’agit d’un outil de travail, muni du numéro d’exploitant à la place de la plaque d’immatriculation. Mais ce n’est qu’une tolérance et il est bien difficile de prévoir ce que seraient les conséquences d’un accident de la circulation impliquant un quad.
Pourquoi la France n’accepte-t-elle pas ce véhicule. C’est un mystère, d’autant que tous nos voisins ont accordé l’homologation. Cela donne d’ailleurs lieu à des situations ubuesques. Ainsi, une société autrichienne propose un leasing sur des quads. L’agriculteur français qui y souscrit bénéficie d’un matériel alors homologué, assuré et immatriculé, mais en Autriche. Rien ne l’empêche alors de rouler sur les routes de France. C’est un peu compliqué, mais significatif de ce qui peut se faire dans une Europe sans harmonie.
Pas homologué mais assurable…
Les constructeurs tentent de faire changer la réglementation et d’obtenir l’homologation des machines. Artic est à cet égard l’un des plus actifs. Les choses semblent avancer peu à peu, mais pour l’heure, rien n’est encore acquis.
Le quad a deux utilisations majeures, le loisir et l’agriculture. Côté loisirs, avec les VTT, les motos de trial et les 4x4, certains considèrent que le nombre de véhicules vrombissant sur les chemins et dans les forêts est déjà trop élevé et ne voient pas d’un très bon œil un nouvel utilisateur de ces grands espaces.
Quant à l’usage sur routes, d’autres estiment que cet engin hybride, une moto large comme une petite voiture, n’y a pas sa place. Sur le plan agricole, chacun s’accorde à reconnaître les atouts de ce véhicule et son intérêt, notamment en montagne lors de l’entretien des innombrables parcelles composant les exploitations. Mais juridiquement, il n’est pas possible de permettre aux agriculteurs ce que l’on refuse aux conducteurs du dimanche. Donc, le quad n’est homologué pour personne.
Mais, paradoxe de notre pays, cet engin “inutilisable” car non encore homologué, est cependant vendu et en toute légalité, ainsi que tous ses accessoires.
Mieux encore, il est même assurable (environ 1 300 F/an pour une machine de forte cylindrée), tous les véhicules terrestres à moteur étant soumis à l’obligation d’assurance.
Pour Groupama, les tarifs appliqués sont ceux des motos, une réduction étant consentie aux agriculteurs pour un usage professionnel.
Il faudra cependant rapidement trouver une solution, face à un marché qui explose. Dans le monde entier, la demande est bien plus forte que l’offre. Dans la seule province du Québec, 200 000 machines sont immatriculées, alors que le parc quad français ne compte que 25 000 engins !
Guy Ginon


