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Bernard Pellicier, président de la FN AOC, Mme Rossat-Mignod représentant le ministre de l’Agriculture, et Dominique Dupérier, président de la tome des Bauges, une tribune très savoyarde |
La Fédération nationale des appellations d’origine contrôlée a tenu sa septième assemblée générale à Aillon-le-Jeune (Savoie) sur le terroir de la “petite dernière AOC” : la Tome des Bauges.
Les AOC constituent un patrimoine national qui maintient en activité des terroirs difficiles. La FN AOC créée en juillet 1995 par six AOC de montagne rassemble aujourd’hui 13 fromages, soit plus de 8 500 producteurs, tous situés en zone de montagne ou défavorisée. Son but est de contribuer à l’avenir des AOC, en refusant de subir, et en faisant entendre sa protestation et sa contribution.
Bernard Pellicier, nouveau président, et président du Beaufort, a tenu à rappeler les raisons d’être de la FNAOC : « La réussite de nos AOC a pour but celle des hommes et des femmes qui en vivent, en étroite symbiose avec leur terroir d’origine. Leurs performances économiques ne se justifient pas parce qu’elles servent une collectivité, un massif montagneux, ou une zone au climat ou au relief difficile. Notre engagement à respecter le contrat qui nous lie au consommateur (qui accepte de payer un prix plus élevé en échange d’un goût spécifique et du respect d’une authenticité et d’une tradition), s’explique par notre volonté farouche de faire vivre ces régions difficiles, d’installer des jeunes agriculteurs, de pérenniser nos ateliers artisanaux de transformation, de faire vivre nos entreprises et leur environnement. Cet état d’esprit explique la passion que nous consacrons à nos AOC ».
Que les AOC aient une place spécifique dans l’OCM Lait
Les accords de Luxembourg, sur l’évolution de la PAC, entraîneront comme conséquence inéluctable une baisse des prix généralisée et un engorgement du marché des fromages. « Et même si nous pouvons partager les objectifs annoncés d’éloignement du productivisme, nous devons veiller à la non-dégradation des prix des AOC fromagères. Les États membres ont la possibilité de prendre des mesures nationales d’adaptation, et nous attendons beaucoup de cette compétence nationale ».
Ces évolutions ont pour finalité de rapprocher l’agriculture européenne des règles, ou non règles, qui règnent sur le marché mondial. Les AOC européennes doivent avoir une place spécifique au sein de l’OMC lait, dans le but principal de leur donner les moyens de mettre en œuvre une maîtrise qualitative de l’offre. L’enjeu est simple : il n’est pas possible aux AOC de maintenir de hautes exigences qualitatives si, en même temps, elles n’ont pas les moyens d’une discipline de production qui permette une adaptation de l’offre aux contraintes du marché.
Aux négociations de Cancun, les AOC étaient directement concernées par le problème de la protection du nom des indications géographiques (IG).
Ce dossier a fortement évolué cette année avec la création d’une structure internationale dénommée « oriGIn », qui rassemble des producteurs locaux de produits typiques issus de toutes les parties du monde, en particulier nos voisins Suisses et Italiens. Ce mouvement a créé un déclic, et le commissaire européen Pascal Lamy s’est engagé à faire de la protection du nom des IG un des éléments clefs de son dossier.
Défendre aussi les fromages au lait cru
Le combat pour la défense des fromages au lait cru et des fromages traditionnels progresse lui aussi. Avec la création d’un GIE européen intitulé « EAT », qui sera présidé par un Ecossais, et dont le secrétariat est assuré par une structure anglaise. Le contrat symbolisant cette alliance, a été signé à Bra en Italie, ce vendredi 19 septembre. Il y a là une source d’espoir importante pour l’avenir des fromages traditionnels.
D’autres dossiers ont mobilisé la FNAOC : « Nous sommes inquiets de la confusion créée par la multiplication des signes distinctifs afférents aux produits agroalimentaires, en particulier la segmentation créée par l’agriculture raisonnée, et par le décret montagne ». La FNAOC a rappelé sa position concernant les OGM : « Le concept même d’AOC est antinomique avec celui d’OGM ». Sans oublier de faire part de ses réflexions concernant l’épandage des boues d’épuration, ou encore la bataille perdue sur l’étiquetage systématique du traitement thermique. Le décret en voie de signature prévoit, sauf pour les pâtes pressées cuites, l’étiquetage systématique « au lait cru ». Cela correspondra dans la réalité à un étiquetage d’un risque, ce qui pour les représentants des AOC est totalement inadmissible.
Les 13 fromages de la FNAOC :
Abondance, beaufort, bleu de Gex, chevrotin, comté, mont d’or, morbier, ossau iraty, pelardon, picodon, reblochon, rocamadour, tome des Bauges.


