RSS
Les AOC fromagères s'inquiètent
Nouvelle Pac
Jura agricole et rural
Publié le:  03 octobre 2003
Page 10 

Pour les consommateurs, les AOC restent une garantie sérieuse et conservent un lien fort au terroir

Les AOC fromagères de l’Est de la France (Comté, Beaufort, Abondance…), réunies au sein de la Fédération nationale des appellations d’origine contrôlée (Fnaoc), se sont inquiétées des conséquences de la nouvelle Pac.

La Fnaoc craint que la nouvelle Pac provoque «une baisse des prix généralisée par un engorgement du marché des fromages». Une baisse qui ne devrait pas épargner les AOC «avec des conséquences prévisibles sur le revenu (et donc une politique d’aides compensatoires sera indispensable) mais aussi un risque d’abandon de l’activité», «puisque par définition l’AOC est chère à produire». L’abandon est d’autant plus redouté que « le découplage des aides » pourrait permettre de percevoir une aide «sans lien avec la réalité

d’une activité agricole effective».La Fnaoc souhaite donc d’autres mesures plus spécifiques à la filière AOC lait.

C’est pourquoi, avec ses homologues européens (Italie, Irlande, Hollande et bientôt Espagne), elle a créé le 19 septembre à Bra (Italie) un GIE européen nommé EAT (European Alliance for Artisan and Traditionnal Raw Milk). L’objectif du GIE est de faire entendre à Bruxelles, auprès de la Commission et du Parlement, la spécificité des fromages AOC et traditionnels. L’ambition ne s’arrête pas là puisque les AOC fromagères souhaitent également se faire entendre auprès de l’OMC. Elles adhèrent à une structure internationale, Origin (créée en 2002), qui rassemble des producteurs de produits typiques et de qualité issus de tous les pays du monde. «Nous avons des intérêts transversaux, nous allons bien au-delà du dialogue Nord-Sud», explique Bernard Pellicier, président de la Fnaoc. «En un an de travail, Origin a réussi à faire évoluer le dossier de la protection internationale du nom des produits à

indication géographique dont font partie les AOC. Le commissaire européen Pascal Lamy a pris fait et cause pour nos produits et s’est engagé à faire de la protection du nom des indications géographiques un des éléments clefs de son

dossier», poursuit Bernard Pellicier.

L’échec de Cancun n’a pas permis de faire avancer cette cause.

Modifier l’agrément pour renforcer les contrôles

La Fnaoc a également évoqué plusieurs dossiers bruxellois. D’abord, le projet de révision des normes microbiologiques (recherche de listeria, de bactérie E. Coli et de staphylocoques dans le lait). Autre sujet : le logo des AOP (Appellations d’origine protégées). La Fnaoc souhaite un logo commun à toutes les AOC de l’Union européenne, distinct du logo des IGP (Indications d’origine protégées), un souhait justifié par «la solidarité» et «les échanges croissants de produits dans la communauté».

Enfin, la reconnaissance des AOC laitières par la Pac pour «qu’à terme les AOC aient au sein de l’OCM lait une place spécifique dans le but de mettre en œuvre une maîtrise qualitative de l’offre». Des études juridiques sont menées pour trouver un mode de maîtrise en accord avec les règlements européens. Cette maîtrise de la qualité irait avec «une forte implication du produit à son

terroir», «une garantie sérieuse» au consommateur qui passe par une modification des textes de l’agrément pour définir «une politique de contrôles plus ambitieuse» car l’AOC laitière est fabriquée toute l’année. L’Inao doit réfléchir à des plans de progrès.




Newsletter GRATUITE