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L'autorisation préfectorale suspendue
Dossier campagnol
Jura agricole et rural
Publié le:  12 janvier 2004
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Le tribunal administratif de Besançon a suspendu, fin décembre, l’arrêté préfectoral du 26 novembre 2003 autorisant l’empoisonnement des campagnols à la bromadiolone, dans trois communes du Jura. Cette décision, prise à la demande d’associations dites “environnementalistes” (Comité de protection des eaux notamment) conduit à nouveau le dossier dans l’impasse et suscite le désarroi des producteurs victimes du rongeur.

Gilles Tonnaire, secrétaire général de la FDSEA, regrette cette décision de justice : «il faut bien comprendre que jusqu’alors, la bromadiolone est le seul moyen de lutte efficace contre le campagnol à l’échelle d’une exploitation. Les agriculteurs ne l’utilisent pas pour le plaisir, mais pour sauvegarder la viabilité de leurs exploitations et simplement pouvoir nourrir leurs

bêtes au printemps». Et au secrétaire général d’ajouter : «si la nocivité de la “broma” est réelle, il faut préciser que, le cas échéant, les dérogations préfectorales ne s’appliquaient qu’à trois communes du département, pour une surface de l’ordre de trois cents hectares». Gilles Tonnaire invite tout le monde à considérer les dégâts occasionnés par la broma dans un cadre plus large, rappelant que les prélèvements liés à la circulation routière ou à la chasse sont sans commune mesure avec les dégâts ponctuels et momentanés occasionnés par la broma. «Ce dossier soulève un vrai débat de société. Reste à savoir jusqu’où les enjeux environnementaux priment sur les enjeux sociaux-économiques et les impératifs en terme d’aménagement du territoire de ces espaces ruraux».

L’avenir du dossier reste en suspens, mais les agriculteurs sont unanimes, à l’image de Gilles Tonnaire : «nous ne demandons qu’à utiliser d’autres produits moins nocifs. Encore faudrait-il qu’il en existe». Le sujet sera prochainement abordé lors des réunions locales de la FDSEA. En attendant, beaucoup savent déjà que la mise à l’herbe au printemps prochain, sera problématique. Une nouvelle d’autant plus difficile à admettre que les stocks de fourrages sont cette année très limités.

Le Jura Agricole reviendra sur ce thème au fur et à mesure des avancées du dossier.




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