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Désherbage du maïs : réussir l'après atrazine
Jura agricole et rural
Publié le:  26 janvier 2004
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La stratégie de désherbage dépendra de la flore présente et du temps disponible pour l’intervention

L’atrazine ne pourra pas être utilisée en 2004. Il faudra maîtriser les adventices sans avoir recours à l’atrazine. Et ce sera la première fois pour un grand nombre de parcelles.

Trois critères définissent le cadre dans lequel nous devons agir et faire des propositions de désherbage. Les préconisations doivent être efficaces, sélectives et avoir un coût maîtrisé. C’est l’enjeu auquel Arvalis Institut du végétal et ses partenaires doivent répondre.

Un réseau d’essais

Les conseils de désherbage sans atrazine sont issus des résultats de l’expérimentation menée en 2002 et 2003 avec nos partenaires, organismes de développement ou organismes économiques des régions Alsace, Auvergne, Bourgogne, Franche-Comté et Rhône-Alpes. Une vingtaine d’essais ont ainsi été mis en œuvre par les Chambres d’agriculture de l’Allier, du Puy-de-Dôme, du Bas-Rhin et du Haut-Rhin et par Agridev, la Dauphinoise, CAVS, CDC, Transval, Et Bernard et Et Cholat et Arvalis.

Les préconisations et les conseils de désherbage s’appliquent à la maîtrise d’une flore mixte de graminées et de dicotylédones annuelles. On ne peut pas, dans l’état actuel des choses, espérer détruire les annuelles et les vivaces avec les mêmes solutions.

Le contexte

L’atrazine, utilisée depuis de nombreuses années, marque encore profondément les flores potentielles. Ainsi, les espèces présentes dans les parcelles sont encore des adventices classiques dans la majorité des cas : chénopode, amarante, panic de coq, renouée persicaire, morelle, digitaire sanguine et sétaire. Deux adventices «de l’après atrazine» commencent à être rencontrées assez souvent : l’ambroisie et la mercuriale. Les autres espèces possibles, une vingtaine, qui étaient détruites par l’atrazine sont encore assez rares, sauf cas particulier.

Stratégies de traitement

Deux stratégies de traitement ont fait leur preuve au cours des deux années d’expérimentation. Elles mettent en œuvre deux applications : une intervention de prélevée et un désherbage de post levée ou bien deux applications en post levée. Les autres stratégies, passage unique en prélevée, passage unique en post levée sont un peu moins performantes mais peuvent aussi être préconisées dans certains cas.

On choisira sa stratégie de traitement suivant deux possibilités :

• En fonction de la flore

La présence habituelle de graminées et de dicotylédones conduira à faire une intervention de pré. C’est la façon la plus sûre de maîtriser les graminées.

S’il ne se développe que des dicotylédones sur les parcelles, on pourra opter pour une stratégie d’intervention en post levée.

• En fonction du temps disponible

L’intervention unique, «tout en pré» convient bien à ceux qui n’ont pas beaucoup de temps à consacrer au désherbage. Le traitement de «pré plus post» et la double intervention en post levée, nécessitent plus de temps car il faut identifier les adventices et leurs stades pour choisir le ou les herbicides adaptés au problème. Mais, ces deux stratégies ont pour avantage d’optimiser le coût de l’intervention.

Les applications en un seul passage

Ces applications ont le mérite de la simplification. Elles «consomment» moins de temps. Mais elles ont aussi l’inconvénient d’être souvent coûteuses et un peu moins performantes que les doubles passages.

Désherber en un seul passage avant la levée :

Cette stratégie est un peu moins performante que les autres stratégies. Néanmoins, dans un contexte où les adventices présentes sont

encore marquées par l’atrazine, elle peut être suffisante.

Il s’agit d’associer un antigraminée à du Lagon/Acajou. Pour cette association, on choisira parmi les antigraminées, ceux qui sont les plus sélectifs et les plus performants :

Dual Gold Safener de 1,3 l à 1,7 l, ou Trophée/Harness MT de 3,5 à

4 l plus Lagon/Acajou de 0,6l (à 0,8 l si le sol le permet) ou Isard/Spectrum de 0,9 l à 1,1 l ou Frontière/Syntaxe de 1 l à 1,3 l.

Coût : 45 à 60 E/ha pour une association avec 0,6 l de Lagon/Acajou.

Coût : 54 à 70 E/ha pour une association avec 0,8 l de Lagon/Acajou.

La dose d’antigraminée est fonction du taux de matière organique des sols. Avec Lagon ou Acajou, la dose de l’antigraminée correspond à 80 % de sa dose s’il était utilisé seul.

(Un tableau dans notre édition papier précise les doses d’antigraminées associées à Lagon/Acajou en fonction du type de sol.)

Le renforcement de la dose de Lagon améliore nettement l’efficacité sur les dicotylédones. Cette solution s’adapte bien aux situations de flore mixte en sols de limons profonds, de terre franche ou en sols humifères.

Cas des sols sableux et des limons battants :

L’association d’un antigraminée et du Lagon /Acajou est plus risquée à mettre en œuvre dans les sols sableux ou en limons battants. Elle peut entraîner des problèmes de phytotoxicité en cas de précipitation importante après l’application. Pour ces situations, on peut limiter la dose de Lagon/Acajou à 0,4 - 0,5 l et majorer la dose d’antigraminées pour retrouver une efficacité

satisfaisante.

Cas des situations à renouées :

L’apport de pendiméthaline (Prowl) en mélange avec un antigraminée est une bonne solution pour maîtriser les renouées. Toutefois, une bonne pluviométrie après l’application est nécessaire pour une bonne efficacité de la

pendiméthaline.

Désherber en un seul passage après la levée :

Cette solution a le mérite de la simplicité, mais elle manque de persistance. Elle «marchera» bien les années à printemps sec comme 2003 où l’on n’a pas de relevées, mais elle sera en difficulté lors de printemps humides. Cette stratégie doit être appliquée à 4 feuilles – 1 talle des graminées et 4-6 feuilles des dicotylédones. Elle met en jeu des associations tricétone – sulfonylurée :

Mikado 0,75 l + Equip 1,5 l

Callisto 0,75 l + Milagro 0,75 l

Mikado 0,75 l + Milagro + 0,75 l

Coût : 57 à 60 E/ha

Plusieurs contraintes fragilisent cette stratégie :

- les matières actives n’ont pas beaucoup de rémanence et les

relevées sont possibles, nécessitant alors quelquefois une deuxième intervention qui renchérit alors fortement le coût de l’application.

- le stade des adventices doit être respecté sinon l’efficacité est bien moindre.

- les conditions d’application doivent être respectées sur le plan des températures de l’hygrométrie.

Les applications en deux passages

L’expérimentation montre qu’en l’absence d’atrazine, deux passages améliorent nettement l’efficacité du désherbage. Ceci sera d’autant plus vrai que l’on est confronté à des adventices «nouvelles». Deux possibilités existent : le traitement de post levée suit un traitement de pré levée ou bien, il suit une première application de post levée.

Désherber en prélevée, puis en post levée :

Cette stratégie met en œuvre un désherbage «de pré» avec un antigraminée puis une intervention dont les herbicides sont choisis en fonction de la flore présente.

• Comment choisir l’antigraminée ?

De nombreux critères peuvent être cités pour choisir l’antigraminée le plus adapté à sa situation. Nous présentons ci dessous, à titre indicatif, quelques caractéristiques principales des antigraminées.

Dual Gold Safener : sélectivité, persistance et efficacité sur graminées.

Trophée/Harness MT : persistance et efficacité sur graminées et sur dicotylédones.

Isard/Spectrum : faible grammage hectare, efficacité en conditions «sèches».

Lasso et alachlore : coût faible.

La dose d’antigraminée : (voir tableau dans notre édition papier).

Elle dépend du taux de matière organique du sol. En aucun cas la dose n’est liée à la densité des graminées potentiellement présente. Dans de rares cas, l’antigraminée seul en prélevée a pu être suffisant. Mais le plus souvent, il faudra réintervenir.

• Le désherbage de post levée en deuxième intervention après l’antigraminée de pré.

On choisira le, ou les herbicides, en fonction de la flore qui n’a pas été maîtrisée par l’antigraminée. Les grandes lignes des choix possibles sont les suivantes :

Désherber en deux passages en post levée

Cette stratégie doit être appliquée à 3 feuilles des graminées et 4 feuilles des dicotylédones. Elle met en jeu des associations tricétone – sulfonylurée à doses faibles :

Au premier passage :

Mikado 0,5 l + Equip, 0,75 l

Callisto 0,5 l + Milagro, 0,5 l

Mikado 0,5 l + Milagro, 0,5 l

Coût : 38 à 39 E/ha

Puis en seconde application, s’il y a des relevées,

Mikado 0,3 l + Equip, 0,6 l

Callisto 0,3 l + Milagro, 0,3 l

Mikado 0,3 l + Milagro, 0,3 l

Coût : 22 à 23 E/ha.

Cette stratégie est plus sécurisante, mais plus technique, compte tenu des stades d’intervention. Elle nécessite du temps d’observation si l’on veut rester dans ces niveaux de doses.

Le problème des mélanges

À ce jour, 66 mélanges sont autorisés en maïs. Ils font appel à 17 combinaisons de matières actives. Ces mélanges autorisés figurent dans le tableau dans notre édition papier. Il faut rappeler que ce sont les mélanges de produits commerciaux qui sont autorisés et non pas les mélanges de matières actives. La liste des mélanges provisoirement autorisés va certainement être modifiée dans les semaines à venir.

D’autres propositions de mélanges seront faites par Arvalis-Institut du végétal à la DGAL, pour une validation provisoire. Nous vous tiendrons au courant. Vous pouvez trouver sur le site d’Arvalis (www. arvalisinstitutduvegetal.fr) les réponses aux questions que vous vous posez concernant l’autorisation de mélange d’herbicides maïs.




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