RSS
Tout savoir sur les mélanges
Désherbants
Jura agricole et rural
Publié le:  29 mars 2004
Page 6 

Environ 18 000 mélanges herbicides/herbicides sur céréales ont été autorisés pour cette campagne. Quelles sont les règles qui président à ces autorisations et comment s’y retrouver ?

Depuis 2002, les Pouvoirs publics ont engagé une campagne nationale pour “ moraliser” les pratiques en matière de mélanges : une procédure d’autorisation a été définie et mise en œuvre en partenariat avec les instituts techniques, les syndicats agricoles, les distributeurs et les firmes de l’agrofourniture. C’est ainsi que pour cette campagne quelque 25 000 mélanges disposent d’une autorisation provisoire.

Une large majorité (18 000) est constituée par des mélanges

herbicides/herbicides sur céré-ales. La liste de ces autorisations est accessible directement sur internet, via le site Arvalis-Institut du végétal (http://www.arvalisinstitutduvegetal.fr/). Un moteur de recherche qui indexe les spécialités commerciales peut y être interrogé en ligne.

La liste est sur internet

La première règle retenue comme critère d’autorisation ou non des mélanges repose sur les propriétés toxicologiques des matières actives : le législateur a décidé d’éviter de cumuler dans un mélange plusieurs produits ayant le même classement toxicologique - T et T+ (toxique et très toxique). Ainsi que les “phrases de risque” : un produit classé R43 (qui peut entraîner une sensibilisation par contact avec la peau), par exemple, ne pourra pas être mélangé avec un herbicide classé également R43. Cette précaution est destinée à éviter des synergies dangereuses pour la santé humaine (risque de potentialisation).

Le second critère est davantage technique : il s’agit d’éviter les antagonismes, qui peuvent provenir soit du mode d’action, soit de la formulation des produits candidats. Par exemple un herbicide à mode de pénétration foliaire, tel Puma, ne pourra pas être mélangé avec un herbicide induisant des brûlures de la feuille ou un herbicide de contact inhibiteur de la photoporphyrinogène oxydase (tel le Bingo). Côté formulation, autant les produits sous forme de granulés ou solubles dans l’eau ne posent a priori aucun problème physique de mélange, autant les produits de type EC ou les fongicides à base de

solvants sont plus problématiques. Ce qui explique pourquoi les autorisations concernent les noms commerciaux des spécialités, et pas seulement les matières actives. Enfin, le dernier critère qui a guidé le ministère de l’Agriculture dans l’autorisation ou non de certains mélanges, c’est la prévention du risque de résistances. On sait en effet que le raisonnement de l’emploi des herbicides tout au long de la rotation en

terme de mode d’action (et non pas seulement en terme de matières actives ou de familles chimiques) est la seule démarche valable pour diminuer la pression de sélection exercée sur les adventices. Or en matière de lutte contre les graminées en céréales, seules cinq des 22 modes d’action répertoriés sont disponibles, ce qui limite beaucoup les possibilités de combinaisons. Le mélange permet alors de sortir de cette “impasse” en permettant de cumuler deux herbicides à même mode d’action sur une parcelle.

Alexandre Coronel




Newsletter GRATUITE