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Témoignages : Pourquoi vous êtes-vous engagés dans le réseau Farre ?
Jura agricole et rural
Publié le:  24 mai 2004
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•Denis Pisellaarboriculteur, producteur de fruits à Sellières (Jura)

Pourquoi vous êtes-vous engagé dans cette démarche ?

L’AR correspond à un engagement ancien dans mon esprit. Je me souviens d’un prof, en BTS, qui nous expliquait que dans notre métier, nous devions particulièrement peser les conséquences de tous nos gestes et que rien, en particulier la terre sur laquelle nous travaillons, ne nous appartient. Il nous expliquait que faire attention, peser les conséquences de chacune de nos actions sur l’environnement, ça ne coûtait pas forcément plus cher, mais que ça demandait avant tout plus d’observation. C’était, j’en suis sûr, un précurseur. En arrivant dans le Jura, je me suis dit : “il n’y a pas de raisons de na pas travailler comme cela“. Avec les moyens techniques que l’on a aujourd’hui, on n’a plus d’excuses ! On peut tout à fait travailler proprement. En plus, en faisant de la vente directe, comme nous, on s’aperçoit que cela correspond vraiment à une attente des consommateurs. Pour moi, l’Agriculture Raisonnée, c’est un état d’esprit. Et je me dis aussi que petit à petit, on parviendra à driver les fabricants de phytos vers des produits plus propres et moins dangereux, à condition que tout le monde prenne conscience de cette dangerosité et que l’on soit assez nombreux à partager cette vision de notre métier. C’est tout ça l’AR : un état d’esprit et la conscience permanente des conséquences de nos actes.

•Bernard Tissier céréaliculteur, producteur de légumes à Annoire (Jura)

Concrètement, comment se traduit votre engagement au quotidien ?

J’ai toujours été sensible aux problèmes des pollutions diffuses d’origine agricoles. C’est sur ce point que je travaille le plus. Cela se traduit par une réflexion permanente sur ce que je fais. J’ai par exemple banni certains produits comme le “chlorotoluron“ ou “ l’isoproturon“, qu’on retrouve dans les rivières et les nappes phréatiques. J’utilise d’autres produits avec des doses de matières actives bien plus faibles et toujours avec parcimonie. Souvent, l’observation et le bon sens permettent d’améliorer les choses. Par exemple, je fais depuis longtemps du désherbage localisé, et je m’applique à étendre au maximum les résidus de pulvé. Depuis un an, je fais aussi attention à ma santé en portant un masque quand je replie les buses du pulvé ou quand je prépare la bouillie. On me prend parfois pour un fou ! Je me débrouille aussi pour avoir le moins possible à rincer et les cuves. D’ailleurs, j’ai le projet d’installer une aire de remplissage spéciale pour récupérer les effluents. A terme, j’envisage de construire une aire de remplissage sécurisée avec une aire de rinçage et un phyto-bac. Mais parfois, je manque d’appui technique pour tout faire.




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