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Le campagnol a occupé le cœur des débats |
Réunis en assemblée générale, les responsables de la FDGdon(*) du Jura ont longuement évoqué le dossier campagnol avant d’aborder l’épineux problème
du ragondin.
Près de 2O personnes ont participé, le 25 mai, à l’assemblée générale de la FDGdon du Jura, à Censeau. Le président, Jean-
Claude Pagniez, a débuté la réunion par la présentation d’un ordre du jour chargé, avant de laisser le soin à Pascal Gatefossey, trésorier de l’association, de présenter le rapport financier. Rien de notable à signaler sur ce point. La cotisation 2004 est fixée à 12 euros pour chacune des 10 communes adhérentes.
Philippe Guillemard a ensuite rappelé les articulations existantes entre les GDon, la FDGdon et la FRGdon. Il a précisé que les GDon et leurs fédérations constituent les relais du SRPV, pour l’animation, la surveillance du territoire et pour l’organisation éventuelle de la lutte contre les organismes nuisibles. Les rôles de chacun sont révisés annuellement à travers une convention.
Concernant le ragondin, Pascal Gattefossey s’est montré plutôt satisfait par les résultats des actions mises en place l’année
dernière, avec notamment l’appui financier du Conseil général du Jura (aides à l’association des piégeurs). En 2003, 1 500 ragondins et 500 rats musqués ont été piégés dans le Jura. Même si les populations semblent rester de même importance à proximité des étangs, les dégâts sur les cultures ont sensiblement diminué. Les études pratiquées par le Laboratoire départemental d’analyses sur 100 ragondins, prouvent que l’animal est porteur de nombreuses pathologies : 60% sont atteints de liptospérose, 80% de douves et 2% d’échinococcose.
Des chiffres qui incitent à encore plus de vigilance sur le cas ragondin.
Les campagnols
En 2003, 23 communes du département ont traité contre les campagnols, sur une surface de 1 674 hectares. 150 litres de bromadiolone et trois tonnes d’appâts ont été utilisés dans l’année. Cinq dérogations ont été accordées à l’automne.
Mais la situation est plus que jamais dramatique pour les agriculteurs, comme l’a souligné Jean-Claude Pagniez. Outre le secteur de Nozeroy (Levier, Pontarlier, Champagnole, Hauts de Salins…), littéralement ravagé, un développement important des populations de campagnols a été observé sur les secteurs des Rousses et de Grandvaux. Des infestations plus localisées sont également en cours en Petite Montagne et les spécialistes craignent qu’elles se propagent d’ici peu à la région des Lacs.
En attendant, les récoltes de fourrage sont très sérieusement compromises. De nombreux agriculteurs prévoient dès maintenant d’acheter du foin. Jean-Claude Pagniez a rappelé à cet effet que la fauche des jachères dans la partie basse peut faire l’objet d’une dérogation de la Ddaf, sur simple demande. Le transfert de ces fourrages sur les zones hautes est autorisé, dès lors qu’il se fait sans but lucratif.
(*) FDGDON : Fédération départementale des groupements de défense contre les organismes nuisibles.
Le Ddaf sur le terrain
Profitant de l’arrivée du nouveau Directeur de l’agriculture et de la foret du Jura, les délégués FDSEA et JA responsables du dossier campagnols sur le canton de Nozeroy, ont organisé un tour de champ à son intention.
Visite riche d’enseignements pour M. Meunier, qui aura ainsi pu constater l’ampleur des dégâts et leur variation selon les parcelles et la nature du traitement suivi par les agriculteurs. Ainsi, de la bromadiolone tant décriée au piégeage peu concluant car trop contraignant, les agriculteurs essayent d’ouvrir une nouvelle piste, qui ne porterait plus seulement sur la lutte contre ce nuisible mais qui leur permettrait de reconstituer leurs stocks de foin à moindre coût. Le directeur de la Ddaf ne s’est pas montré hostile. Affaire à suivre.
LF


