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L'amélioration se fait attendre
Qualité des eaux
Jura agricole et rural
Publié le:  10 août 2004
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La contamination des eaux par les pesticides reste généraliséeen France selon le 6e rapport annuel publié le 12 juillet par l’Institut français de l’environnement (Ifen). Le bilan était quasi similaire en 2003.

Les rapports se suivent et se ressemblent. L’Institut français de l’environnement (Ifen) vient de rendre sa copie, pour la sixième année consécutive, sur la présence des pesticides dans les eaux. D’une année sur l’autre, les tendances de fonds persistent : 75% des contrôles en eaux de surface (cours d’eau et plans d’eau) révèlent la présence de produits phytosanitaires (73% en 2003). L’état sanitaire des cours d’eau –à eux seuls– ne s’améliore pas : «comme les années précédentes, la présence de pesticides affecte la qualité des eaux sur près de 94% des points de mesure interprétables».C’est uniquement dans 6% des cas que l’on constate des concentrations de pesticides «compatibles avec le développement sans risque de la vie aquatique et avec l’usage eau potable». Aucune amélioration n’est enregistrée sur l’état des eaux souterraines, selon les statistiques des trois derniers rapports (2002, 2003 et 2004) : le taux de contamination en pesticides est bloqué à 57-58%.

Atrazine et métabolites

Cette mauvaise qualité des milieux a des incidences sur l’alimentation en eau potable, même si les points de captage sont globalement mieux protégés. Selon l’Ifen, 40% des eaux superficielles utilisées pour l’alimentation en eau potable ont des teneurs nécessitant un traitement de dépollution spécifique. Ce pourcentage est moitié moindre (21%) pour les eaux souterraines. En 2001, environ 5% de la population française a été alimentée en 2001 par une eau ayant dépassé au moins une fois la limite réglementaire (0,1 microgramme de substance chimique par litre d’eau), et lorsque des restrictions d’eau ont été prises, elles l’ont été dans 84% des cas en raison de la présence d’atrazine et de ses produits de dégradation.

Ces restrictions d’alimentation ont été mises en œuvre pour 193 unités de distribution concernant 400 000 personnes. Les «pics» de pollution dans les eaux superficielles utilisées pour la production d’eau potable ont été enregistrés dans la Manche, les Côtes d’Armor, la Mayenne, le Gers (avec la

présence de concentrations de pesticides entre 2 et 11 micro-grammes/litre). Pour ce qui est des eaux souterraines, huit captages ont enregistré des concentrations supérieures aux normes réglementaires : quatre en Haute-Saône, les autres en Côte d’Or, dans le Finistère, en Gironde et dans le Val-de-Marne.

Les urées substituées (isoproturon, chlotholuron, diuron), le glyphosate et les triazines sont les substances en cause.

La France recherche surtout des herbicides

En 2002, 408 molécules différentes ont été recherchées dans les eaux de surface, et 49% d’entre elles ont été quantifiées au moins une fois. Sur les 373 molécules recherchées dans les eaux souterraines, un tiers a été détecté. L’essentiel de la pollution est toutefois le fait d’une dizaine de molécules, dont principalement des herbicides de la famille des triazines, qui sont le plus fréquemment mesurées : atrazine, simazine, atrazine déséthyl, terbuthylazine, diuron, atrazine déisopropyl, isoproturon, chlortoluron, cyanazine, alachlore, métolachlore, linuron, trifluraline etc. L’Ifen remarque un décalage entre les substances recherchées par la France, et celles jugées prioritaires par Bruxelles : ainsi, trois des dix substances prioritaires au titre de la directive-cadre sur l’eau adoptée en l’an 2000 ne sont pas présentes parmi les

15 molécules les plus recherchées dans les eaux superficielles de l’Hexagone. Il s’agit de trois insecticides : chlorfenvinphos, chlorpyriphos-éthyl, endosulfan alpha.

De même, pour les eaux souterraines, quatre des dix substances prioritaires à l’échelle européenne ne figurent pas parmi les quinze molécules les plus recherchées : chlorfenvinphos, chlorpyriphoséthyl, trifluraline, endosulfan alpha.

La France assignée en justice

La Commission européenne a décidé le 13 juillet d’assigner la France en justice pour non respect de la directive de 1976 sur les substances dangereuses déversées dans le milieu aquatique (métaux lourds, pesticides et substances chimiques telles que le PCB), une pollution particulièrement dangereuse pour les enfants et les personnes âgées. La France a été récemment déjà condamnée par la Cour de justice de Luxembourg pour la même raison.




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