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Jean-Paul Narjollet, directeur régional de l’agriculture et de la forêt, Jean-Marc Rebiere, préfet de région, Hervé Gaymard, ministre de l’Agriculture et André Thévenot, président de la Chambre régionale d’agriculture |
M. Hervé Gaymard, ministre de l’Agriculture, était en visite officielle dans la région le 15 novembre. Il a présidé à cette occasion un débat sur le projet de loi de modernisation agricole.
Au début du printemps prochain, fin mars ou début avril, la prochaine loi de modernisation agricole sera adoptée en Conseil des ministres, avant d’être soumise au Parlement. Aussi Hervé Gaymard, ministre de l’Agriculture et Nicolas Forissier, secrétaire d’État à l’Agriculture ont entamé un tour des régions pour préparer cette loi. «Nous avons souhaité que les débats se fassent en région afin de prendre en compte toutes les agricultures. Il y a un réel souhait d’interactivité dans notre démarche, nous ne voulons pas d’une loi sortie des bureaux parisiens et adoptée par le Parlement aux forceps», lançait-il en guise d’introduction du débat qu’il a présidé à Dannemarie-sur-Crête (25), le 15 novembre dernier, en présence de plusieurs parlementaires et responsables politiques régionaux. «Globalement, nous sommes fiers du bilan des 50 années écoulées : la profession agricole est celle qui a relevé le plus grand nombre de défis et dû faire face aux mutations les plus considérables», ajoutait-il en insistant sur la place de la France, aujourd’hui deuxième puissance agro-exportatrice mondiale, et rappelant les grandes étapes de la Politique agricole commune. «Chirac et Schröder ont obtenu que le budget de l’agriculture soit maintenu jusqu’en 2 013, ce qui nous donne 10 ans de visibilité, de sérénité budgétaire. C’est le bon moment pour tracer la route des 15 prochaines années.»
Cinq ateliers de réflexion
Le matin, cinq ateliers de réflexion co-animés par les directeurs de Chambre d’agriculture et les directeurs de l’Agriculture et de la Forêt avaient planché sur les thèmes proposés par la commission “Agriculture, territoires et société”, mise en place par Hervé Gaymard et Nicolas Forissier. L’après-midi fut consacré à la synthèse de ces travaux et au débat.
Gabriel Baulieu, directeur de la Chambre d’agriculture du Doubs, était rapporteur du premier atelier, chargé de réfléchir aux nouvelles règles d’organisation économique de gestion des marchés et des crises. Il a insisté sur l’importance d’améliorer le revenu des agriculteurs, en supprimant les distorsions économiques, en rendant plus accessibles les dispositifs d’aide. «Il faut aussi que la loi donne davantage de prérogatives et de forces aux interprofessions, permette aux organisations collectives capables d’anticiper les besoins du marché, d’organiser la production et de répartir la valeur ajoutée équitablement.» Michel Renevier est venu appuyer son propos à la tribune : «L’agriculture est une activité qui a besoin de sécurité : le contexte actuel fait voler cette sécurité –jusqu’à présent assurée par la sphère publique– en éclat : il faut donc permettre à la profession de trouver les moyens de s’y substituer, de prélever des cotisations pour faire la promotion des produits à l’étranger.»
Patrick Elvezi, directeur de la Chambre d’agriculture du Jura, s’est exprimé sur le thème de l’adaptation des exploitants et des exploitations au contexte : «Nous avons retenu trois axes : l’accès au métier, les problèmes de main d’œuvre et la formation.» Il a introduit la notion de “fonds agricole, équivalent du fonds de commerce” qui permettrait d’approcher plus finement la valeur réelle des exploitations. Chantal Saget, présidente de la Chambre d’agriculture du Jura, a rappelé : «La réflexion économique a été mise en avant, c’est très bien, mais il ne faut pas oublier les valeurs de solidarité et de mutualisme !», avant d’enchaîner sur l’importance de la formation et de demander une revalorisation de la contribution Vivea : «quelques euros de plus permettraient aux actifs de se former, d’être mieux remplacés sur leur exploitation pendant les formations.» Et à Frédéric Perrot de rappeler la nécessité «de maintenir et améliorer le revenu des agriculteurs».
Jean-Paul Jacquinot, de la Chambre régionale d’agriculture, a présenté ensuite les conclusions du groupe de réflexion sur la refonte des régimes d’accès au foncier. «Attention à la concurrence de deux outils : les Safer sont de bons outils polyvalents, dont la composition des conseils d’administration pourrait être élargie aux non-agriculteurs», et de plaider pour une mesure qui «rende indémembrables les structures viables pendant un certain temps, de manière à les réserver pour l’installation» et d’insister sur la volonté professionnelle forte de conserver le fermage “pierre angulaire du système”. Claude Monnier, président de la Chambre d’agriculture du Territoire de Belfort affirmait : «L’agriculture assume le contexte de la mondialisation et le vent de libéralisme, mais ne veut pas que ces outils soient jetés aux orties», sans oublier, en temps que président de l’Agence Bio, de demander au ministre de faire une place à ce type d’agriculture dans sa loi. Alain Dubois, directeur de la Chambre d’agriculture de Haute-Saône, chargé de la restitution de l’atelier consacré aux relations institutionnelles, posait quant à lui la question de l’importance et de la pérennité du créneau des cultures énergétiques. Michel Delacroix, président de la Chambre du Doubs, expliquait sur ce thème : «on essaye d’adapter la voilure à la force du vent : mais avec moins d’agriculteurs, moins de crédits, n’oublions pas que comme dans la société, les agriculteurs veulent davantage de services !». Le ministre a conclu les débats en remerciant tous les participants et en leur demandant de ne pas oublier le consommateur dans leur réflexion : «Il faut le mettre dans le coup, le responsabiliser pour qu’il consomme comme il pense, en communiquant avec lui.»


