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La conditionnalité est obligatoire
Agriculture raisonnée
Apasec
Publié le:  29 novembre 2004
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A quelques semaines des prochaines rencontres Farre, le 5 janvier 2005 à Paris, Christiane Lambert souligne que l’agriculture raisonnée reste un projet prospectif et valorisant pour les agriculteurs, un moyen de réduire les coûts et aussi d’optimiser ses résultats.

- Pour l’an I de la mise en place de l’agriculture raisonnée, êtes-vous en mesure de dresser un premier bilan ?

« Au 9 novembre 2004, 458 exploitations étaient qualifiées au titre de l’agriculture raisonnée. Ce sont majoritairement des exploitations viticoles, notamment celles qui étaient déjà engagées dans la démarche « Terra Vitis » et qui avaient fait déjà de la lutte intégrée une priorité. Ainsi le Languedoc-Roussillon arrive largement en tête des exploitations qualifiées suivi de Rhône-Alpes, des Pays de Loire et du Centre quasiment à égalité. En outre, treize organismes certificateurs sont accrédités aujourd’hui au titre de l’agriculture raisonnée et six sont en cours d’agrément. Ce succès va permettre d’assurer une meilleure couverture géographique, de répondre aux demandes de tous les agriculteurs qui souhaitent s’engager et, quelque part, de contenir les tarifs ».

- La conditionnalité des aides imposée par la Pac ne remet-elle pas en cause l’agriculture raisonnée ?

« Pas du tout, au contraire ! L’agriculture raisonnée est une démarche volontaire, la conditionnalité est obligatoire. La majorité des exigences de la conditionnalité et notamment les neuf directives applicables en 2005 concernées sont déjà dans l’agriculture raisonnée. En réalité, le seul changement réel porte sur les bandes enherbées de 3 % qui vont être insérées dans le référentiel de l’agriculture raisonnée. En fait, l’agriculture raisonnée est une démarche qualité, un outil de gestion fine de l’exploitation avec beaucoup de traçabilité des interventions sur nos sols et nos troupeaux. Je dirais donc qu’elle est une assurance vis-à-vis des contrôles, une façon de les aborder plus sereinement. Autrement dit « un aide-mémoire » pour l’exploitant qui rouvrira ses classeurs d’enregistrement préparés pour l’audit de qualification ».

- La démarche agriculture raisonnée ne fait pas encore l’unanimité. Une étude de l’Inra notamment la remet en cause….

« Une chercheuse de l’Inra vient de publier une étude sur les politiques publiques de respect de l’environnement en évaluant respectivement les dispositifs réglementaires et incitatifs. Elle reproche à l’agriculture raisonnée de ne pas aller plus loin que la réglementation. Ce qui est faux dans la mesure où sur les 98 points du référentiel, 43 sont d’ordre réglementaire, ce qui laisse 55 points de nature incitative qui vont au-delà des exigences obligatoires. Elle remet également en cause l’étiquetage des produits issus de l’agriculture raisonnée, alors que la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes, le Conseil d’Etat et la Commission de Bruxelles ont validé la démarche».

- Pour vos prochaines rencontres Farre, le 5 janvier 2005 à Paris, vous avez choisi d’associer les consommateurs. Pourquoi ?

« Les consommateurs commencent à découvrir les produits issus de l’agriculture raisonnée dans les magasins, notamment des fruits et légumes, des vins, de la viande. A terme, la réussite de l’agriculture raisonnée, c’est l’appel d’air des consommateurs. Les consommateurs ont voulu l’agriculture raisonnée et co-construit le référentiel. Aujourd’hui les sondages montrent que 87 % d’entre eux sont attachés au respect de l’environnement, à l’origine, aux garanties sanitaires des produits et au respect d’un cahier des charges. Il faut désormais qu’ils s’impliquent davantage par leurs actes d’achat pour honorer la commande et ne pas désespérer les agriculteurs. Car, pour nous agriculteurs et dans la morosité ambiante, l’agriculture raisonnée est devenue un projet prospectif qui permet de retrouver fierté en notre métier par l’affirmation de notre professionnalisme. En outre, grâce à la gestion plus fine de nos exploitations, nous sommes en mesure de réduire les charges et d’optimiser les résultats économiques. Bref, l’environnement, le sanitaire et le social ne doivent pas être vécus comme une contrainte mais comme un élément de valorisation vis-à-vis de l’opinion publique qui sera de plus en plus exigeante en la matière. C’est aussi un élément de différentiation sur les marchés qui sont de plus en plus concurrentiels ».




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