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Reconnaître les bonnes pratiques
Bernard Guidez (Farre)
Apasec
Publié le:  05 août 2005
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Bernard Guidez est le nouveau président du Forum de l'agriculture raisonnée respectueuse de l'environnement (Farre). Il nous livre les raisons de son engagement vers l'agriculture raisonnée et précise le rôle que peut jouer Farre pour l'ensemble de la profession agricole.

- Vous venez d'être élu à la présidence de Farre. En quoi cette élection s'inscrit-elle dans le prolongement de votre engagement professionnel ?

« Installé dans le Tarn, sur l'exploitation familiale, depuis 1973, il y a longtemps que je milite pour une agriculture plus responsable et plus en phase avec la société. Je l'ai d'abord exprimé en m'engageant dans la coopération avec le groupe Occitan, puis dans le syndicalisme local et à la FDSEA, dont j'ai assuré la présidence. Mais, vers la fin des années 90, comme beaucoup, j'ai mal vécu les crises de notre secteur et les incompréhensions, voire les doutes exprimés par le consommateur. J'ai ressenti le besoin de communiquer autrement pour faire partager quelques réflexions sur l'évolution de notre métier et cela a débouché sur un livre intitulé Paysan, un nouvel avenir.

Au-delà du travail d'écriture, qui est un exercice très enrichissant, cette expérience m'a confirmé que nous ne savions plus parler du métier de paysan en termes simples et compréhensibles par le grand public. En rentrant au sein de Farre en 1999, j'ai pu partager ce constat avec d'autres et proposer des actions concrètes pour y remédier. »

- Comment comptez-vous procéder pour dynamiser la démarche de Farre ?

« En ce qui concerne la qualification des exploitations, les agriculteurs ont compris, j'en suis convaincu, qu'ils devaient bouger et s'ouvrir davantage afin d'expliquer et de donner des preuves concernant leurs pratiques à l'opinion.

Mais, pour qu'ils franchissent le pas et acceptent de se qualifier, il faut que tout le monde tire dans le même sens : les Pouvoirs publics, en reconnaissant les efforts fournis par les agriculteurs, les organisations professionnelles, en sortant d'une attitude schizophrène qui consiste à soutenir l'agriculture raisonnée à Paris et à ne pas l'encourager, même parfois à la dénigrer, sur le terrain. Je consacrerai donc les premiers mois de ma présidence à tout faire pour clarifier ce débat.

C'est dans cet état d'esprit qu'est organisée, le 12 octobre prochain, une journée commune « agriculture raisonnée » avec la FNSEA et l'APCA.

Par ailleurs, au moment où l'Europe semble cristalliser beaucoup de contraintes pour les agriculteurs, il est important de faire passer l'idée aux leaders européens que les « bonnes pratiques agricoles » sont en marche dans différents pays de l'Union et doivent être reconnues.

Enfin, je crois qu'il ne faut pas limiter l'action de Farre à l'agriculture raisonnée car Farre, c'est un état d'esprit, une éthique du changement qui vise à mettre en adéquation le métier d'agriculteur avec le monde qui l'entoure. »

- Quelles sont les priorités que vous vous fixez pour les deux années qui viennent ?

« Je veux sortir l'agriculture de cette pensée unique « parisienne » qui consiste à dire que l'agriculture sera bio ou ne sera pas. Il faut arrêter de mentir aux consommateurs.

L'agriculture biologique, nous en rêvons tous, mais combien sommes-nous à la pratiquer ? Combien sommes-nous à la consommer ? Environ 2 %, 6 % dans les pays du nord de l'Europe. La priorité n'est-elle pas de consacrer toute notre énergie sur les 98 ou 94 % restants en aidant les agriculteurs à modifier leurs pratiques, en encourageant les pratiques vertueuses ?

Farre, avec ses Fermes de Rencontre et ses mille membres, a, quoiqu'il arrive, l'ambition de contribuer à la progression concrète de cette idée, notamment en spécialisant encore davantage son réseau sur des thématiques comme la biodiversité, la fertilisation raisonnée ou la gestion du risque.

De ce point de vue, Farre peut être un outil précieux pour aider la profession à amplifier sa mue environnementale. »




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