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Les avantages de l’agriculture raisonnée
Inauguration de fermes qualifiées du réseau Farre
Jura agricole et rural
Publié le:  08 septembre 2006
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Sur le phyto-bac des “Vergers de Sellières”, le président Pisella a présenté tous les avantages de l’agriculture raisonnée, tant pour l’environnement que pour l’image de l’agriculteur

Que ce soit pour la préservation de l’environnement, la qualité des produits ou l’image de l’agriculteur auprès du consommateur, l’agriculture raisonnée présente de multiples avantages. S’engager dans cette démarche qualificative c’est anticiper sur les contraintes de l’agriculture de demain. Explications et témoignages lors de l’inauguration de deux fermes de rencontre qualifiées AR du Réseau Farre du Jura.

Un matin de fin d’été, à l’ombre des pommiers des Vergers de Sellières. Un groupe d’élus et de personnalités du monde agricole jurassien est là, verre de jus de pomme en main, pour inaugurer officiellement deux fermes de rencontre qualifiées dans le réseau Farre du Jura. Jacques Pélissard, Gérard Bailly et autres conseillers généraux et élus, Chantal Saget, la présidente de la Chambre d’agriculture, Frédéric Perrot, le président de la FDSEA, Eric Druot, le président de JA 39 et autres responsables affichent ici leur soutien à une démarche qualificative importante pour l’avenir de l’agriculture.

Car les agriculteurs ne veulent pas être montrés du doigt par la société de consommation. Avec l’agriculture raisonnée, ils s’engagent dans une logique de produits sains et de respect de l’environnement qui ne pourra que valoriser leur image. Sur ce sujet, Denis Pisella est dans son… jardin. Il communique et présente le réseau Farre qu’il préside pour le Jura et qui, à l’échelon national, a été fondé en 1998 sur une initiative de la FNSEA et des Jeunes agriculteurs. "Il réunissait des agriculteurs qui faisaient de la lutte raisonnée, qui défendaient une culture moins polluante intégrant des aspects social et économique. Puis le réseau s’est ouvert à des OPA, à des industriels et des commerciaux…"

En inaugurant deux des trois premières fermes du Jura qualifiées en agriculture raisonnée, le réseau Farre du Jura s’est fixé pour principal objectif de faire connaître et reconnaître les avantages de l’agriculture raisonnée. Denis Pisella enfonce le clou à l’heure des toasts : "Nous voulons montrer ce que font les gens sur le terrain, montrer que les agriculteurs ne sont pas tous des pollueurs et qu’ils font des efforts. Nous voulons montrer pourquoi il est important, aujourd’hui, d’attirer des agriculteurs vers cette démarche qualificative."

Anticiper la législation de demain

Des propos que le président n’a pas manqué de décliner tout au long de la visite commentée de son exploitation des "Vergers de Sellières". Là, Denis et Monique, son épouse, cultivent 10 hectares de pommes et 3 hectares en diversification (cerises, fraises, pêches…). Leurs productions en fruits sont vendues directement au consommateur sur le lieu de production, sur les marchés et au GIE "La Grange". Leurs pratiques raisonnées reposent sur l’apport d’engrais naturels et de fumier pour la fertilisation, la mise en place de nichoirs à mésange pour lutter contre les insectes, l’enherbement des sols pour favoriser le développement d’insectes utiles, comme la coccinelle…

Au beau milieu de ses vergers, Denis Pisella a installé un phyto-bac : "C’est un bac étanche, rempli de terre de verger et de substrat de paille qui me permet de déconcentrer les pollutions, explique-t-il. Ce phyto-bac a été conçu avec la coopérative et le fabricant, en fonction des quantités d’effluents utilisées sur les vergers. Grâce à cette technique, nous obtenons une dégradation de 90% des phytos utilisés…"

Plus généralement, l’arboriculteur estime que "se convertir à l’agriculture raisonnée, c’est prévoir et anticiper sur la législation de demain. Il vaut mieux partir sans attendre le bâton, conseille-t-il, et par ailleurs nous ne prenons de marché à personne”, lance-t-il à l’adresse des producteurs bio et AOC."

Seconde étape au domaine de Philippe Vandelle, à l’Etoile, près de 13 hectares de vignes sont cultivés en appellation "L’Etoile". Philippe explique sa passion des choses bien faites. Il réduit au maximum ses interventions et dose utilement ses produits. Il pratique l’enherbement entre les rangs pour réduire les apports en désherbants et limiter l’érosion des sols. Il gère la totalité de ses effluents de cave et les résidus des produits phyto.

Une démarche primordiale

"Pour gérer ces déchets, nous avons installé deux cuves de stockage, commente-t-il lors de la visite des caves. Avant d’épandre, nous stockons les eaux de lavage, chargées en sucres, dont les plus gros volumes arrivent pendant la période des vendanges. Les lavages chimiques à la soude sont recyclés par une entreprise spécialisée. La gestion des bidons vides est confiée à une coopérative de collecte et tous nos emballages de cave partent à la déchetterie."

Par rapport à la démarche AOC où seul l’aspect qualitatif du produit prime, le vigneron estime que "dans une démarche agriculture raisonnée, la démarche environnementale est primordiale et l’aspect qualitatif du produit devient secondaire…"

A l’issue de la visite, Philippe a signé la charte des fermes de rencontre Farre qualifiées en agriculture raisonnée, avec Céline Bernardin représentante de l’Association nationale Farre. Il rejoint ainsi Denis Pisella et Bernard Tissier, dont l’exploitation céréalière d’Annoire est à la fois qualifiée AR et ferme de rencontre.

Michel Ravet

Ils ont dit…

Vincent Mignot, minotier à Vaux-sur-Poligny : "Ceux qui ne prennent pas le train de l’agriculture raisonnée aujourd’hui ne pourront plus monter. Désormais, on ne parle plus de relation clients-fournisseurs mais de partenariat. Nos acheteurs parisiens ont une image d’un Jura vert et propre. A nous de la conforter en mettant en place la filière AR nécessaire…"

Dominique Chalumeaux, président fondateur de Farre 39, a rappelé l’origine de cette initiative de la FNSEA et des jeunes agriculteurs et expliqué que "le référentiel Farre peut paraître lourd, mais 50% de ses obligations sont aujourd’hui respectées par les agriculteurs et 30% le sont quasiment… L’objectif est de démontrer que ce qu’on fait, on le fait bien et que les produits estampillés AR sont des produits sains…"

Jean-Louis Delorme, président du Crédit Agricole de Franche-Comté, a rappelé l’accompagnement financier de sa banque au stade de la demande d’agrément. Il constate que "le concours national que nous avons organisé a créé une belle dynamique" et invite les réseaux "à communiquer encore plus…"

Céline Bernardin du Réseau national Farre : "Nous avons déjà 1 600 agriculteurs qualifiés en France. Le système est opérationnel depuis deux ans et une aide gouvernementale de 1 000 euros est accordée aux candidats. Les qualifications connaissent un certain succès selon les secteurs, les régions (la Franche-Comté est un peu à la traîne) ou le fait qu’elles s’appuient sur une organisation économique. La démarche Farre n’est pas contradictoire avec d’autres démarches de qualification (bio, AOC). D’autres démarches se mettent également en place à l’échelon européen et il est important de les devancer…"

Gérard Bailly, président du Conseil général, a salué la "réflexion profonde pour améliorer la qualité de l’environnement et faire en sorte que l’agriculture ait une autre image dans l’opinion publique. Cette transparence sera un gros atout dans la perspective de la mondialisation des produits agricoles. L’argument est de taille et il faut s’y préparer dès aujourd’hui…"

Bertrand Specq, adjoint au DDAF : "Il y a encore des places à prendre en Franche-Comté et je vous invite à vous lancer dans cette démarche de développement durable, volontaire et raisonnée, et qui doit être valorisée…"




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