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Essai de stabilité des rampes (Meteor plus Evrard) |
L’évolution des matériels de pulvérisation répond aux exigences environnementales mais aussi à la demande des agriculteurs en matière de confort de travail. Démonstration lors de la journée pulvérisation organisée par le GVA Chemin Dole, la Chambre d’agriculture et la FDCuma.
Malgré un grand vent balayant la plaine, il faisait beau ce jeudi 21 septembre. Assez beau pour que les récoltes de tournesol et de soja puissent reprendre. C’est donc seulement une cinquantaine d’agriculteurs et une trentaine de jeunes en formation agricole qui ont participé à la demi-journée d’information et de démonstration sur la pulvérisation organisée par le GVA de Chemin Dole, la Chambre d’agriculture et la FDCuma à Saint-Aubin.
Plusieurs matériels étaient présentés par les concessionnaires du secteur : deux pulvérisateurs Berthoud, le Major DPTronic 32 traîné et le 1200 Auto régleur porté (Établissements Giacomel à Saint-Aubin), le Grand Large 3200 de la société Blanchard (société Valagri), le Meteor Plus Evrard, le Commander Plus Hardi (SARL Roussot à Annoire et Brun à Lons-le-Saunier) et enfin le Spracoupe 4650 Techmagri (Vachet à Aumur).
À la demande du GVA et de la FDCuma, les représentants des différentes marques ont mis l’accent sur les équipements répondant aux exigences environnementales mais ils ont aussi parlé automatisation et confort de travail.
Jean-Paul Bureau de la société Hardi-Evrard résume ces évolutions. « Les agriculteurs sont demandeurs de plus de confort notamment au niveau de la suspension des essieux et ils s’intéressent au comportement de la rampe au travail. Une autre demande concerne l’automatisation de certaines tâches, sans avoir à descendre du tracteur. C’est faisable techniquement mais cela a forcément un coût. Enfin nous devons prendre en compte les conditions spécifiques de travail. Il faut par exemple arriver à vider complètement les cuves en plaine aussi bien qu’en forts dévers. »
Le matériel s’adapte et, outre les traditionnelles options de volume de cuve et de rampes, les constructeurs équipent leurs pulvérisateurs de cuves en forme de puisard, alimentées par des pans inclinés, arrondis et sans angles ; proposent des rince-bidons, lave-mains et coffres à habits et enfin apportent un soin particulier au circuit de rinçage du pulvérisateur. Il est ainsi possible d’isoler la cuve pour ne rincer que le circuit de pulvérisation. Ou encore, comme sur le nouveau Commander, d’être équipé d’un boîtier d’automatisation du remplissage et du lavage de l’appareil avec plusieurs programmes de nettoyage.
Sur le Météor, on trouve aussi un circuit parallèle de rinçage permettant d’épandre l’eau de rinçage en pulvérisant.
La plupart des grandes marques visent l’optimum dans la gestion des fonds de cuve. Philippe Vuillaume de la société Berthoud insiste sur ce point : « le rince-cuve permet de diluer le fond de cuve et le rince-rampe de minimiser le fond de cuve qui peut descendre à moins de deux litres, voire un litre sur l’Elite porté. Il est possible en option, de commander le rinçage en cabine de la cuve et de la rampe ainsi que le brassage. »
La stabilité des rampes mise à l’épreuve
Au cours d’une démonstration, quelques pulvérisateurs ont effectué un parcours en franchissant des ornières. Chaque marque a développé des systèmes d’amortissement pour éliminer les mouvements parasitaires que l’on retrouve sur les rampes : systèmes de suspension par ressorts et vérins, suspensions intégrales (essieux et parallélogramme) pour assurer la stabilité de la rampe sur le plan horizontal et maîtriser le « fouettement » de la rampe dans les tournants.
Le pulvérisateur Blanchard équipé d’une cuve polyester profilée, d’une pompe centrifuge et de rampes aluminium, présente plusieurs équipements en série dont le DPA et la suspension intégrale.
La suspension axiale du Berthoud traîné permettant de tourner à 10-12 km/heure n’a pas donné sa pleine mesure lors de l’essai. Les agriculteurs présents ont surtout été impressionnés par la prestation du Spracoupe, un automoteur présenté par Denis Maman, concessionnaire Techmagri pour l’Est de la France. Difficile de rivaliser avec un engin tout terrain dont les quatre roues épousent toutes les dénivellations et qui conserve une tenue parfaite des rampes à plus de 20km/heure même dans les tournants.
Après ces essais, quelques agriculteurs ont présenté du matériel de pulvérisation qu’ils utilisent sur leur exploitation : un Twin flow et un pulvérisateur Ber-thoud datant de 1984 équipé d’une cuve d’eau claire et d’une rotobuse. Puis la FRCuma a fait fonctionner son banc de contrôle des pulvérisateurs qui circulera dans le Jura courant novembre en parallèle avec le banc d’essai pour les tracteurs.
La mise aux normes : obligatoire et utile
Sur les pulvérisateurs, certains équipements sont obligatoires comme un manomètre d’un diamètre suffisamment important, les références du constructeur, l’ouverture de la cuve (à vérifier pour les modèles antérieurs à 1988), etc.
D’autres équipements sans être obligatoires sont utiles (bidon lave-mains, robinet quart de tour…) et d’autres permettent de préserver la sécurité des utilisateurs. Par exemple en l’absence de plateforme d’accès pour remplir la cuve, mieux vaut équiper le pulvérisateur d’un incorporateur de produit. Toutes les parties en mouvement doivent être protégées. Un opérateur refusera de faire le contrôle d’un pulvérisateur sans protège-
cardan. « Certaines normes environnementales ne sont pas encore obligatoires. Elles constituent un deuxième palier qui pourrait devenir effectif très prochainement », annonce l’animateur de la FRCuma. Parmi ces mesures : une marge de sécurité pour le remplissage, pas de retour d’alimentation, la disparition des buses orientées manuellement… Un document résumant les différentes normes actuellement en vigueur est disponible auprès de la FDCuma.
Un Contrôle « 3 en 1 »
« Le retrait d’un produit considéré comme dangereux pour l’applicateur, l’environnement et le consommateur amène à réaliser chez l’agriculteur un contrôle « 3 en 1 » qui vise la sécurité sanitaire des aliments et la conditionnalité des aides 2006 sous l’angle de la directive européenne phyto et du paquet hygiène », précise Philippe Guillemard chef du Service régional de la protection des végétaux. La SRPV s’intéresse au contenu du local phyto tandis que le contrôle conditionnalité dépend de la DDAF. Une nouveauté dans la panoplie des contrôleurs : le prélèvement sur culture qui permet après analyse de déterminer l’ensemble des produits utilisés. M. Guillemard rappelle qu’une dernière collecte gratuite des produits non autorisés PPNU aura lieu les 28 et 29 novembre dans le Jura.
Dès 2007, la transcription en droit français du « paquet hygiène » prévoit une montée en puissance de la traçabilité avec des enregistrements de plus en plus précis et une sorte de permis à point définissant le niveau des aides.
Entretenir son pulvé, mieux qu’une combinaison !
Vincent Fromont, conseiller prévention professionnelle de la MSA, rappelle les deux types d’intoxication possibles : aiguë lors de la préparation de la bouillie de traitement par exemple, ou chronique, forme plus grave qui provoquerait un développement anormal de cancer (prostate, leucémie) dans la population agricole. « Avant même de s’équiper de protection individuelle, il faut privilégier la prévention collective », souligne Vincent Fromont. Cela passe par l’entretien des pulvérisateurs pour ensuite éviter de déboucher les buses à la main, respecter les durées d’utilisation des filtres de cabine, avoir des aires de remplissage adaptées. Les masques de protection individuelle doivent être de type A2P3, les filtres régulièrement changés et en aucun cas laissés à l’air libre ni stockés dans le local phyto pour éviter qu’ils ne se saturent et perdent leur efficacité.
L’air que l’on respire
Les mesures réalisées en 2005 par l’ASQAB (Association science qualité de l’air Sud Franche-Comté) en partenariat avec la DRASS, font suite à un état des lieux des pesticides dans l’air conduit par le Conseil régional et l’Ademe. Plus de 60 mesures ont été réalisées sur deux sites, à Arbois et à Tavaux chez Thomas Müller et les résultats ont de quoi surprendre. Les concentrations mesurées à l’intérieur du tracteur sont entre 100 à 2 000 fois supérieures aux concentrations extérieures, concentrations qui deviennent quasi inexistantes quand on approche le cœur du village. Rassurant pour l’image des agriculteurs mais pas pour leur santé, bien qu’aucune étude ne permette de mesurer précisément le degré de risque lié à ces concentrations. Les filtres à charbon s’ils sont régulièrement changés, ne sont pas en cause. Ces concentrations sont plutôt dues à des gouttes de produits amenés dans l’habitacle par divers biais (gants, brosses, vêtements, bidons…). « Pensez à stocker le maximum de choses à l’extérieur de la cabine », conseille Francis Schweitzer de l’ASQAB.


