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Les éleveurs ovins sont des acteurs majeurs de la vie du territoire quelle que soit la région |
A l’instar des éleveurs d’Auvergne, Raphaël Farrugia, Daniel Joly et Dominique Soichet, représentants des éleveurs ovins à l’assemblée générale de la FRO Bourgogne Franche Comté ont haussé le ton sur la situation de la filière ovine.
Cette assemblée générale, qui s’est tenue à Pouilly-en-Auxois le 7 février, a été l’occasion d’échanger avec la Bourgogne et les représentants nationaux (Jean Pierre Arcoutel et Maurice Huet du bureau de la FNO) de façon revendicative mais constructive. A l'issue de cette assemblée, la Franche-Comté a pris la décision de préparer une lettre ouverte à l’ensemble du réseau syndical ovin pour demander une vraie stratégie d’actions et la définition d’objectifs clairs pour le syndicalisme ovin. Il s’agit aujourd’hui d’apporter des réponses aux revendications des éleveurs qui composent notre réseau et non pas toujours de réagir avec un train de retard sur les différents dossiers.
Le revenu est au cœur des préoccupations des éleveurs. « Que raconter à notre base quand on rentre d’une rencontre à Paris ?, a demandé Raphaël Farrugia. A quoi sert le syndicalisme ovin spécifique s’il baisse toujours les bras et n’obtient pas de mesures concrètes comme les autres secteurs de l’agriculture au niveau national ? »
Des revendications fortes de la base dans le secteur ovin à la FRO
Certes, il faut pouvoir aussi agir en région, dans les départements, faire pression au niveau local auprès des instances de décision et politiques sur différents dossiers. Ils sont d’ailleurs nombreux pour 2007. Compensations ovines au même niveau que celui des autres productions, gestion de la réserve de DPU, baisse de la consommation française (vieux dossier).
N’oublions pas que l’élevage ovin gagnait autant, voire même plus, hors prime, que les systèmes bovins allaitants ou lait standard hors primes. Les éleveurs d’Auvergne ont d’ailleurs demandé que soit obtenue 100 euros/UGB de compensation ovine afin de ramener nos éleveurs au même niveau que les autres productions.
Au-delà de ces revendications, c’est bien le positionnement du syndicalisme ovin qui a été remis en cause au cours de cette rencontre de Pouilly-en-Auxois. Nos représentants ovins ont bien demandé une réforme de stratégie du niveau national sur les différents dossiers de revendications. Nous voulons pouvoir rapporter des informations concrètes, des avancées sur les dossiers de ces rencontres. Nous ne voulons pas simplement collaborer sur les dossiers avec le niveau national, nous voulons être motivés, guidés dans les démarches à accomplir.
Certes, nous sommes petits pour peser réellement dans les décisions. Les éleveurs ovins ne représentent plus grand-chose en poids électoral et économique mais ils sont des acteurs majeurs de la vie du territoire quelle que soit la région. C’est par le développement des systèmes herbagers sur des régions comme la Franche-Comté que bon nombre d’anciens terrains agricoles de type coteaux, pelouses, friches diverses sont entretenus. Les exemples ne sont pas rares, l’élevage ovin représente donc bien encore un enjeu pour nos responsables politiques et dans la vie des français.
La question centrale du revenu
Les dossiers importants, nous les connaissons aujourd’hui. Comme nous l’avons souligné au début de cet article, c’est le revenu des éleveurs qui nous préoccupe. Avec un prix rendu au niveau de ceux de l’agneau d’herbe en février, les éleveurs ne tiendront pas longtemps le coup. Oui, nous devons tous travailler en région sur nos coûts de production, nos résultats techniques, les tailles de cheptel mais est-il aussi nécessaire de toujours courir en avant ? Le réseau d’éleveurs et son syndicalisme à tout niveau et tout particulièrement au national doivent aujourd’hui se mobiliser pour militer et défendre la cause des éleveurs ovins.
Cette AG a commencé à apporter des réponses mais seront-elles satisfaisantes et à quelle échéance ? Campagne de communication commune sur l’agneau au niveau européen menée par l’Interprofession afin de multiplier des moyens en forte baisse (0 ? de l’Office en 2008). Recherche en matière de produits élaborés et innovants (découpes d’agneau en portion individuelle ou adaptées aux petites familles, prêt à cuire, intégration de l’agneau dans les plats cuisinés…), communication autour de cette nouvelle gamme de produits (fiches recettes, changement de l’étiquetage en magasin…). Autant d’idées dont à nouveau, faute de stratégie vraiment claire, de plan d’actions défini, nous ne connaissons pas les échéances, ni la façon dont nous pouvons nous impliquer et nous mobiliser en région.
La réflexion peut sans doute porter sur les moyens de réinvestir le marché local, de réduire les intermédiaires tout en maîtrisant les coûts. La Franche-Comté a démarré ces réflexions en filière, lancement de la marque L’agneau de nos contrées, étude de faisabilité sur des produits élaborés type saucisse en filière GMS. Les actions et initiatives doivent se poursuivre.
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