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Frédéric Douard suggère d'utiliser les bâtiments agricoles pour le séchage du bois bûches. |
Vendez vos bûches et utilisez vos branches pour le chauffage ! C'est la solution préconisée par Frédéric Douard, le directeur de l'Institut technique européen du bois énergie, basé à Lons-le-Saunier.
Si depuis une vingtaine d'années il travaille, voire milite pour la promotion des énergies renouvelables, Frédéric Douard, le directeur de l'Institut technique européen du bois énergie (Itebe) se montre pourtant plutôt circonspect quand il évoque la question de la valorisation du bois de chauffage. Et en particulier lorsque celle-ci concerne le monde agricole. Au fil des années, divers projets ont été montés par l'Itebe. Mais aucun n'a vraiment émergé de façon significative. Et ce pour diverses raisons…
« La première est culturelle et économique, explique Frédéric Douard. En France, le bois bûche représente à lui seul 82 % de la production nationale de bois énergie, tous secteurs confondus. C'est un marché très lié à l'évolution du prix du pétrole. Après des baisses régulières, il a repris de la vigueur depuis 2004… Le bois bûche est aussi une énergie sociale, souvent utilisée par des ménages qui n'ont pas trop de ressources et cherchent un moyen de se chauffer à moindre coût, en principal ou en complément. C'est le cas de 5 à 6 millions de ménages français ! »
Des bâtiments pour le séchage
Le marché est rémunérateur puisque ce bois se commercialise actuellement entre 45 et 70 euros le stère livré et scié. Les prix atteignent les 100 euros le stère dans les grandes villes.
Le Jura est un département fortement exportateur de ce genre de bois, mais le marché est entre les mains d'entreprises forestières qui ont réalisé les investissements idoines. Pour l'agriculteur jurassien, le bois bûche reste un petit complément de revenus et ne nécessite pas de gros investissements.
« Les agriculteurs ont pourtant un atout qu'ils ne valorisent pas, poursuit le directeur. Ils possèdent des bâtiments qui pourraient servir au stockage et au séchage des bois. Car aujourd'hui la demande est tellement importante qu'on manque de bois sec. Les bûches sont livrées très rapidement aux clients et les conditions de chauffage ne sont pas optimales. »
Les plaquettes ne décollent pas
Le directeur de l'Institut se dit quelque peu déçu par le bois déchiqueté qui ne connaît pas la réussite du bois en granulés. « Il faut investir dans une déchiqueteuse, onéreuse et surdimensionnée. L'achat d'une chaudière (de 8 à 20 000 euros) et la problématique du stockage (30 m3 de plaquettes par an pour une maison de 120 m2) sont autant de freins à l'essor du bois déchiqueté. La solution n'est économiquement intéressante que pour des gens qui ont de grosses consommations. Le marché est limité en habitat. Reste le créneau des chaufferies collectives et des petits réseaux de chaleur. Là les projets sont limités. Les opérateurs doivent s'inscrire dans une logique très commerciale et professionnelle qui n'est pas tout à fait dans la culture des agriculteurs. Les exemples de réussite de ces Cuma et autres formes collectives sont rares. C'est dommage car des pays comme l'Autriche sont allés très loin dans cette expérience. Des coopératives agricoles ont investi dans l'outil et vendent aujourd'hui de l'énergie localement. C'est pour eux une manière de récupérer leurs impôts… »
En France, une dizaine de Cuma de bois déchiqueté ont été créées dans l'ouest de la France où elles assurent l'autoconsommation de petites exploitations. Dans l'est, la pratique est quelque peu différente : « Mieux vaut faire du comté que du bois. Alors vendez vos bûches et utilisez vos branches pour vous chauffer ! » résume en une formule le directeur de l'institut.
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