Le Jura Agricole et Rural
Des textes plus adaptés à la réalité
Influenza aviaire et avifaune sauvage
Jura agricole et rural
Publié le:  02 mars 2007
Page 10 

Le ministère de l’Agriculture a publié un arrêté qui détermine les mesures de police sanitaire à appliquer en cas de découverte d’un oiseau sauvage contaminé par le virus H5NI. Commentaire de texte par Catherine Dupuy, directrice des services vétérinaires de l’Ain.

O n ne peut pas se battre contre la faune sauvage. Les cas d’infection dans les populations d’oiseaux sauvages doivent être désormais considérés comme des phénomènes naturels. Tant qu’il y aura des foyers d’influenza aviaire dans les populations d’oiseaux sauvages, il faudra adapter nos mesures pour préserver les élevages » indique Catherine Dupuy, directrice des services vétérinaires de l’Ain, département en première ligne lors de l’apparition du premier cas de grippe aviaire l’an dernier.

Le fruit de la réflexion et de l’expérience

C’est la teneur de l’arrêté publié par le ministère de l’Agriculture en date du 15 février 2007. Il distingue les cas d’influenza aviaire dans la faune sauvage et dans un élevage avicole. « L’an dernier, lors de la découverte du cygne contaminé sur la commune de Joyeux, les mesures prises par Bruxelles qui se sont traduites en France par l’arrêté du 26 février 2006, ont été dictées à chaud. Elles étaient moins bien dimensionnées que celles du nouvel arrêté » confie la directrice de la DSV. « Ce dernier est le fruit de la réflexion et de l’expérience. » Tout au long de cette année, rappelle-t-elle, le préfet a organisé de nombreuses réunions auxquelles participaient la filière avicole, les épidémiologistes de l’Afssa (Agence française de sécurité sanitaire des aliments) et les services de l’Etat. Leurs différentes analyses et conclusions transmises au ministère de l’Agriculture ont permis de faire évoluer le texte national.

Une étude de risques poussée

« Ce nouvel arrêté permet de bien faire la distinction entre un cas d’influenza aviaire en élevage, qui est notre préoccupation essentielle et un cas dans la faune sauvage. Ce dernier étant évidemment considéré avec la plus grande attention en raison du risque de transmission à l’élevage » précise Catherine Dupuy.

Ce nouvel arrêté est aussi volontairement moins précis pour laisser une part plus importante à l’analyse de risques. Celle-ci doit en effet prendre en compte les données écologiques et biologiques du lieu où l’on a trouvé l’oiseau contaminé. Elle doit évaluer également sa situation : sommes-nous en zone humide, en zone sauvage ou d’élevage ? Toutes ces données seront ensuite étudiées dans le détail avant d’établir précisément les mesures à appliquer.

Des forteresses sanitaires

« Tout en observant les plus grandes précautions pour éviter la diffusion de la maladie, ce texte est fait pour permettre une vie agricole, et l’élevage en particulier, en période d’influenza aviaire dans la faune sauvage ». Pour réussir la lutte contre cette maladie, il faut selon la directrice des services vétérinaires de l’Ain, mener une double action : d’une part surveiller attentivement l’état de santé de la faune sauvage et d’autre part transformer les élevages de volaille en véritables forteresses sanitaires.


Faune sauvage et élevage : distinguer les cas

Le ministère de l’Agriculture a publié au cours du mois de février plusieurs arrêtés concernant l’épizootie d’influenza aviaire. Le premier en date du 5 février, requalifiait le niveau du risque épizootique en France : du stade négligeable 2, il est passé à faible. L’échelle des risques comprend six niveaux : négligeable 1, négligeable 2, faible, modéré, élevé et très élevé. Ce premier arrêté faisait suite à la découverte dans un élevage en Grande-Bretagne d’une volaille contaminée par le virus H5N1. Ce texte présente également, selon les degrés de risque, les mesures imposées par le ministère de l’agriculture aux éleveurs avicoles français.

Suite à cela, le ministère a publié un nouvel arrêté qui concerne cette fois les mesures techniques et administratives à prendre en cas de découverte d’oiseaux sauvages contaminés par le virus H5N1. Cette directive concerne plus particulièrement les secteurs dits à risques, comme les régions humides du territoire. Parmi les mesures phares, il prévoit la mise en place d’une zone de contrôle d’un rayon de 3 km autour du lieu où l’animal infecté a été découvert et d’une zone d’observation d’un rayon de 10 km incluant la zone de contrôle. Les élevages avicoles situés sur la zone de contrôle devront alors être soumis à une surveillance vétérinaire.

Le confinement est imposé aux élevages de moins de cent individus. Les autres pourront faire l’objet de dérogations. Cet arrêté prévoit aussi le contrôle des allées et venues des personnes sur les parcours. Il interdit toutes sorties et entrées de volailles ou d’autres oiseaux captifs à partir ou à destination d’exploitations situées dans la zone de contrôle et d’observation. Toutes les mesures, à l’intérieur de la zone de contrôle, devront s’appliquer pendant vingt et un jours et sur une durée de trente jours dans la zone d’observation. Les rassemblements comme les foires, les marchés et autre sont interdits.


Newsletter GRATUITE
Sondage

Face à l'augmentation du prix du pétrole, les agriculteurs ont-ils raison d'engager des mouvements syndicaux ?

  • Oui
  • Non
  • Ne sais pas

  • (C) Le Jura agricole et rural
    Partagez vos idées, écrivez-nous
    Webmaster