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Le « pneusol » est une technique mise au point par les Ponts et Chaussées pour stabiliser les terrains instables |
Rechapés ou réutilisés pour un petit pourcentage, les pneumatiques usagés sont en majeure partie recyclés. On les exploite comme combustible, comme matière première. Ils ont également une grande utilité dans les exploitations agricoles.
Le gisement de pneus usagés issu du marché de remplacement était estimé en 2004 à 343 000 tonnes. On évalue la proportion de pneus rechapés ou réutilisés à 10 % de ce volume. Le reste est considéré comme pneus usagés non réutilisables destinés au recyclage.
En effet, depuis le décret du 24 décembre 2002, il est interdit d'abandonner, de déposer dans le milieu naturel ou de brûler à l'air libre les pneumatiques. Les pneus usagés ne sont plus considérés comme des déchets ultimes, car ils ont un fort potentiel de valorisation, que ce soit comme matière première ou comme combustible alternatif.
La responsabilité des producteurs
En France, tous les distributeurs sont tenus de reprendre gratuitement les pneumatiques usagés dans la limite des tonnages et des types de pneumatiques qu'ils ont eux-mêmes vendus l'année précédente. Grâce à un fonds alimenté au prorata de leurs ventes, ils financent le traitement des pneus usagés non réutilisables (PUNR).
En 2002, les sept principaux manufacturiers de pneumatiques se sont réunis pour constituer la société Aliapur, dont l’objectif est d’assurer la collecte, le tri et la valorisation des PUNR. C’est la plus importante du secteur, elle traite 85 % du marché français, 293 972 t. Viennent ensuite l’AFIP-FRP (Association française des importateurs de pneumatiques- France recyclage pneumatiques) 10 % avec 34 000 tonnes. Les autres producteurs traitent 3 % du marché, 10 028 t et Norauto 1,5 %, soit 5 000 t.
Une forte valorisation
Dans chaque département, des collecteurs agréés par la préfecture viennent récupérer les pneus usagés chez les revendeurs, les grossistes, les concessionnaires… Ils sont ensuite réunis et triés sur les plates-formes. Ceux dont la structure est encore bonne sont rechapés, la grande majorité, les PUNR sont orientés vers diverses filières de recyclage.
Grâce à leur forte valeur énergétique, ils servent de combustibles pour alimenter les cimenteries, les chaudières industrielles… Sinon, les pneus entiers sont utilisés dans les remblais de route, les ouvrages de soutènement, les murs anti-bruit et aussi comme absorbeurs de chocs le long des jetées et quais. Découpés, ils deviennent des tapis supports de voie ferrée, afin de réduire le bruit et les vibrations. Déchiquetés, ils composent les sous-couches drainantes ou encore les remblais légers dans la construction de routes.
Enfin, finement broyé, en granulat ou en poudrette, le pneu sert à la confection d'objets moulés tels que les poubelles, les roulettes de chariots de supermarchés. La poudrette peut également entrer dans la fabrication de sols pour activités sportives : stades, aires de jeux…
De même, l'adjonction de poudrette dans les revêtements routiers permet de diminuer le bruit de contact pneu - chaussée, mais aussi d'accroître la longévité des revêtements.
Les pneus agraires pour stabiliser les sols
Grâce à la technique “Pneu sol” mise au point par le laboratoire central des Ponts et Chaussées, les pneumatiques agraires, comme ceux du génie civil, des travaux publics et des poids lourds sont utilisés pour confectionner des remblais. Composé d’une alternance de pneus et de remblai, ce confortement géotechnique permet d’améliorer la portance du sol. Cette technique est fréquemment utilisée dans les régions montagneuses pour stabiliser les pentes comme dans de nombreux autres domaines du Génie civil.
Le recyclage dans les exploitations agricolesL’utilisation des PUNR en agriculture pour le maintien des bâches d’ensilage est considérée comme une forme de valorisation. Une étude de l’Ademe menée en 2006 (agence de développement et de la maîtrise de l’énergie), évaluait à 800 000 tonnes les stocks de pneus sur bâches dans les exploitations agricoles. Le roulement, arrêt de l’ensilage, départ à la retraite, pneus très usagés, équivaudrait à 50 000 tonnes. Enfin, le volume de pneumatiques en utilisation ou repris par les revendeurs est estimé à 25 000 tonnes.
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