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Sardine (Piazetta) à l’Earl Gilles et Noël Duffet à Domprel dans le Doubs remporte le titre de meilleure mamelle adulte du concours général agricole 2007 |
Concours de très haute tenue pour la race montbéliarde qui assure sa promotion.
Les éleveurs du Doubs n’ont pas réitéré l’exploit de 2006, celui de remporter les deux consécrations suprêmes que sont le prix de championnat adulte et de jeune championne. Qu’importe ! Bravo au Jura, à la Haute-Saône, à la Saône-et-Loire, au Doubs et à tous ceux qui ont contribué à la réussite de ce concours.
« C’est une grande satisfaction. On a des championnes de très haut niveau, c’est assez exceptionnel ! » confirme Claude Taillard, le président de l’Upra montbéliarde. « L’important c’est que la race sorte grandie », ajoute l’éleveur des Fins ravi également par le fait que le public soit nombreux. « Beaucoup d’éleveurs sont venus et puis le Doubs remporte trois prix, c’est déjà pas mal ». Surtout si l’on ajoute cinq prix de section.
Satisfecit général donc. Et aucune contestation. Tous en conviennent. Rocaille était bien la meilleure. Comme l’a dit Daniel Prieur, le nouveau président de la Chambre d’agriculture du Doubs, au moment où l’on présentait la bête, « celle-là, c’est une vache qui pouvait venir à Paris à pieds ». Allusion à des aplombs exceptionnels, comme tout le reste d’ailleurs.
« Je suis heureux », s’est contenté de glisser à l’annonce du verdict, Victor Bernard, les larmes aux yeux, submergé par l’émotion. C’est lui qui, le jour de ses 20 ans, avait la lourde tâche d’emmener Rocaille devant les juges. Son père, Jean-Louis Bernard, installé à Chilly-sur-Salins, dans le Jura, est aujourd’hui un éleveur comblé. Sa vache a pratiquement tout remporté (lire par ailleurs).
Et puis, la relève est là. Victor et son frère de 14 ans, Valentin, sont « deux mordus », note leur père. Un quart d’heure avant le concours, ils sont tous les trois près de Rocaille. Valentin lui chuchote à l’oreille « pour lui dire qu’il faut qu’elle gagne », pendant que Jean-Louis assène un dernier conseil à Victor : « Tu regardes bien la vache, la position de ses pattes… Oublie ce qui se passe autour ».
« On est conforté à la base, c’est le top ! »
Autour, il s’en est passé des choses. Comme la joie de Gilles Duffet, qui lève les bras au ciel quand il apprend qu’il remporte le titre de meilleure mamelle adulte avec Sardine. Cette vache, explique l’éleveur de Domprel, « est la petite fille de Galilée qui a gagné le prix de championnat adulte ici en 1999. Génétiquement elle a hérité d’une partie de sa grand-mère ». Une grand-mère hors norme qui à 13 ans, pesait 950 kg et avait produit 90 000 kg à 37 de TP. Sardine est elle, « très prolifique », reprend Gilles Duffet, « elle est née en 2001 et à déjà fait quatre veaux, c’est une vache rentable ». Et d’ajouter qu’il dédie son prix à « toute la famille qui est restée sur l’exploitation et à mon père qui est présent ici pendant cinq jours ; il a déjà participé à une quinzaine de salons ».
On retiendra encore l’émotion de Pascal Combes, ce jeune éleveur de 27 ans du Cantal en Gaec avec son frère et son père qui décroche le 1er prix de section 1B. « Cela fait trois ans que je suis installé et j’ai beaucoup de fierté. Nous avons toujours porté notre choix sur la montbéliarde. Mais notre troupeau qui datait de 1975 a été abattu à cause de l’ESB. Revenir à ce niveau, c’était inespéré. Je pense que c’est grâce à la passion, à l’envie… J’ai une pensée particulière pour mon père ».
Bref, comme le résume Serge Quentin, le président du syndicat des éleveurs montbéliards du Doubs, ce concours a tenu toutes ses promesses « On n’est vraiment pas déçus ! lance-t-il, un lot exceptionnel a permis de faire la promotion de la race. C’est ça le plus important. On progresse de plus en plus avec des éleveurs inconnus. On est conforté à la base, c’est le top ! »
Il faut dire aussi que les mentalités ont évolué au fil des ans. On est loin « des tiraillements qui existaient il y une vingtaine d’années », rappelle Serge Quentin. Il semble en effet que les mentalités aient évolué au sein de la famille montbéliarde où les nouveaux venus s’intègrent plus facilement. C’est en tout cas le constat de Bernard Tignon, cet éleveur de Maine-et Loire qui pour sa première participation au Salon, apprécie l’état d’esprit. « On est comme des frères, dit-il, c’est comme ça que nous ferons quelque chose de bien, pas chacun de notre côté. Et de conclure : « la plus belle récompense du concours, c’est la bonne ambiance qui règne entre nous et que nous devons ensuite retransmettre ».
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