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Jacques Brosselard a commenté son dernier concours à Paris. Rencontre.
C’était leur dernier Salon… aux deux Jacques.
Jacques Chirac a laissé entendre que c’était la dernière fois qu’il viendrait tâter le cul des vaches en tant que président de la République. Mais ce Salon de l’agriculture est aussi le dernier pour Jacques Brosselard, technicien à l’Upra Montbéliarde qui a commenté près de trente-cinq concours Porte de Versailles.
Cela nous ramène donc aux années 70. A l’époque se rappelle-t-il, « l’optique de la race était différente. La montbéliarde était en rivalité avec la Holstein pour faire du lait, on ne se préoccupait pas trop du reste ».
Depuis, les choses ont bien changé, poursuit l’homme à la fameuse bacchante. « Il y a eu une grosse évolution au niveau de la qualité du gabarit et de la mamelle. Nous sommes aujourd’hui capables d’emmener trente-sept vaches qui tiennent la route tant au niveau de la conformation, de la mamelle et de l’aptitude bouchère ». La montbéliarde a donc réussi à devenir « une alternative à l’ultra spécialisation », reprend le futur jeune retraité. « On le ressent à l’export et même en France où la montbéliarde a su se développer chez des éleveurs qui n’étaient pas satisfaits par la holstein ».
C’est donc avec beaucoup de satisfaction professionnelle qu’il mettra terme à sa carrière au mois d’août. D’autant plus, ajoute-t-il, « que j’ai réalisé une vingtaine de tris dans toute la France. Ce fut un enrichissement agréable, cela m’a permis d’avoir beaucoup de relations et de contacts. »
Par contre Jacques Brosselard est un peu déçu de voir ce que devient le Salon au fil du temps. « La tendance, c’est qu’on demande aux éleveurs d’être là pour être des faire-valoir. On leur interdit de plus en plus de choses. L’ambiance est moins festive qu’il y a plusieurs années ». Jacques Brosselard reste pourtant convaincu que les agriculteurs ont toute leur place dans la Ferme France notamment pour « répondre aux questions avides des citadins », comme le dit Jean-Marie Reugnaud, éleveur à Malbrans.
Le problème souligne le technicien de l’Upra, « c’est que l’aspect commercial a pris le pas sur l’élevage. On est gêné de voir un stand Mac Donald à côté des vaches. De même le grand ring a été déplacé pour faire place à des espaces commerciaux ».
L’avenir dira ce que deviendra ce Salon. Quant à l’avenir de Jacques Brosselard il est, semble-t-il, déjà bien défini. « Je pense couper les ponts avec l’élevage et me consacrer à d’autres activités. En tout cas c’est mon sentiment aujourd’hui. Après on verra… » Quoi qu’il advienne, bravo Monsieur Brosselard !
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