Le Jura Agricole et Rural
"Montbéliardes, un potentiel illimité"
Exportation
Jura agricole et rural
Publié le:  15 mars 2007
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A force d’avoir le nez dans le guidon, il est bon de prendre de la hauteur. Jean-Marc Vacelet, directeur de l’Upra montbéliarde et Tristan Gaiffe, directeur de la Coopex, sont intervenus sur la dimension internationale de la montbéliarde, au cours de la dernière assemblée générale de la CEIA, au théâtre des Fins.

Indéniablement, le secteur des Fins est un des berceaux de la race montbéliarde. Pour s’en convaincre, on appréciera Opaline - une statue créée par Christian Guyon - qui scrute le val de Morteau. De là, la montbéliarde est partie à la conquête du monde. Jean-Marc Vacelet, directeur de l’Upra montbéliarde, Tristan Gaiffe, directeur et Stéphane Fitamant, commercial chargé entre autres des marchés des Amériques, de la Coopex, en ont résumé les grandes lignes.

Aussi loin que remonte la mémoire, la montbéliarde est partie à l’assaut des autres pays. Pour finalement être considérée comme une race internationale. Une position consolidée avec la création de la Coopex en 1978. Une structure légère qui compte trois commerciaux, deux techniciens d’Umotest, deux assistantes commerciales. « Des gens que je ne vois pas bien souvent au bureau ; ce qui en soi est rassurant », lance Tristan Gaiffe, leur directeur.

« A l’origine, nous vendions des reproducteurs », assure Tristan Gaiffe. « Mais c’est une activité qui est très sensible aux crises sanitaires. » On se souviendra des années 2000 et 2002 qui ont vu s’abattre sur le troupeau montbéliard la crise de l’ESB et celle de la fièvre aphteuse. On remontera aux années 97/98 pour la première crise de l’ESB et encore plus loin dans le temps avec des problèmes d’IBR qui ont perturbé le marché algérien en 90/91.

A chaque fois, la montbéliarde a su rebondir. Parce que les marchés étaient fermés, de nouvelles compétences ont vu le jour. « Aujourd’hui, nous pouvions proposer une solution complète autour la montbéliarde. Le package est ce qui fait la différence. »

Résultats très positifs

Il n’empêche. Deux années d’absence sur le terrain mondial ne devraient pas se rattraper aussi facilement. « Nous n’avons pas été handicapés par cette absence d’activité grâce à la performance de nos produits. » Qui ont pour noms MicMac, Nikos… « Et aujourd’hui, Redon. » Ce qui permet à la montbéliarde de bien se positionner ; notamment, au niveau des pies rouges. « Si nous n’avions pas ces taureaux avec quelques longueurs d’avance, ça aurait été plus difficile. »

On notera aussi l’explosion de l’exportation de semence. « Un mode de diffusion pratique qui nous permet d’être présents partout dans le monde de manière efficace. » On s’appuiera sur l'exemple tchèque. Entre 1993 et 1995, on exporte dans cette république 2 000 génisses. « Depuis, on y a écoulé 300 000 doses. » Ce qui place ce pays en quatrième place au niveau de la clientèle.

Et le meilleur est à venir. Le marché de la holstein. « Elle est présente partout, des USA à la Chine. » Pourrait-on la supplanter ? Là n’est pas l’ambition. « Par contre le croisement nous ouvre les portes de marchés extraordinaires. » Faut-il encore avoir des arguments valables.

On commencera par des comparaisons de race menées dans un centre de recherche irlandais. « Avec des résultats très positifs pour la montbéliarde », confirme Jean-Marc Vacelet. Une montbéliarde qui prend sa place dans la génétique italienne. Qui la conforte en Suisse. « En se situant un peu derrière la red holstein mais loin devant la simmental. » Ou encore privilégiée à la holstein dans certains bassins laitiers allemands. « Parce que la montbéliarde fait de la viande et c’est un élément qui la met en valeur. » On ne s’attardera pas sur la Hollande « où des essais en conditions difficiles ont été réalisés », et dont les résultats seront publiés mi-mars. Pays qui a une autre étude en cours en système agrobiologique.

Si la situation actuelle semble réjouissante, on se préoccupe néanmoins de l’avenir. « Et en terme de perspective commerciale, je peux clairement affirmer que l’optimisme est de rigueur », revendique Tristan Gaiffe. « Le potentiel pour les doses est illimité. On le voit aux Etats-Unis. Et le marché de la Chine est en devenir. » Pas pour tout de suite. « On viendra dans un deuxième temps pour apporter nos réponses quand ils auront des problèmes. »

En sachant quand même que le marché du croisement est très concurrentiel avec une trentaine de races qui se positionnent dessus. « D’où l’importance stratégique de poursuivre le travail sur la création génétique. En veillant à ce qu’il n’y ait pas une seule montbéliarde. Mais plusieurs types car il y a différentes manières de la vendre. »


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