|
Près de 150 dossiers ont été déposés au titre du contrat de progrès pastoralisme |
L’assemblée générale de l’Ardar Massif du Jura aura été l’occasion d’illustrer le partenariat récent avec le Groupement d’intérêt scientifique des Alpes-du-Nord. Un partenariat qui va déboucher sur un programme de recherche large en faveur de la politique de montagne.
L’assemblée générale de l’Ardar Massif du Jura aura été marquée par l’intervention d’Agnès Haunuy, chercheur au sein de l’équipe du groupement scientifique des Alpes-du-Nord. Une intervention sur les perspectives d’évolution de la production laitière dans les zones AOC de l’Arc alpin.
L’occasion d’un questionnement sur les liens entre production laitière et pratiques des différents maillons de la production, liens avec les marchés et relations avec les consommateurs. Un dénominateur commun à ces AOC : des volumes en forte augmentation et un prix du lait supérieur de 20 à 70 % selon les produits par rapport à la moyenne nationale.
Toutefois, alors que le prix au consommateur poursuit une évolution à la hausse, on assiste à une confiscation de la valeur ajoutée par la grande distribution, une situation comparable à ce qui se passe dans la filière lait standard depuis la réforme de l’organisation commune de marché et l’application de la réforme de la Pac votée en 2003.
Cette situation impose une réflexion large sur l’identité même du produit, les stratégies à mettre en œuvre pour la mise en marché sans oublier l’essentiel : l’adéquation entre l’offre et la demande.
Le partenariat entre le groupement scientifique des Alpes-du-Nord et l’Ardar Massif du Jura reposera sur quatre thématiques de recherche : le développement territorial et les ressources naturelles, le renouvellement des stratégies des produits, la mutation des activités agricoles et les évolutions dans l’accompagnement de l’agriculture. Une mutualisation de moyens qui devrait permettre au massif du Jura de se doter d’une cellule de recherche qui lui faisait jusqu’alors cruellement défaut dans ce domaine.
Cette assemblée générale fut également l’occasion de revenir sur les actions de l’Ardar au cours de l’année 2006 et de dresser des perspectives pour 2007.
Concernant les ICHN, malgré un engagement du ministre de l’Agriculture de revaloriser cette mesure de 50 % sur les 25 premiers hectares entre 2002 et 2007, le niveau de soutien n’a été revu qu’à hauteur de 35 %. Même si l’engagement n’a été tenu que partiellement, les membres de l’Ardar ont tenu à souligner cette évolution positive, dans un contexte de restriction budgétaire. De plus, et toujours à propos des ICHN, ce dispositif sera reconduit sur la période 2007/2013 avec le soutien des crédits de l’Union européenne (Feader).
Concernant la prime herbagère agri-environnementale, l’État a décidé de prendre totalement en charge cette mesure pour la nouvelle période de contractualisation. Toutefois, un certain nombre de questions restent en suspens quant à l’éligibilité de nouveaux demandeurs qui ne bénéficiaient pas de la PHAE ou pour l’obligation d’engager au moins 20 % des surfaces répondant à un enjeu de biodiversité. Des demandes d’éclaircissement vont être envoyées prochainement au ministre de l’Agriculture.
Concernant le contrat de progrès Pastoralisme, ce sont près de 150 dossiers qui ont été déposés sur l’ensemble du massif pour un montant de 1,5 million d’euros issus des collectivités territoriales de l’État et de l’Union européenne. Ce programme sera reconduit sur les périodes 2007/2013. On peut toutefois regretter le total désengagement financier du ministère de l’Agriculture, confiant cette politique essentielle pour le massif à la Délégation interministérielle à l’aménagement et à la compétitivité des territoires (Diact).
À propos des sites pilotes d’agriculture durable, cette expérimentation aura permis de démontrer l’importance des relations à tisser entre agriculture et collectivités locales. Sans forcément transposer la démarche en l’état, certains départements entendent bien s’en inspirer pour favoriser l’émergence de projets ; le tout étant aujourd’hui de transformer l’essai en passant de la réflexion à l’action.
Parmi les autres dossiers de l’année 2006, la démarche “viande de montagne”, qui n’attend aujourd’hui que l’engagement d’un opérateur pour voir le jour. Enfin l’étude sur la réduction des coûts dans les bâtiments d’élevage qui va faire l’objet d’une publication courant 2007.
Conformément à sa vocation, l’Ardar Massif du Jura a de nouveau démontré qu’elle pouvait être un lieu de synthèse entre les Chambres d’agriculture, les organisations syndicales et les collectivités locales. L’ouverture d’un partenariat avec le GIS Alpes-du-Nord constitue une véritable voie d’avenir pour l’agriculture et les agriculteurs du massif.
- La paille a-t-elle un prix ?
- «Je veux un tracteur, comme papa !»
- Un dimanche à la ferme
- La Safer et le droit de préemption
- D'un continent à l'autre… les plant...
- Le Jura fête la volaille de Bresse
- Un péril pour l'élevage et la biodi...
- Prix des carburants, incendie, cris...
- Plantations : Les distances à respe...
- L'emploi des jeunes pendant les vac...
Face à l'augmentation du prix du pétrole, les agriculteurs ont-ils raison d'engager des mouvements syndicaux ?




