Le Jura Agricole et Rural
Des atouts et des questions
Plantes biomasse
Jura agricole et rural
Publié le:  16 mars 2007
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Triticale, sorgho, miscanthus, maïs, fétuque, luzerne… La recherche sur les cultures dont la matière sèche peut être utilisée pour produire de l’énergie, se poursuit en France.

Si les agronomes reconnaissent d’ores et déjà à ces plantes un certain nombre d’atouts, plusieurs questions restent encore sans réponse, comme a pu le montrer un colloque organisé le 7 mars au Sima par Arvalis-Institut du végétal.

Quelle biomasse pour produire de l’énergie, demain ? La question reste ouverte mais un certain nombre de pistes se révèlent déjà intéressantes, explique Sylvain Marsac, ingénieur à l’Institut technique du végétal, Arvalis.

Au niveau des cultures annuelles, le triticale et le sorgho (sucrier, grain, fibre, fourrager) présentent un profil intéressant : un bon rapport productivité/rusticité, de faibles besoins en intrants, une récolte réalisable avec du matériel classique… La production de matière sèche s’échelonne entre 12 et 20 tonnes par hectare. Le maïs est également bien placé. Ce premier lot d’espèces est également capable d’être introduit en rotation. Au chapitre des bémols, Sylvain Marsac note le travail annuel du sol et le coût encore élevé de ces cultures. Du côté des cultures pluriannuelles, la fétuque élevée et la luzerne font valoir leurs atouts avec notamment peu d’intrants, une mise en œuvre et une récolte faciles, et un potentiel de 8 à 12 tonnes de matière sèche par hectare et par an.

Les interrogations sont en revanche nombreuses concernant les cultures pluriannuelles se développant par rhizomes. Si le miscanthus présente un bon potentiel productif à l’hectare (10 à 20 tonnes de matière sèche), la facilité de sa mise en œuvre ne semble pas évidente. Le coût de la plantation (3 500 euros par hectare), n’est pas non plus anodin.

Autres interrogations : la disponibilité en rhizomes, les besoins en eau de la plante et l’absence de produits de désherbage homologués pour ce type de cultures. La plantation du panic érigé (ou switch grass) se révèle moins onéreuse (300 à 500 euros/ha) mais rencontre, là aussi, les questions de disponibilité en semences et d’absence de désherbants homologués. En outre, les données sur la portance du sol au moment de la récolte font défaut, alors que l’utilisation de grosses ensileuses semble nécessaire.

Enfin, un certain nombre d’interrogations d’ordre juridique sont soulevées. « Un agriculteur en fermage a-t-il le droit de planter une espèce pluriannuelle dont la durée de vie avoisine les quinze ans ? », interroge Sylvain Marsac. De même, comment remettre en culture annuelle une parcelle cultivée avec des espèces à rhizomes ? Là encore, les données disponibles sont insuffisantes.

Le programme de recherche Regix lancé en 2006, et coordonné par les instituts techniques Arvalis et Onidol, doit permettre d’apporter un certain nombre de réponses sur le volet technique, d’ici la fin 2008.


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