Sans présager des conditions climatiques enregistrées pendant la montaison, force est de constater, que dès maintenant, les facteurs de risque de verse des blés sont tous « dans le rouge ».
La responsabilité en incombe, bien évidemment, aux conditions de douceur extrême observées depuis le début de la campagne. Etat des lieux et conséquences sur l’utilisation des régulateurs de croissance avec Arvalis – Institut du végétal.
Une montaison très précoce de beaucoup de tiges riches en azote
Souvent mise en avant, la classification des variétés en fonction de la sensibilité à la verse n’est pas forcément le premier facteur à considérer en 2007. En revanche, c’est plutôt l’état de la végétation qu’il faut analyser en ce début de montaison ultra-précoce. Les conditions de douceur (+ 2°C / jour en moyenne par rapport à la normale depuis le 1er octobre) et de relative sécheresse enregistrées jusqu’à ce jour produisent trois conséquences vis-à-vis du risque de verse :
- La plus visible depuis quelques semaines, c’est un nombre de talles pléthorique, de l’ordre de deux à trois de plus en moyenne que normalement, presque quelle que soit la date de semis compte tenu de la chaleur enregistrée pendant l’hiver. Bien que toutes ces tiges ne monteront pas à épi, elles seront en concurrence vis-à-vis de la lumière dès le début de la montaison.
- La seconde, plus proche de l’instant présent, est l’arrivée très précoce du stade épi 1 cm, autour du 10 – 15 mars… peut être encore plus tôt qu’en 1990 et 1995, les deux dernières années les plus précoces au cours de ces vingt dernières années. C’est le risque d’étiolement, ou d’affaiblissement, des tiges qui est ici mis en avant. En effet, bien que les jours rallongent, ils restent encore courts limitant la quantité de lumière reçue par la végétation. Dans ces conditions, et d’autant plus que la végétation est dense, les tiges sont fines et les entrenœuds sont prêts à s’allonger de manière excessive.
- Enfin, la moins visible, est la richesse précoce et exceptionnelle des plantes en azote.
Attention aux conditions d’application des régulateurs de croissance
A moins d’un retournement climatique de dernière heure, le risque de verse est élevé à très élevé pratiquement partout. En conséquence, l’application d’un régulateur de croissance doit être envisagée. En revanche, il faut être attentif aux conditions d’application des produits, en lien avec un stade épi 1 cm particulièrement précoce.
Les régulateurs de croissance doivent être appliqués sur des plantes non stressées. En effet, ces conditions peuvent entraîner une baisse d’efficacité et parfois des problèmes de phytotoxicité.
Les applications doivent être réalisées en « conditions poussantes » pour accroître la systémie. Traiter de préférence par temps clair, en évitant les jours avec risque de gel et/ou suivis d’amplitudes thermiques élevées. Avec ces contraintes, Cycocel C3 ou C5, applicables uniquement autour du stade épi 1 cm, ne constituent pas, le choix le plus sûr même si c’est le moins cher. Des produits, certes plus onéreux, qui ont l’avantage d’être applicables plus tardivement auront probablement des conditions d’application plus favorables. Dans cette catégorie, on peut citer Cycocel CL et Mondium jusqu’au stade 1 nœud, puis Medax Top et Moddus entre 1 et 2 nœuds.
Une année extraordinaire doit conduire à adopter des stratégies extraordinaires. Outre le risque de verse, on s’attend déjà, sauf changement de régime climatique important à venir, à un risque maladies important. D’abord le piétin verse, au développement modeste jusque-là, qui semble monter en puissance depuis que la pluie a fait un retour significatif. Puis viendra le tour de la septoriose pour laquelle, aussi, les conditions de développement commencent à s’additionner. L’observation et le suivi des modèles de développement des maladies restent cette année encore plus nécessaire que d’habitude.
Face à l'augmentation du prix du pétrole, les agriculteurs ont-ils raison d'engager des mouvements syndicaux ?




