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Henri Brichart, président de la FNPLait |
Le président de la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL) n’entend pas baisser la garde sur le régime des quotas laitiers alors que les discussions entre grands acteurs des négociations OMC reprennent, campagne présidentielle ou pas. Le maintien d’une certaine régulation des marchés est en jeu, et d’abord au sein de l’interprofession.
Que vous inspirent les velléités de remise en cause du régime des quotas laitiers de la part de Mariann Fischer Boel ?
« Nous sommes extrêmement inquiets. Par rapport à la méthode d’abord. Elle martèle tellement que les quotas seront remis en cause qu’elle arrive à convaincre un certain nombre de nos collègues des autres Etats membres. Les politiques doivent êtres faites par les élus, mais là on voit que la Commission européenne veut décider elle-même. Puis, sur le fond, on n’imagine pas un modèle qui survive sans une certaine forme d’organisation et d’équilibre des marchés ».
Des négociations OMC informelles se tiennent ici et là depuis quelques semaines, et Pascal Lamy se dit optimiste sur l’obtention d’un accord fin juin, quelles conclusions en tirez-vous ?
« C’est une grosse inquiétude là aussi. La France, et on peut ici rendre hommage au ministre de l’Agriculture (Dominique Bussereau), a été le fer de lance de la résistance contre les velléités des pays européens les plus libéraux et de la Commission pour des concessions trop larges. Dans la période de transition politique que connaît la France actuellement, nous avons peur que la Commission en profite pour essayer de passer en force dans les négociations à l’OMC ».
Qu’attendez-vous du prochain Président de la République, dont le mandat couvrira la période cruciale 2007-2013 pour l’avenir de l’agriculture européenne ?
« On attend qu’il considère que l’agriculture en France est une réelle richesse économique, par l’excédent de sa balance commerciale, et une richesse également au niveau humain et de l’aménagement du territoire. Jacques Chirac avait une sensibilité agricole particulière. Nous ne comprendrions pas que l’agriculture ne soit pas au niveau des priorités pour l’équilibre et la richesse du pays ».
Quelles relations préconisez-vous entre les différentes familles de la filière laitière au sein de l’interprofession ?
« On va en ce moment vers plus de libéralisme et moins de politique. Or, on sait que l’agriculture, l’élevage et la production laitière en particulier ne peuvent pas marcher sans certaines régulations. La difficulté est de convaincre certains transformateurs qu’on ne souhaite pas faire du collectivisme mais travailler ensemble dans l’intérêt de chacun.
Quant à l’évolution des relations entre la production et la transformation, il y a plusieurs courants de pensée chez les producteurs. Tous ont envie de croire à l’avenir, mais il y a des approches différentes selon les régions, les départements. Ce qu’il faut dire, c’est qu’il n’y aura pas de gagnants et de perdants, on s’en sortira tous ensemble ou pas ! ».
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