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Stéphane Le Foll, Michel Barnier, Henri Nallet et Poul-Skytte Christoffersen lors de la table ronde sur l’Europe |
Le bilan de santé de la Pac ne sera pas l’occasion de remettre en cause la Pac, avant 2013, a assuré le chef de cabinet de Mariann Fischer Boel, au congrès de la FNSEA, le 29 mars à Marseille.
En 2008, le bilan de la Pac qui sera fait sera positif. Il n’y aura pas de changement de Pac. Le cadre restera stable jusqu’en 2013 », a déclaré le chef de cabinet de la commissaire européenne à l’Agriculture, Mariann Fischer Boel, Poul-Skytte Christoffersen, lors d’une table ronde qui a réuni l’ancien commissaire européen, Michel Barnier, l’ancien ministre de l’Agriculture, Henri Nallet et le parlementaire européen, Stéphane Le Foll. Pour Poul-Skytte Christoffersen, le bilan de santé de la Pac en 2008 se bornera à une réflexion sur la Pac qui sera mise en œuvre en 2013. Ainsi a-t-il assuré que les quotas laitiers ne seraient pas abolis avant 2013, mais qu’il fallait dès maintenant préparer les mesures « de transition » pour cette échéance. Le problème est que la commissaire européenne ne tient pas toujours le même discours en préconisant un démantèlement des mécanismes d’intervention et une généralisation du découplage, par exemple.
Mêmes propos rassurants sur les négociations de l’OMC : « Le débat est aujourd’hui un débat avec les USA. Il n’y aura pas d’accord à l’OMC s’il n’y a pas d’engagements ambitieux sur les aides internes américaines ». Alors que dans le même temps, le commissaire européen au commerce, Peter Mandelson, comme le directeur de l’OMC, Pascal Lamy, qui a qualifié les aides à l’agriculture « d’héritage colonial » presse le pas pour aboutir à un accord.
Réflexion de fond
Plutôt que de se polariser sur un bilan de santé qui va se traduire par « une diminution des aides, plus de découplage, moins de quotas et moins de protection », Henri Nallet, l’ancien ministre de l’Agriculture préférerait que le débat prenne un peu plus de hauteur. « Le moment est venu d’avoir une réflexion de fond sur l’avenir de la politique agricole commune, non pas pour faire plus de libéralisme, mais pour construire un projet commun. On ne doit pas être étranglé par le budget, mais réfléchir aux perspectives en terme de besoins alimentaires mondiaux. On aura besoin de la base productive de l’Europe. On ne pourra nourrir le monde avec le marché mondial ». Ce n’est qu’une fois que cette réflexion sera menée « qu’on pourra s’interroger sur les instruments de cette politique », le degré de protection aux frontières et la nature des instruments de protection des marchés, a poursuivi l’ancien ministre.
Même analyse de Stéphane Le Foll : « la question alimentaire est devant nous. Il faut doubler la production alimentaire mondiale » pour nourrir la population du globe qui va passer de six milliards d’êtres humains à neuf milliards en 2050. « On ne peut faire un débat sur les tuyaux. On a à poser les bases de l’avenir de l’agriculture française et européenne. On doit discuter des objectifs et des perspectives avant le budget », a-t-il déclaré.
Quant à Michel Barnier, il place le débat sur l’avenir de l’agriculture européenne dans un cadre institutionnel. « On ne pourra pas avoir une politique agricole forte avec des institutions faibles ». Depuis le « non » de la France au référendum, il estime que la France « est affaiblie » au sein de l’Europe, comme d’ailleurs l’ensemble de l’Europe. « Les institutions sont faibles. Du coup les politiques sont menacées : la politique agricole et la politique régionale risquent d’être détricotées ». Dans le concert international : « l’Europe aura du mal à faire entendre sa voix », y compris à l’OMC. Aussi appelle-t-il de ses vœux à une relance du processus de ratification du traité européen pour doter l’Europe d’un cadre plus opérationnel. Un sentiment partagé par Henri Nallet. Ce qui permettrait de jeter les fondations d’une nouvelle politique agricole, comme, il y a cinquante ans, lors de la signature du traité de Rome.
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