L’herbe sur pied constitue le plus économique des fourrages. La réussite de la saison de pâturage repose sur de nombreux paramètres, à commencer
par la phase de mise à l'herbe.
Dans nos régions, 50 à 60 % de la pousse de l’herbe se font entre le 25 avril et le 20 juin. L’objectif prioritaire d’une mise à l’herbe précoce est de ne pas se faire déborder lors de l’explosion de la pousse début mai. Les premiers facteurs à prendre en compte pour décider de la date sont évidemment la portance des sols et la pousse de l’herbe, variable selon le climat de l’année et les situations (altitude, exposition...) Les enjeux sont nombreux, puisqu’il s’agit à la fois d’éviter le gaspillage de l’herbe en mai, de favoriser la pousse estivale, tout en constituant des réserves pour l’hiver, et en maintenant la qualité des prairies sur le long terme. Cela, bien sûr, tout en valorisant l’énorme potentiel alimentaire de l’herbe : une ration de base composée pour l’essentiel d’herbe jeune, au moment de la pousse printanière, permet de produire 20 à 25 kg de lait, ou encore des GMQ de l’ordre de 800 g pour les génisses.
Changement de flore ruminale
La transition alimentaire se fait généralement sur une période de trois (minimum) à cinq semaines. Plus la mise à l’herbe sera précoce, plus la transition alimentaire pourra être longue et progressive. La transition entre la ration hivernale et la ration estivale doit être progressive. Il faut que la flore du rumen (panse) des animaux puisse s’adapter au nouveau régime alimentaire. En ration hivernale à dominante de maïs ensilage, les micro-organismes présents dans le rumen sont à dominante amylolytique (ration hivernale à base d’amidon). Inversement, avec les rations estivales, c’est de micro-organismes à dominante cellulolytique dont les ruminants ont besoin. Le pâturage apporte une ration riche en cellulose, sucres et azote. Une période d’adaptation à chaque changement de régime alimentaire est donc à prévoir afin que la nouvelle flore digestive s'installe dans le rumen.
Quelles sont les grandes règles à respecter pour assurer une bonne transition alimentaire ? Dans un premier temps, une durée de pâturage de deux à trois heures par jour la première semaine est recommandée. Cette durée sera ensuite augmentée progressivement. Les animaux seront d’abord sortis l’après-midi lorsque leur panse est pleine. Parallèlement à la mise à l’herbe, une diminution progressive des concentrés azotés de la ration devra être effectuée car l’herbe est naturellement riche en azote. Même si l’herbe est riche en certains composés minéraux (phosphore et calcium notamment), elle est plutôt pauvre pour d’autres constituants très importants : sel, magnésium, sélénium, iode. Il ne faut donc pas oublier de maintenir l’apport en oligo-éléments par la mise à disposition d’un bloc à lécher.
Trouver le compromis
La date mise à l’herbe est un compromis entre la portance du sol et la hauteur de l’herbe. La sortie précoce permet de faire un déprimage et donc d’étaler la pousse de l’herbe à venir, d’économiser l’ensilage de maïs ou le foin ainsi que des concentrés. C’est parfois la solution à une rupture de stock souvent très coûteuse.
A contrario un lâcher trop tardif aurait de nombreuses conséquences négatives : gaspillage par piétinement, des refus dans les parcs dès la mi-mai, manque d’herbe fin juin... Pour éviter cela, il est préférable de lâcher en premier lieu les animaux les moins sensibles aux conditions climatiques (génisses et bœufs de deux ans). Dans le cas où la portance des sols n’est pas satisfaisante ou lors d’une pousse de l’herbe tardive, une surface importante doit être tout d’abord proposée à ces animaux, à ajuster dans les semaines qui
suivent. La transition alimentaire des bovins s’étalant sur trois semaines, la mise à l’herbe précoce des animaux leur permettra donc d’être prêts à profiter de la forte pousse du mois de mai. Progressivement, les autres animaux sortent et hors conditions exceptionnelles, toutes les catégories peuvent bénéficier du pâturage fin avril. Afin d’assurer une bonne transition alimentaire pour ces animaux, il faut mettre à disposition du foin fibreux durant une à trois semaines.
La vache doit disposer d’une quantité d’herbe suffisante. Deux solutions sont possibles : un faible chargement sur une grande surface, un fort chargement sur peu d’hectares avec une rotation
rapide. Les adaptations se feront selon la portance des sols et les conditions climatiques de la saison.
- Unanimité pour l'abattoir de Champa...
- «Je veux un tracteur, comme papa !»
- La Safer et le droit de préemption
- Un combiné bois de chauffage à l'essai
- La Grande débâcle filmée dans le Jura
- La paille a-t-elle un prix ?
- Chemin rural ou chemin d'exploitation
- Moderniser les réseaux d'irrigation
- La simmental fait son show à Longwy
- Bien concevoir sa bergerie
Face à l'augmentation du prix du pétrole, les agriculteurs ont-ils raison d'engager des mouvements syndicaux ?




