Le Jura Agricole et Rural
Prévenir la tétanie d'élevage
Complémentation minérale
Jura agricole et rural
Publié le:  07 avril 2007
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La tétanie d'herbage correspond à un dysfonctionnement du métabolisme du magnésium. Pour prévenir cette pathologie qui accompagne parfois la mise à l'herbe, il est important d'identifier les facteurs de risque.

L’herbe jeune a une composition particulière : humide et riche en eau, elle contient beaucoup d’azote soluble et de potassium. Elle est en revanche généralement pauvre en cellulose, en sodium et en magnésium. Les bovins mis au pâturage sur une pâture riche en jeunes graminées au printemps (ou à l’automne) peuvent donc avoir du mal à absorber les quantités de magnésium nécessaires à leur organisme. Cette absorption est d’autant plus difficile que les premiers jours de pâturage peuvent être une source de stress favorisant l'accélération du transit alimentaire. Ce stress peut être accru par des conditions climatiques défavorables telles que le vent, la pluie, et le froid... Agitation, tremblements musculaires, hypersensibilité aux stimuli extérieurs, démarche hésitante ou encore convulsions : tels sont les signes de la tétanie d’herbage, qui signe ce déficit en magnésium, et peut même être mortelle si elle n’est pas traitée à temps.

Parmi les principaux facteurs de risque d’apparition de cette pathologie, d’abord la composition de la prairie : les graminées contiennent beaucoup d’azote soluble – tendance éventuellement renforcée par des pratiques de surfertilisation – , et n’ont pas de pouvoir tampon.

L’herbe jeune, composée principalement de feuilles, est laxative. Les animaux les plus sensibles sont les vaches en fin de gestation ou en début de lactation. Enfin, les stress fragilisent encore les animaux : froid, pluie et vent sont fréquents en cette période. Or on sait que ces stress liés au changement de régime alimentaire et au froid entraînent une augmentation des activités thyroïdiennes et surrénales, en agissant sur la thermogenèse et la mobilisation des graisses, ce qui entraîne une perte de magnésium sanguin.

Importance de la transition

La prévention passe donc par une fertilisation adaptée au potentiel fourrager des prairies : l’emploi d’engrais équilibrés et modérés en quantité, en s’appuyant éventuellement sur l’analyse des sols, est un premier point.

Dans le choix des parcelles destinées à la mise à l’herbe, il est préférable d’éviter, quand c’est possible, celles à forte proportion de graminées. La complémentation minérale en magnésium, sous ses diverses formes (CMV, pierres à lécher et bolus) permet de limiter les risques.

Lors de la conduite de la mise à l’herbe, la transition alimentaire doit être progressive et tenir compte de la météorologie. Il est recommandé d’éviter les jours froids et pluvieux en début de saison de pâturage, quitte à décaler de quelques jours la mise à l’herbe. Enfin, un bon apport énergétique avant la mise à l’herbe et maintenir un apport suffisant de fibres, en général sous forme de foin, complète l’éventail des mesures préventives.


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