Le Jura Agricole et Rural
«Il ne faut compter que sur nous-mêmes»
Production porcine
Jura agricole et rural
Publié le:  30 avril 2007
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Lors de la réunion régionale porcine qui s’est tenue récemment dans l’Ain, de nombreux sujets ont été abordés par Jean-Michel Serre, président de la FNB et par Bernard Esnault, directeur. Un constat s’impose : face au grand Ouest, les producteurs des zones de faible densité porcine ne peuvent compter que sur eux-mêmes.

Manifestement, le nouveau taux de muscle par pièce (TMP) qui sert à établir le prix des carcasses est un ratio qui ne satisfait pas les producteurs de Rhône-Alpes, pas plus que ceux des zones à faible densité de production.

Ce mode de calcul du prix des carcasses mis en place à la mi-décembre favorise en effet les porcs conformes à la production bretonne et désavantage de plusieurs centimes au kilo ceux qui produisent, à la demande d’ailleurs des transformateurs des porcs plus lourds. « Sur deux mois, dans l’Ain, la différence de plus-value entre l’ancienne et la nouvelle grille est d’environ sept centimes au détriment des éleveurs », indique Thierry Thenoz, président de la section porcine de l’Ain.

Pour Jean-Michel Serre, l’application de ce nouveau calcul pose des problèmes et a été un révélateur d’une organisation commerciale déficiente : « contrairement aux autres pays européens, nous ne savons pas faire passer les hausses face à une grande distribution qui représente 85 % de nos débouchés ».

Les filières porcines françaises manquent de compétitivité, souligne le président de la FNP pour qui les solutions ne viendront pas de l’Ouest, mais des groupements de producteurs eux-mêmes qui devront, dans leur région, mettre au point une stratégie permettant aux abatteurs et aux transformateurs de rémunérer à sa juste valeur la production locale.

La grille des prix n’est pas aujourd’hui la seule préoccupation des éleveurs de porcs. Comme dans les autres productions, les problèmes environnementaux, la mise aux normes des bâtiments, ou le bien-être des animaux commencent à peser largement dans la gestion des élevages.

Si des aides ont pu être obtenues dans certains dossiers, elles sont pour l’instant réservées à la mise aux normes des bâtiments truies gestantes, obligatoire depuis 2003 pour les bâtiments neufs et qui devra être terminée en 2013 pour les autres. Quinze mille euros pourront être attribués par élevage si celui-ci à l’accord de son banquier pour faire les travaux...

Le bien-être animal

La FNP estime à cinq cents millions d’euros pour le naissage et à six cents millions pour l’engraissement les investissements nécessaires pour remettre à niveau le parc de bâtiments d’élevage porcin en France. Aussi souhaite-t-elle que le porc soit traité à l’égal des bovins dans le plan « bâtiment ».

Les différentes interprétations des contrôleurs à propos de la conditionnalité des aides préoccupent aussi les éleveurs porcins. Si la FNP ne conteste pas le bien fondé des contrôles sur l’identification ou le registre d’élevage, elle s’inquiète plus de ceux concernant le bien-être animal.

Le problème des jouets à disposition des porcelets, par exemple, ou l’obligation d’abreuvement permanent qui pose le problème des machines à soupe, sont autant de critères subjectifs qu’il est difficile de cerner et qui pourraient tout de même avoir de graves conséquences sur les finances des exploitations.

Mais là encore, cela tient souvent à un dialogue local entre l’administration et la profession.

Même si la Fédération nationale porcine, la nouvelle interprofession ou le regroupement des différents instituts techniques, peuvent mener une action de soutien efficace, ce sont aux régions elles-mêmes à mettre en place des stratégies de valorisation de leurs productions, en particulier là où l’on demande aux éleveurs un type de porc spécifique pour une production régionale reconnue et de qualité.


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