Le Jura Agricole et Rural
Fumier sur maïs : l'effet sécheresse
Essais de la chambre d'agriculture
Jura agricole et rural
Publié le:  01 mai 2007
Page 10 

Un apport de fumier avant maïs permet d’atteindre un meilleur niveau de rendement tout en diminuant la dose d’azote aux environ de 100 unités et ce sans apporter ni phosphore ni potasse sous forme minérale. Résultat des essais menés dans le Nord Jura.

La chambre d’agriculture et le CRDA nous donnent les résultats des essais de valorisation du fumier sur maïs réalisés au Gaec de Clairvans à Chamblay. La particularité climatique de l’année 2006 (sécheresse notamment au moment de la floraison) a modifié les résultats traditionnellement observés dans ce type d’essai. La dose optimale d’azote était ainsi ramenée cette année à 120 unités, contre 100 unités en moyenne les autres années. La parcelle de l’essai est en sol argileux aéré profond de vallée, précédent orge. Elle a été semée le 23 avril 2005 avec la variété de maïs Moncada à 96 000 grains par hectare. Après un apport d’engrais au semis de 18-46 à 100 kg/ha, la culture reçoit deux désherbages et un insecticide (trichogramme).

Des rendements proches

Le graphique publié dans notre édition papier (Réponse de l’azote avec ou sans fumier) montre que la dose d’azote optimale sur cet essai, avec ou sans fumier, est de 120 unités d’azote. Ceci peut probablement s’expliquer par le fait que les doses d’azote les plus élevées ont entraîné un développement végétatif plus important, ce qui induit une plus grande consommation d’eau et donc un épuisement des réserves hydriques plus précoce, très pénalisant à un moment clé comme la floraison.

Pour la première fois depuis 2003 dans ce type d’expérimentation, les modalités avec fumier ne sont pas systématiquement supérieures aux autres.

Des résultats surprenants sans fumier...

Cette année, le meilleur rendement économique sans fumier est obtenu avec la dose de 120 unités. Cependant il faut bien préciser que le rendement diminue pour des apports supérieurs à 120 unités alors que souvent on remarque un plafonnement du rendement à partir de cette dose d’azote.

L’explication pouvant être les conditions météorologiques de 2006, comme cela a déjà été évoqué précédemment.

On retiendra que sans apport de fumier, et au vu des résultats pluriannuels, l’optimum économique se situe à 160 unités d’azote.

... et avec fumier

Les résultats avec un apport de fumier sont surprenants : on obtient quasiment le même rendement corrigé du coût de fertilisation avec 0 ou 120 unités d’azote.

Le meilleur rendement net est obtenu cette année avec 120 unités d’azote, mais avec seulement 3,2 quintaux de plus que les modalités sans azote minéral ! Ce type de résultat se rencontre assez fréquemment les années ou le potentiel de rendement est fortement limité par les conditions météorologiques.

Par contre, en tenant compte des résultats des essais effectués les années précédentes, nous pouvons dire qu’avec un apport de fumier la dose optimale d’azote minérale est de 100 unités.

P et K, les atouts du fumier

Les résultats de l’expérimentation P et K avec ou sans fumier ne sont pas transposables sans doute à cause d’un effet sol. Il faut donc se référer aux conclusions des essais précédents : après un apport de fumier un apport de phosphore et de potasse ne permet pas de faire augmenter le rendement net de fertilisation.

À dose de phosphore et de potassium égale, un apport de fumier permet de gagner quelques quintaux.

Analyse du fumier

Matière sèche : 16,3%

Azote total : 0,56%

Azote ammoniacal : 0,02%

Phosphore total : 0,24%

Potassium total : 0,81%

Soit pour un apport de 30 tonnes : 168 unités d’azote, 72 unités de phosphore et 243 unités de potassium


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