Plus de la moitié (51 %) des exploitants agricoles se plaignent d’une charge de travail trop lourde, mais seulement 8% pensent recruter pour y remédier. C’est le constat dressé par l’enquête Ifop sur les besoins de main-d’œuvre en agriculture menée pour la Fnsea en novembre - décembre 2006.
Des contraintes économiques, administratives et des difficultés de recrutement sont à l’origine de cette faible prévision d’embauche. Le recours à des prestataires de services (entrepreneurs de travaux agricoles, Cuma) ou à de l’emploi partagé semble en revanche plébiscité. Le travail familial des co-exploitantes, des retraités et des jeunes dans la tranche d’âge de 16 à 24 ans permet également de prendre en charge les surcroîts de travail. L’étude, réalisée dans le cadre de la gestion prévisionnelle de l’emploi de la Fnsea, révèle un fort sentiment de surcharge de travail dans tous les secteurs de la production. Cependant, parmi ceux-ci, seuls 6% des exploitants pensent y remédier par une embauche en CDI et 10% en CDD. De plus, 55% des départs de salariés ne sont que partiellement remplacés.
Les cultures spécialisées surtout
Parmi les enquêtés exprimant une charge de travail trop lourde, les exploitants en cultures spécialisées et élevages porcins et avicoles pensent recruter le plus (de 22 à 35%). À l’inverse, les entreprises d’élevages et de grandes cultures expriment moins d’intentions d’embauches (de 7 à 15%). Les exploitations en société sortent également du lot avec une intention d’embauche de 20% contre 11% pour les exploitations individuelles. Très liée au contexte économique et à la conjoncture internationale, la faible intention générale est également due aux contraintes du recrutement ressenties par les exploitants. Ceux-ci rencontrent notamment des difficultés pour recruter des salariés en CDI ayant les compétences et les qualifications souhaitées (14% des sondés) et en nombre suffisant (9% des cas). Parmi les exploitants pensant embaucher en CDI, 50% exigent un niveau de qualification allant du BEP, CAP au Bac.
La prestation de services pour absorber la surcharge de travail
Les deux tiers des exploitants pensent faire appel à des prestataires de services pour alléger leur charge de travail. Ils ont recours en priorité aux entrepreneurs de travaux agricoles (ETA - 63%), aux prestataires de services dans les domaines de la comptabilité, du transport (61%) et aux Cuma (55%). Les groupements d’employeurs et les services de remplacement sont cités plus rarement. Les jeunes agriculteurs et les éleveurs laitiers se démarquent. Ils font plus appel aux ETA que la moyenne, les seconds faisant également appel aux services de remplacement et groupements d’employeurs en plus grande proportion.
La famille aux côtés de l’exploitant
Autre enseignement de l’enquête, les non salariés jouent un rôle prépondérant sur les exploitations. Ils sont présents sur une exploitation sur deux. Ayant généralement tous un lien de parenté (épouse de l’exploitant, parents ou beaux-parents, fils, fille ou neveu de l’exploitant…) avec les exploitants (91%), ils présentent un profil plutôt âgé. 50% d’entre eux ont plus de 50 ans.
La catégorie des 16 à 24 ans est également bien représentée avec 12% des effectifs. Principalement axé sur une présence quotidienne aux côtés de l’exploitant (44%), notamment en élevage laitier, le travail non salarié se caractérise également par une forte part de temps partiels. Cette population est primordiale dans le fonctionnement et l’organisation du travail des exploitations, ce qui pose évidemment la question de la pérennité du système le jour de leur départ. Sur la base de ces résultats, le syndicalisme entend proposer des solutions pour adapter les dispositifs de l’emploi et de la formation au mieux de l’intérêt des agriculteurs.
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