Le Jura Agricole et Rural
La mondialisation est déjà dans nos vergers…
Arboriculteur dans la Drôme
Jura agricole et rural
Publié le:  01 mai 2007
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Bruno Darnaud est arboriculteur dans la Drôme et, à ce titre, employeur de main-d’œuvre. « Plus de cent salariés saisonniers au plus fort de la période comprise entre mai et fin septembre sur deux sites de production ». La cible privilégiée reste les étudiants mais avec eux, il ne faut pas compter les garder plus d’un mois, un mois et demi.

Cette rotation oblige un recrutement large et renouvelé. Une contrainte qui s’ajoute à celle du logement des saisonniers. Bruno Darnaud s’est organisé. Il loue cinq euros H.T par jour des bungalows qui peuvent accueillir « trois à quatre personnes au maximum ». Mais, cette solution ne peut concerner qu’un nombre limité de saisonniers. Très vite se posent des problèmes de conditions d’accueil, de logistique de concentration et de cohabitation.

L’origine des salariésest mondiale

Parfois, Bruno Darnaud préfère la solution de la prestation de services. Une entreprise espagnole propose l’emploi d’Équatoriens moyennant 11,40 euros l’heure facturée en prestation et 150 euros de forfait par personne pour assurer le coût de son transport et les frais administratifs. Les dossiers sont en règle, les cartes de travail établies et toutes les déclarations sociales effectuées… C’est un peu plus cher que le salariat (11,40 euros l’heure en coût employeur) mais la responsabilité d’employeur est assumée par le prestataire qui applique, y compris en Espagne ou en Italie, la convention collective française, la plus avantageuse d’Europe pour les salariés.

Bruno Darnaud constate que l’origine des saisonniers a considérablement évolué. « Si vous avez besoin de cinquante ou de cent Chinois, vous pouvez les trouver en quelques jours ». Les pays de l’Est fournissent aussi un grand nombre de saisonniers, la Roumanie, la Tchétchénie… autant, sinon plus maintenant, que le Maghreb. Mais le coût de la main d’œuvre reste pour Bruno Darnaud, le principal problème. Il sait pourtant que les salariés payés au Smic ont de plus en plus de difficultés pour terminer le mois. « Les demandes d’acomptes sont plus précoces et plus fréquentes », observe-t-il. Et pourtant, la masse salariale de son entreprise est énorme. « Sur un million d’euros de chiffre d’affaires, elle pèse 60% pour atteindre 600 000 euros par an ! ». Pour lui, le coût du travail est la question qui devrait trouver au plus vite une réponse. Non pas dans un énième replâtrage ou un nouvel empilage de mesures d’exonérations qui créent chaque fois une nouvelle catégorie de salariés et autant de tracasseries administratives. Non, une réelle réforme qui transférerait les charges qui pèsent sur les emplois vers la consommation. Clairement, Bruno Darnaud est partisan de la TVA sociale préconisée par la Fnsea. Elle s’appliquerait aux produits importés et ne ferait plus porter exclusivement sur le travail le coût des garanties sociales nationales. TVA sociale, extension du financement des budgets sociaux à tous les revenus, comme le préconise la présidente de la caisse de sécurité sociale, réforme des régimes spéciaux… un mix des trois ? Tout le monde sait qu’il faudra élargir l’assiette des charges sociales et réformer les régimes sociaux pour assurer leur avenir et alléger le coût du travail. Tout le monde le sait, mais personne encore n’a eu le courage de réellement s’y atteler…


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