Le Jura Agricole et Rural
Des besoins… à l'acte d'embaucher
La problématique main d'œuvre en agriculture
Jura agricole et rural
Publié le:  01 mai 2007
Page 12 

La faible prévision d’embauches exprimée par la plupart des exploitants agricoles français résulte de causes multiples. Une sorte de parcours d’obstacles vécu au quotidien, témoigne Jean-Baptiste Mondou, chef d’une entreprise des paysagistes et pépinières dans l’Albanais (Haute-Savoie).

Président directeur général de la SA « Les Pépinières de l’Albanais », installé à Vallières (Haute-Savoie), Jean-Baptiste Mondou emploie trente-cinq salariés en CDI pour assurer la double activité de sa société, de paysagisme et de pépinières. Les difficultés de recruter, il y est confronté tant pour des postes permanents que saisonniers.

« Le recrutement de personnels permanents qualifiés est pour moi très compliqué, explique-t-il. Il est très difficile en particulier de trouver des gens pour travailler en pépinières ». Les raisons : « c’est un métier complet, à la fois de production agricole, donc physiquement dur et techniquement pointu. Il souffre, à tort, d’une image dévalorisée dans l’opinion générale, a contrario de celui de paysagiste qui bénéficie d’une bonne notoriété. Le contexte de concurrence des jardineries qui captent directement les jeunes pépiniéristes sortant de formation et qui attirent les autres ajoute encore à la difficulté de recruter. Le dernier pépiniériste que j’ai embauché était auparavant cuisinier. Il a réussi sa reconversion car il avait la motivation et la passion, critères déterminants. Nous l’avons formé dans l’entreprise avec succès ». Pouvoir recruter, et a fortiori sur qualification, est donc loin d’être toujours possible. Pour tenter de juguler le manque de main-d’œuvre, des outils de communication ont été activés. La profession de Jean-Baptiste Mondou l’a fait, avec des actions de recrutement selon le slogan « Métiers florissants cherchent jeunes pousses ».

Pour l’emploi saisonnier, les obstacles ne manquent pas non plus. « Le logement et les loyers très élevés dans notre région sont les principales difficultés que je rencontre, poursuit Jean-Baptiste Mondou. Lorsqu’un saisonnier doit louer un logement sur une période de trois, quatre mois selon ces tarifs, financièrement, ça ne peut pas jouer ». Les pépiniéristes et les horticulteurs des deux Savoie ont tenté de répondre à ce problème général de recrutement en éditant une plaquette diffusée auprès des CIO et des ANPE . Le document identifie les postes de travail, récapitule les adresses des exploitations et la période où elles embauchent. Un outil concret qui, s’il ne fait tout, a au moins le mérite de renforcer la connexion entre besoins d’embauche et main-d’œuvre potentielle au niveau local.

Conforter une dynamique d’entreprise

Selon Jean-Baptiste Mondou, d’autres paramètres pèsent lourd dans la balance et en défaveur de la dynamique de l’emploi. « La grosse difficulté des pépiniéristes français est le coût du travail qui, dans notre métier, est essentiellement de la main-d’œuvre. Or nous sommes aux prises avec une concurrence qui déferle sur l’Europe, avec les Hollandais, les Allemands, les Italiens en chefs de file. Mais nous ne sommes pas engagés dans la bataille à armes égales. Le coût du travail n’est pas harmonisé en Europe. Il le faudrait. C’est ce que réclament les travailleurs européens depuis des années : ne pas tirer vers le bas le fruit des conquêtes socio-économiques mais au contraire établir des règles communes ou des règles de compensation au niveau européen ».


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