La fédération nationale des groupements d’employeurs agricoles organisait le 21 mars dernier à Chalon sur Saône, une rencontre interrégionale pour que les représentants de groupements puissent échanger sur leur vision de l’emploi, sur les stratégies mises en place, sur les difficultés rencontrées et surtout sur les perspectives d’avenir.
Le développement des groupements d’employeurs multisectoriels fut le principal sujet de discussion de la matinée. Michel Combes, éleveur dans le Cantal et président de la FNGEA, a rappelé le mot d’ordre : les groupements d’employeurs agricoles doivent s’ouvrir vers la ruralité pour pérenniser les emplois en agriculture. Il faut mobiliser les forces vives et le groupement d’employeurs est un atout pour renforcer le tissu social. L’agriculture doit sortir de l’isolement. Pourquoi ne pourrions-nous pas nous entendre avec des artisans, des commerçants ou même des collectivités territoriales sur des projets d’emploi partagé ?
La loi sur les territoires ruraux permet désormais aux collectivités territoriales d’intégrer un groupement d’employeurs. Cette ouverture est une opportunité à saisir pour les agriculteurs car bon nombre de petites communes rurales n’ont pas la possibilité d’embaucher quelqu’un à temps plein.
Convention collective : le bon choix
Le point délicat réside dans le choix de la convention collective. En effet, l’activité agricole doit représenter plus de la moitié de l’activité globale pour garder ses avantages. Cependant cela ne semble pas avoir été un frein à la création de trois groupements d’employeurs multisectoriels en Saône-et-Loire. Chacun de ces groupements compte actuellement six salariés en CDI temps plein annualisé. Ils sont mis à la disposition de 19 entreprises adhérentes à ce jour dans des domaines bien différents (viticulture, maraîchage, arboriculture, cave coopérative, agro-alimentaire, industrie, transport, plasturgie, nettoyage industriel…). Concrètement, un même salarié ne travaille que chez trois ou quatre employeurs sur une année.
Dans le Jura, le groupement d’employeurs départemental Desfi souhaite élargir son champ d’action traditionnellement axé vers les viticulteurs et les agriculteurs.
D’ailleurs de nouvelles entreprises viennent d’adhérer à Desfi : un camping, une scierie, une pépinière, et peut-être bientôt des coopératives viticoles et fromagères, des concessions agricoles, des apiculteurs, des associations d’aide aux personnes…
D’une manière plus générale, le développement du multisectoriel semble être une perspective intéressante pour relancer la dynamique de création d’emploi partagé.
Quelques chiffres
• L’agriculture est leader au niveau des groupements d’employeurs.
• Plus de 4300 groupements d’employeurs agricoles.
• 493 services de remplacement.
• 32 200 salariés.
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