Le Râle du Genêt à Ouroux-sur-Saône, l’étang du Curé à Bersaillin, les prairies humides du Val d’Orain, la Leucchorine à gros thorax à Saint-Etienne-du-Bois… Plus de 80 sites situés le long de l’autoroute A39 Dole Bourg-en-Bresse ont bénéficié de mesures compensatoires environnementales pour une somme de 1,6 million d’euros financé par l’APRR. L’opération arrive à son terme.
Depuis une dizaine d’années, la société des autoroutes Paris-Rhin-Rhône (APRR) a engagé, comme le prévoit la loi, une mission de réparation des espaces naturels traversés par l’A39 dans les départements du Jura, de l’Ain et de la Saône-et-Loire. L’opération arrive à son terme et un bilan positif a été posé le 4 avril à la Maison de la faune sauvage à Arlay en présence du Conseil général du Jura.
« Nous sommes dans la perspective d’un développement durable. Il s’agit de dresser un état des lieux de l’ensemble des réalisations, d’examiner l’efficacité des résultats obtenus en fonction des investissements consentis et de valoriser ces expériences » souligne Laurent Langumier de l’APRR.
Dès 1994, la SAPRR et son maître d’œuvre Scétautoroute ont défini une série d’actions avec les DIREN, les DDAF et les collectivités territoriales touchées. 90 actions ont été retenues pour leur intérêt écologique ou pédagogique et plus de la moitié ont été réalisées par des maîtres d’ouvrage extérieurs : communes, conservatoires régionaux des espaces naturels et autres associations de protection ou de gestion de l’environnement.
Parmi les mesures les plus importantes réalisées dans le Jura : la gestion par le Conservatoire des espaces naturels comtois de plusieurs étangs (les étangs Chalat, au Curé, des Grèbes et le secteur des Baraques), l’aménagement d’une zone humide dans le vallon du Scellé à Vers-sous-Sellières et la création d’un espace écologique de découverte de la nature à Arlay en liaison avec l’aire du Jura et le Conseil général du Jura.
Autres mesures compensatoires prises en charge par l’APRR : 110 hectares de reboisement par les communes, une centaine d’hectares de prairies humides et d’habitats naturels à préserver dont certains par convention avec des agriculteurs.
Technicité et connaissance des enjeux
Les mesures d’impact des autoroutes ne durent jamais plus d’une quinzaine d’années car les zones étudiées sont soumises à d’autres contraintes qui interfèrent (développement économique, constructions…). Les organismes qui ont participé à la restauration des milieux ont acquis une technicité et une connaissance des enjeux et la plupart vont poursuivre le travail commencé. Quant à savoir s’il vaut mieux replanter des arbres ou protéger une espèce rare de libellule… « Les scientifiques ont défriché et produit de la connaissance, c’est maintenant aux citoyens et aux politiques de débattre » déclare Jean Raquin, représentant le président du Conseil général. Pour l’élu, « cet observatoire remarquable de nos milieux doit être valorisé ». L’APRR propose de mettre à disposition des élus et des décideurs une série de publications sur les études et les actions réalisées.
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