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René Morel a rendu hommage aux qualités de chef d’orchestre de Claude Taillard |
Le 18 avril dernier se tenait à Dannemarie-sur-Crête l’assemblée générale de l’UPRa montbéliarde sous la présidence de Claude Taillard. L’occasion de revenir sur le bilan de l’année 2006 et l’échec de la création de l’OCAD.
La race montbéliarde se porte bien. En France, dans un contexte de diminution du cheptel laitier, le nombre de troupeaux montbéliards continue sa progression (+ 6 en 2006, portant l’effectif à 28 000) tandis que le nombre de troupeaux laitiers toutes races confondues régresse de presque 2 000. Cela conforte la deuxième place de la montbéliarde au niveau national : elle pèse désormais 14,9% du cheptel laitier.
Claude Taillard, président de l’UPRa, a néanmoins appelé à la vigilance dans son rapport moral. « Les résultats de contrôle laitier et d’insémination sont en légère baisse. Beaucoup diraient que des baisses comme celles que nous enregistrons sont des performances au regard de la chute de nos collègues. Effectivement en pourcentage sur la population laitière nous sommes toujours en progression, mais quand même soyons vigilants. Nous avons des atouts, ne les dilapidons pas. »
A l’étranger, 2006 est une année record pour l’exportation de semences, en augmentation de 23% par rapport à 2005, soit 370 283 doses exportées. L’exportation d’animaux vivants se porte aussi mieux, avec la réouverture des marchés du Maghreb (1 071 génisses sont parties pour l’Algérie, 763 pour le Maroc) et la conquête de nouveaux pays (472 génisses pour la Bulgarie). Ces bons résultats permettent d’amortir en partie le coût des programmes de sélection. Ils s’appuient sur le travail de promotion réalisé par Coopex (32 pays visités, 25 pays reçus, des stands communs avec l’UPRa lors des grands salons nationaux). Plusieurs études scientifiques comparatives, aux USA, aux Pays-Bas, en Turquie, permettent de préciser les avantages de la montbéliarde, que ce soit dans les systèmes à bas coûts, dans les grands troupeaux conduits de manière intensive, ou extensive. Fertilité, résistance aux mammites, longévité, produit viande… autant de qualités qui font la différence.
Tristan Gaiffe, directeur de Coopex, a détaillé à l’assemblée les résultats de l’étude conduite en Hollande : face à un troupeau holstein présélectionné sur les aplombs, la fertilité, les 30 montbéliardes tirent leur épingle du jeu, dans un système d’élevage simplifié à l’extrême pour réduire les coûts. La différence se fait essentiellement sur les performances de reproduction, ainsi que sur un rapport de taux favorable (la matière grasse est pénalisée dans le système de paiement hollandais). Au total, les montbéliardes ont permis de dégager 3 000 euros de plus par an par rapport aux holsteins.
Le fruit du travail de sélection
Jean-Marc Vacelet, directeur de l’UPRa, a rappelé dans son rapport technique que ces points forts étaient avant tout le fruit du travail de sélection. Ainsi pour la productivité laitière, l’amélioration de 1 566 kg de lait au cours des 20 dernières années est expliquée à 80% par la génétique (le reste s’explique par l’environnement, bâtiment et alimentation). Pendant la même période, le TP a progressé d’un point, dont 0,6 imputable à la génétique. L’indexation continue d’évoluer pour décrire le plus finement possible les caractères. « Nous réalisons un important travail d’harmonisation des index au sein de la Fédération Pie Rouge européenne. »
La promotion passe aussi par le volet concours « Sur une année, c’est entre 8 et 10 000 montbéliardes qui participent à un concours. […] Tout au long de l’année nous participons à divers échelons à toutes les manifestations d’importance, pour que vivent ces manifestations, que de travail ! Merci à tous. Le Montbéliard Prestige c’est demain, mais cette année le point d’orgue sera le National à Rumilly, il faudra frapper fort pour beaucoup de raisons et ce sera aussi un hommage à Bernard. »
Concernant le bilan financier, le directeur a souligné la fragilité du budget de l’UPRa : « Dans un contexte de baisse des subventions, on ne sait pas comment va évoluer le niveau d’aide à la montbéliarde. Dans la nouvelle ligne politique en matière de génétique bovine, la race risque d’être non-prioritaire par rapport aux petites races, qui seront encouragées pour maintenir la biodiversité. Or au niveau national il n’y a toujours pas d’accord sur un financement collectif via l’identification qui s’appuierait sur le kg de lait et le kg de viande vendu. L’exportation représente une recette importante, mais elle est volatile car elle dépend beaucoup du contexte sanitaire. » Pour faire face à ces probables restrictions budgétaires, le siège de l’UPRa va déménager pour s’établir à Roulans, près des organismes d’élevage départementaux.
Dans son rapport moral, le président est revenu également sur l’OCAD. « Je ne reviendrai pas sur la genèse de ce projet mais s’il avait été lancé ce n’était pas par hasard. Il s’inscrivait dans une logique. Vu l’évolution, la réorganisation de l’élevage français et européen nous voulions être à même de dominer ces évolutions, mieux, de les mettre à notre profit. Alors pourquoi cet échec ? Je pense qu’on a voulu trop bien faire et que nous avons voulu faire fonctionner l’OCAD avant même de l’avoir construite. Dans cette façon de faire ne sont apparus que les points négatifs, que les problèmes à résoudre. Au fur et à mesure que les jours passaient le projet s’obscurcissait dangereusement et de ce fait on oubliait complètement le résultat qui bien sûr s’inscrivait dans le long terme. Force est de constater que nous n’avons pas fait confiance aux hommes qui allaient avoir à gérer et à faire fonctionner cette structure. Quel dommage, parce que dans tous les cas ce sont bien les éleveurs qui, une fois de plus, d’une façon ou d’une autre, ne bénéficieront pas de ce qui aurait pu être cette chance, cette dynamique, cette puissance d’être tous ensemble. »
Reste que les statuts doivent évoluer pour répondre à la nouvelle loi sur l’élevage. C’était l’objet de l’assemblée générale extraordinaire que de faire valider les modifications apportées, portant essentiellement sur la terminologie. Jean-Marc Vacelet les a détaillées une par une, avant qu’elles soient approuvées par les délégués. « L’UPRa se transforme en organisme de sélection, elle ouvre son 2e et 3e collège […] Nous avons accompli notre part de travail en ouvrant le plus largement possible le 1er collège. […] L’ensemble de la race sera représenté au conseil d’administration, il ne faudra pas se neutraliser mais additionner les compétences et les différences. 12 nouveaux administrateurs vont faire leur entrée, le bureau sera complètement revu sous l’autorité d’un nouveau président à qui je souhaite pleine réussite » précisait Claude Taillard.
Hommage à Claude Taillard
A l’issue de l’assemblée générale extraordinaire, René Morel, accompagné sur l’estrade par Denis Clément et Alain Romand a rendu un hommage plein d’humour au président sortant, traçant un parallèle entre la direction de l’harmonie municipale des Fins et la présidence de l’UPRa. Emu, Claude Taillard a rappelé quelques moments forts de sa vie d’éleveur, depuis les réunions de syndicat auxquelles il assistait enfant dans le restaurant familial, jusqu’à la présidence de l’UPRa en 96, en passant par la rencontre du Général de Gaulle au Salon de l’agriculture… sans oublier de remercier sa femme et ses associés pour leur soutien inconditionnel
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