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« Après quatre ou cinq années de vaches maigres, la maison a aujourd'hui les reins un peu plus solides», a commenté le président |
Les agriculteurs veulent devenir des partenaires du développement économique des territoires. Ils l’ont dit au cours
de la dernière session de la chambre d’agriculture du Jura. Une session nouvelle formule…
À nouveaux élus, nouvelle méthode ». Et un nouveau président qui donne illico le ton d’une session de chambre qu’il veut plus dynamique. Désormais, on balaye les dossiers de l’actualité agricole du département et, les intéressés n’interviennent que pour souligner les points essentiels de ces dossiers…
Démonstration avec les finances 2006 dont la présentation ne surprend personne. « La maison a aujourd’hui les reins un peu plus solides, commente spontanément le président. Ce budget fait suite à quatre ou cinq années de vaches maigres marquées par des réductions de personnel et des reports d’investissements. »
Et, pour aller à l’essentiel, on retiendra que cette meilleure santé a été retrouvée grâce à la facturation de prestations de services (+ 31,4%) – en particulier les dossiers de mise aux normes des bâtiments d’élevage – et l’utilisation d’un nouveau dispositif de facturation. « Les subventions augmentent de plus de 7%, malgré le désengagement de l’État sur l’identification et de l’Agence de l’eau pour le financement d’un poste. En contrepartie, les charges n’augmentent que de 4% et la masse salariale diminue même de 1%… »
Une perche tendue aux élus
L’essentiel encore quand il est question de la place de l’agriculture dans le débat de la campagne des élections présidentielles : « Il est de mon devoir de remettre la question agricole au cœur des débats actuels qui peuvent être aussi considérés comme préparatoires aux élections législatives auprès des candidats plus proches de ces enjeux dans nos circonscriptions… ». Devoir facilité par la présence à la tribune, en ce lendemain de premier tour, de quatre des cinq parlementaires jurassiens !
Oubliés du Mater
Le président a d’ailleurs profité de cette présence pour formuler le souhait de mise en place d’une politique ambitieuse de partenariat entre la chambre d’agriculture et les structures intercommunales… « Pour répondre demain aux défis de la compétitivité des filières de productions alimentaires, non alimentaires, énergétiques et à l’émergence de projets, nous réfléchissons à une véritable politique de développement local, fondée sur une synergie plus grande, à la fois de la structure départementale chambre d’agriculture, et des groupes locaux de développement, avec les élus des communautés de communes et le conseil général. »
Le deuxième axe de l’intervention de Dominique Chalumeaux concernait l’environnement. Une problématique qui mobilise de plus en plus les énergies des agriculteurs « qui ont l’impression d’être en face d’une logique du « toujours plus », sans toutefois avoir le sentiment d’être payés en retour… »
Le nouveau dispositif Mater interpelle. Ce programme régional, d’une complexité jamais égalée, ne donne au Jura qu’une seule zone éligible alors que ses agriculteurs travaillent sur plusieurs programmes locaux et projets. « Le Jura serait-il pénalisé d’avoir trop et trop bien fait pour l’environnement en matière agricole ? s’interroge le président. Nous souhaitons pouvoir faire intégrer au programme régional des opérations territorialisées du département, conformes aux enjeux prioritaires de protection de l’eau et de préservation de la diversité des milieux et des habitats. »
À l’essentiel…
Michel Cêtre, président de l’EDE :« La race comtoise faisant partie des races menacées, j’invite les éleveurs jurassiens à se montrer attentifs et à ne pas laisser passer les aides dont ils pourraient bénéficier… »
Yves Camuset demande à ce que soit désigné un écologue au niveau régional pour préparer des contre-expertises… « L’évolution climatique nous amène au début d’une nouvelle révolution agricole. Avons-nous conscience de ses effets et de ses coûts sociaux et sociétaux ? Et que faire à l’OMC ? »
Alain Mathieu, président de la FDCL du Jura : « Nous avons besoin de mécanismes de régulation et d’encadrement, avec un soutien politique fort. C’est d’autant plus urgent que la fin des quotas laitiers approche… »
Frédéric Perrot, président de la FDSEA du Jura, à propos du dispositif MAE : « Des simplifications ? On se pose là ! Tout est fait pour que l’agriculteur ne comprenne rien à ces informations. Nous ne sommes pas contre le fait d’aller vers plus d’environnement mais en tenant compte également de données économiques… »
Le député Jean-Marie Sermier se fait le défenseur du directeur départemental de l’agriculture, attaqué sur la complexité de sa présentation très technique du dispositif MAE 2007-2013 : « La complexité est un phénomène inhérent à toute économie planifiée. La Pac et ses 45% du budget de l’Union européenne est un compromis permanent entre différents pays et avec des mesures excessivement complexes. Et l’on ne maintiendra pas la Pac à ce niveau sans ces mesures. C’est compliqué mais c’est le seul moyen de garantir une cohérence vis-à-vis du reste de la société. Il faut seulement espérer que les prix agricoles viendront prendre le relais des aides Pac… »
Jacques Pélissard, député-maire de Lons-le-Saunier : « La maîtrise des défis agri-environnementaux passe par des partenariats entre agriculteurs et collectivités locales… Quant au décret du comté, je m’investis pour qu’il sorte, malgré un blocage des fraudes sur certains paramètres mais, fort de l’unanimité des partenaires économiques pour assurer une maîtrise qualitative de la production… » Engagement sur ce décret repris également par Jean Charroppin, son collègue du haut-Jura.
Gérard Bailly, sénateur, président du conseil général : « Nous voulons élaborer les actions à conduire avec vous. Le plan bâtiment permet d’éviter la galère de la brouette à fumier et de travailler dans de meilleures conditions et dans le respect de l’environnement. Nous vous appuierons sur le contrat mécanisation car les Cuma ont encore plus leur place aujourd’hui, sur les démarches de qualité des produits et sur le foncier pour préparer des remembrements à caractère de « bassin de travail […] D’accord également pour le travail en partenariat avec les communautés de communes, sur le développement économique et sur l’agrotourisme… »
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