Nosema ceranae, la pathologie à qui l’on attribue la surmortalité des abeilles à la fin de l’hiver 2006, sera-t-elle la goutte d’eau qui fera déborder le vase ? Ce vase, c’est celui de la crise dans laquelle l’apiculture française s’enlise depuis une décennie. Éclairages au cours de la dernière assemblée générale du GDSA du Jura, à Lons-le-Saunier…
La mise en plan du plan sanitaire élevage était le plat de résistance de l’ordre du jour de la dernière assemblée générale du groupement de défense sanitaire apicole du Jura. Un plan qui selon le président Raymond Borneck, était en bonne voie au début du printemps : « nous attendons la parution de l’accord au journal officiel ! Mais c’est un travail qu’il nous faudra mener à bien, en collaboration avec la vétérinaire-conseil. »
Autre question d’actualité, nosema ceranae, une pathologie mal connue,
citée comme cause de la mortalité importante de fin d’hiver 2006. « On ne peut pas affirmer qu’elle est la seule cause de la disparition des abeilles, explique le président, mais on ne peut pas l’écarter non plus… Il est temps qu’un groupe de gens compétents se penche sur ce problème pour étudier ce qui se passe. Cette nouvelle pathologie est favorisée par des conditions climatiques favorables… »
La nosemose qui tue
« Le LDA de Poligny nous a permis dans le courant de 2006 de mettre en évidence nosema ceranae dans l’échantillonnage que nous avons envoyé pour examen au laboratoire du Dr Marianno Higues à Guadalajara en Espagne, rappelle le président. Par ailleurs, il fut également acteur dans le problème des analyses de la mortalité du rucher de notre collègue de Saint-Thiébaud. L’analyse chimique n’a donné que des résultats négatifs pour l’ensemble des produits testés. Par contre ce même échantillon a été testé positif pour nosema ceranae.
Cette constatation, surtout depuis la parution de nouveaux travaux scientifiques sur le sujet, nous incite à penser que cette nosemose est capable de tuer les abeilles dans les ruches en moins d’une semaine…
C’est une des raisons pour lesquelles nous nous rapprochons, en ce moment, de plusieurs groupes scientifiques, aux USA, au Canada et en Suède qui travaillent tous maintenant sur le problème de la disparition des abeilles. »
Les parlementaires réagissent
Un problème qui alerte aussi le monde politique français puisque, sur une proposition de Jacques Remiller, le député-maire de Vienne, la création d’une commission d’enquête a été demandée par une quarantaine de députés de tous bords. L’objectif est d’évaluer les décisions qui ont été prises depuis dix ans et d’établir le degré de responsabilité des différents facteurs de mortalité. Pour sortir l’apiculture de la crise dans laquelle elle s’enlise depuis une décennie, il est demandé la mise en place d’une politique nationale ambitieuse de sauvegarde des abeilles…
« La bataille des insecticides est perdue d’avance, ajoute Raymond Borneck. La démonstration que les pesticides tuent les abeilles n’est pas faite car la surmortalité continue alors que les produits incriminés sont suspendus depuis deux ans ! Nous avons perdu du temps et nous avons créé une ambiance médiatique insensée. Ce sont des errements qui ont été facilités par l’absence d’un institut de recherche appliquée. Cela montre la nécessité pour l’apiculture de constituer une interprofession qui serait dotée d’un institut technique. »
Un plan sanitaire… et sauveteur
Le GDSA qui comptait 340 adhérents en 2003, a perdu près du tiers de ses effectifs quatre ans plus tard (264). Cette tendance à la baisse est constatée de manière générale dans le monde syndical et associatif. En contrepartie, la mise en place du plan sanitaire élevage laisse présager une augmentation logique du nombre de futurs adhérents qui comprendront les avantages à adhérer au GDSA.
Le point sur les maladies a été présenté par Alain Viry, du laboratoire départemental d’analyses. Il a dressé un bilan des plans de contrôle sur les résidus chimiques dans le miel, à l’échelon national. Dans le Jura, les recherches radiologiques du laboratoire départemental d’analyses de Poligny n’ont pas montré de présence de césium 137. Les autres analyses ont montré des traces de varroa dans 10 ruchers sur 14 et de nosémose dans 10 ruchers sur 13. Le laboratoire départemental pourrait développer les analyses de nosema. Mais, pour cela, des investissements importants devraient être réalisés. Et les 23 analyses réalisées dans le Jura ne suffiraient pas à les justifier… Il faudrait alors récupérer des analyses de toute la région Est, voire de toute la France pour amortir de tels investissements…
- «Je veux un tracteur, comme papa !»
- La Safer et le droit de préemption
- Chemin rural ou chemin d'exploitation
- La paille a-t-elle un prix ?
- Personnaliser le collectif
- Un combiné bois de chauffage à l'essai
- Une récolte 2008 abondante
- La Vache qui rit se met en scène
- Plantations : Les distances à respe...
- Un dimanche à la ferme
Face à l'augmentation du prix du pétrole, les agriculteurs ont-ils raison d'engager des mouvements syndicaux ?




