Le Jura Agricole et Rural
Toute la région au régime très sec…
Bilan pluviométrique au 20 avril 2007
Jura agricole et rural
Publié le:  10 mai 2007
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De Dijon à Montélimar et de Saint-Étienne dans la Loire à Bourg-Saint-Maurice en Savoie, pas une seule station météo n’atteint en avril 2007 la moyenne décennale des précipitations. Partout c’est le régime sec, voire très sec qui s’impose. Plus grave, depuis le 1er septembre 2006, le déficit pluviométrique s’est généralisé.

Bilan du mois d’avril 2007

Il s’en est fallu de peu pour Bourg- Saint-Maurice en Savoie n’enregistre pas une seule goutte de pluie en avril 2007 ! Tout au plus les pluviomètres de Météo France n’ont recueilli que 1,6 millimètre de pluie lorsque la moyenne devait leur en donner presque 64 millimètres. Dijon est dans la même situation. Ce sont les deux extrêmes, mais partout ailleurs les déficits pluviométriques du mois d’avril sont exceptionnellement élevés. Les plus fortes précipitations observées concernent la Loire et les monts du Beaujolais, mais là aussi, il manque plus de la moitié des précipitations normales.

Bilan agronomique depuis le 1er janvier 2007

Le bilan agronomique évalue la pluviométrie enregistrée depuis le 1er janvier. Sur les quatre premiers mois de l’année 2007, seules trois stations, Montmorot dans le Jura et les deux stations de Savoie (Chambéry et Bourg-Saint-Maurice), enregistrent une pluviométrie supérieure à la moyenne décennale. Toutes les autres stations affichent un déficit parfois sévère comme à Lanas, Montélimar et, dans une moindre mesure, Lyon Saint-Exupéry. Clairement, la vallée du Rhône est la région qui depuis le 1er janvier souffre le plus de la sécheresse.

Bilan hydrologique depuis le 1er septembre 2006

Le bilan hydrologique mesure la pluviométrie depuis le 1er septembre jusqu’au 30 avril, période pendant laquelle il est admis que les chutes de pluie constituent les réserves souterraines. À la fin avril 2007, le constat est consternant ! Pas une seule station du grand Sud-Est-Centre n’atteint la moyenne des précipitations décennale. La station la mieux lotie est paradoxalement, Lanas dans l’Ardèche qui bénéficie encore des pluies torrentielles apportées par le phénomène cévenol en octobre et novembre 2006. Les stations où la situation est jugée « critique » restent celles de Mâcon (73 % de la normale), Lyon Saint-Exupéry (70 % de la normale), Saint-Geoirs en Isère et Dijon (74 % de la normale). Dans ces conditions, il est à craindre des mesures précoces de restriction de l’eau dans ces régions.

Des températures exceptionnelles…

Restriction d’autant plus probable que la température de ce mois d’avril a bousculé toutes les normales saisonnières. Météo France indique le 30 avril, que le mois d'avril 2007 a été le plus chaud jamais observé en France depuis 1950, avec une moyenne supérieure de 4°C aux normales saisonnières. Les services météorologiques parlent d’« anomalie de température » avec des températures entre 25 à 28 °C sur presque tout le pays, contre des températures habituelles de 16° au nord et 19° au sud, indiquent encore les spécialistes de Météo France.

Sommes de températures : le mois de tous les records

Il n’est pas rare d’observer des sommes de températures en avril 2007 deux fois, voir trois fois, supérieures à la normale ! Le record est détenu par la station des Sauvages (Rhône) dans les monts du Beaujolais où le cumul des températures supérieures à 8°C atteint 165°C en avril, là où la moyenne décennale n’observe que 43,7°C ! Même constat à Bourg-Saint Maurice en Savoie.

À ces températures exceptionnelles s’ajoute un phénomène d’évapotranspiration tout à fait anormal. Seule la station de Montélimar enregistre une ETP proche de la normale (103 %) alors que Mâcon est déjà à 130 % de sa normale et Dijon à 139 %. Non seulement il a beaucoup moins plu en avril, mais les températures ont été beaucoup plus élevées que la moyenne et l’évapotranspiration n’est que la conséquence logique ces deux constats anormaux.


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