Le Jura Agricole et Rural
Irriguez efficace… consommez avec modération
Jura agricole et rural
Publié le:  10 mai 2007
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À l’occasion de la journée mondiale de l’eau, le 22 mars, à Bruxelles, Stavros Dimas, le commissaire européen à l’environnement a plaidé pour une meilleure prise en compte par la politique agricole commune, des enjeux liés à l’eau.

Dans un rapport publié le même jour, la Commission dénonce « l’utilisation intensive de l’eau, souvent incompatible avec la durabilité ». Après s’être attaquée aux rejets polluants du secteur agricole, Bruxelles veut inciter le plus gros consommateur d’eau de l’UE à utiliser cette ressource avec davantage de retenue. « Les ressources en eau – ou plutôt la pénurie – n’est pas suffisamment prise en compte au moment de décider sur quelles superficies et quels types de semences vont être produites », a regretté le commissaire européen à l’environnement qui compte sur son homologue en charge de l’agriculture, Mariann Fischer Boel, pour qu’à l’avenir cet élément soit davantage pris en compte par la politique agricole commune.

La conditionnalité et le prix de l’eau à l’étude

La préservation des ressources en eau pourrait notamment être couverte par le mécanisme de conditionnalité des aides. Ce n’est pas le cas pour le moment alors que l’agriculture consomme à elle seule plus du tiers des volumes prélevés en Europe. Dans son rapport, présenté le 29 mars, la commissaire à l’Agriculture n’écarte d’ailleurs pas cette possibilité. « S’il est trop tôt pour envisager une modification du champ d’application de la conditionnalité, cette question sera toutefois abordée à l’occasion du bilan de santé de la Pac », indique-t-elle. Une autre piste est évoquée dans le document rendu public à l’occasion de la journée mondiale de l’eau. Les services européens mettent en cause « l’utilisation intensive de l’eau, souvent incompatible avec la durabilité ». Ce texte rappelle aux Vingt-sept qu’ils doivent « mettre en place une politique de tarification de l’eau en 2010 ». La Commission fustige les préférences tarifaires qui permettent aux agriculteurs, notamment dans les régions méditerranéennes, de prélever de grandes quantités d’eau, sans en payer le prix.

La transposition « laisse à désirer »

Bruxelles indique aussi que la transposition des directives sur l’eau par les Etats membres « laisse à désirer ».

Les « substances nutritives provenant de l’agriculture » sont citées à plusieurs reprises comme facteur de pollution. Mais « lorsque les investissements adéquats ont été réalisés au cours des dix à trente dernières années, ces problèmes ont été largement résolus », encourage-t-elle.

La question de la qualité de l’eau fait d’ores et déjà l’objet de plusieurs directives (nitrates, eaux souterraines, etc.) que la Commission entend désormais faire appliquer à la lettre afin de parvenir à respecter l’objectif de « bon état écologique » pour toutes les eaux d’ici à 2015.

Face aux nombreux défis à relever au cours des prochaines années, M. Dimas considère qu’une « approche plus intégrée » est nécessaire et plaide pour une implication accrue de certains secteurs, en particulier : « l’agriculture, les transports et l’énergie ».


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