Les services d’utilité agricole n’existent plus. Plus souples, les comités d’orientation les remplacent. On en a débattu en session régionale, vendredi 20 avril.
À nouvelle mandature, nouvelle prise de fonction. « Aujourd’hui, nous ne faisons pas comme d’habitude », annonce Michel Renevier, président de la chambre d’agriculture de Franche-Comté. « Nous n’avons pas de session décentralisée comme prévu initialement, nous nous réunissons dans un nouveau lieu et nous engageons nos travaux en après-midi. » Tout simplement parce que le bureau de la chambre s’est réuni le matin même. Ce vendredi 20 avril, on peut, après ces précisions, entrer directement dans le vif du sujet. « Après celle consacrée à l’installation de la nouvelle équipe, c’est notre première session qui entame une période de travail intéressante et utile. » Et puisque les équipes ont changé, de nouvelles cartes ont été distribuées, en partie issue de la loi d’orientation agricole. Celle-ci instaure la mise en place de différents comités d’orientation. On élargit aussi le bureau à trois nouveaux membres. « À mon avis, il ne s’agit pas seulement de simples questions d’organisation interne. Il s’agit d’équiper la chambre régionale de la façon la plus pertinente possible. »
Tout d’abord pour travailler en réseau avec une bonne articulation entre les différents niveaux, qu’ils soient départementaux, régionaux ou nationaux. Ensuite en s’ouvrant sur l’extérieur. « Vers les organisations agricoles et forestières techniques, syndicales, de service, les organisations économiques de l’aval et de l’amont. »
Mais aussi le monde de l’enseignement et de la recherche, et peut-être certaines associations. « Je pense aux associations environnementales ou aux représentants des consommateurs. » Ces ouvertures permettront d’assurer la mission consulaire d’interlocuteur des pouvoirs publics mais aussi celle d’intervention auprès des agriculteurs et des forestiers. « Le monde bouge autour de nous ; ne restons pas figés. La loi nous donne de nouveaux moyens plutôt souples. Utilisons-les au mieux. »
De fait, les comités d’orientation remplacent les Sua (services d’utilité agricole) – la contrainte budgétaire en moins. On pourra à loisir y associer librement des partenaires. Plusieurs domaines ont été mis en avant : recherche-développement-formation, installation des jeunes agriculteurs, élevage et filières animales, productions et filières végétales, diversification et agriculture biologique, et économie prospective et territoires. « Ce dernier comité à caractère transversal serait conçu comme une forme de regroupement des autres comités, et globalement chargé de proposer des interventions sur les politiques publiques, la gestion des programmes pluriannuels, et de répondre à des problématiques prospectives économiques et territoriales. »
Car l’objectif final reste de s’interroger sur les moyens à mobiliser pour répondre aux enjeux des années à venir, quel que soit le scénario qui cadrera les évolutions « de notre métier et du monde qui nous entoure ».
Divers points complémentaires
On profite aussi de cette première session pour aborder quelques points d’actualité. Comme le bien-être animal. « Il faudra revenir à une transcription française empreinte d’un peu de bon sens. Car le dispositif devient parfois surréaliste. » On parle encore d’intégration de l’agriculture dans l’OMC. « Nous évoluons vers un monde où l’organisation publique sera encore plus discrète. » Pour s’en convaincre, il suffit de s’en remettre à de récents propos tenus par la commissaire européenne Mariann Fischer Boel. « En compensation, il sera nécessaire de construire plus d’organisation dans les filières en mettant en place des éléments de régulation qui leur seront propres. »
Plus localement, on s’est encore penché sur la question des abattoirs. « Très préoccupant car rien n’est réglé et la situation reste inquiétante. » « On est en plein travail », confirme Jean-Claude Jeannin. « Il nous faudra prendre une décision courageuse et intelligente. »
Pierre-Henri Pagnier, représentant le massif du Jura estime, qu’il serait opportun d’engager une politique de montagne. « Sinon les espaces pastoraux seront lésés. »
Daniel Prieur intervient sur la biodiversité. « Il nous faudrait un vrai scientifique écologue pour contre-expertiser les dossiers de la Diren », lance Yves Camuset. Guy Bailly s’inquiète sur une récente directive concernant les OGM. « Elle est faite à minima notamment sur les responsabilités en cas de contamination ou encore les distances de sécurité... S’il y a contaminations, elles risquent de dévaloriser l’agriculture bio mais aussi les productions en AOC. » « C’est un vrai problème », confirme Claude Monnier. Voilà de quoi ne pas chômer et occuper encore bien les esprits lors des prochaines sessions.
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