Le Jura Agricole et Rural
«Vivre sur nos territoires avec la MSA»
Jura agricole et rural
Publié le:  11 mai 2007
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En fin d’assemblée générale, plusieurs orateurs sont intervenus pour saluer le travail de la MSA et tracer quelques perspectives.

Pour clore les travaux de la MSA, il est de tradition de laisser la parole à quelques responsables régionaux. Frédéric Perrot, de la FRSEA de Franche-Comté, ouvre le bal. «Vous savoir attachés aux valeurs du mutualisme et de la solidarité est pour moi fondamental.» Valeurs qui contribuent au développement rural. «En tissant du lien social, la MSA contribue au fait de pouvoir vivre partout sur nos territoires.» Le président régional du syndicalisme agricole majoritaire annonce encore son attachement au guichet unique. «C’est une source de simplification.» Plus qu’appréciée quand on regarde chez ses voisins des autres régimes qui ont à faire face à des règles qui se complexifient de plus en plus.

Frédéric Perrot, profite de la tribune pour porter quelques revendications. «Comme l’accès des soins pour tous qui doit être un impératif.» Ou encore obtenir la même aide en cas d’accident de la vie qu’en accident du travail. Il faudrait aussi revaloriser les retraites. «Pour faire preuve d’équité.» Enfin, l’orateur marque son attachement au particularisme de la MSA. «Elle doit rester cette entité spécifique qu’elle représente au sein de la protection sociale. C’est pourquoi il faut continuer de tirer la barque dans le même sens.» L’insouciance de la jeunesse — qui a un bel avenir devant elle — l’empêche de mesurer toute l’importance de l’héritage quelle reçoit des plus anciens. «Grâce à cette assemblée générale, j’ai pu apprécier et découvrir le travail énorme que poursuit la MSA», reconnaît Julien Bigand, présidents des Jeunes agriculteurs de Franche-Comté. «Nous n’en sommes pas conscients car on a tout plein de choses à régler quand on se met en route. On néglige peut-être un peu trop la MSA.» Sauf que le jour venu, les jeunes seront bien contents de trouver des gens qui «vont au contact des habitants de nos campagnes en les écoutant.»

Relever les défis

Notamment pour un heureux événement. «J’ai bénéficié d’un congé parental, ce qui m’a finalement rapproché du reste de la société.»

Le jeune responsable souligne encore le travail positif qui se fait avec les campagnes de prévention. «C’est fondamental car chacun sait qu’il vaut prévenir que guérir.» Profitant de la perche qui lui est tendue, François Bigand suggère quelques lignes de réflexions pour l’avenir. «Pour que le métier soit attrayant, il nous faut des mesures et des structures comme les crèches nous permettant de nous comparer aux autres.» Le jeune homme pense aussi à demain. «L’aide aux seniors va devenir de plus en plus capital. Leur maintien à leur domicile sera le plus grand service que nous pourrons leur rendre.»

Michel Renevier, président de la chambre d’agriculture de Franche-Comté, salue de son côté l’engagement des femmes et des hommes élus à la MSA qui doivent faire face à deux camps : «D’un côté, ceux qui estiment payer trop de cotisations ; de l’autre, ceux qui regrettent ne pas avoir droit à assez de prestation.» Peut-être que bien souvent, en fonction de sa situation, on change de bord. Si on grince parfois des dents, on n’en reste pas moins attaché à sa caisse. «La participation exceptionnelle, au travers du vote par correspondance, est bien la preuve de l’attachement du monde agricole à son institution.» Comme quoi, quand les enjeux sont de taille, les gens n’hésitent pas à se mobiliser fortement.

Enfin, le président de la Chambre voit quelques nuages noirs s’amonceler dans le ciel : «Si la mutation est permanente, là, nous en sommes à un tournant.» Pas de bon augure. Car le cadre change. «Nous allons vers plus de libéralisme et vers moins de protection.»

Certains signes d’espoir persistent. «L’agriculture sera toujours au cœur des défis que nous lancera le XXIe siècle. Défis alimentaire, environnement, énergétique avec la biomasse ; pour nous des opportunités.»

Joseph Parrenin, vice-président du conseil régional, a rappelé quelques lignes d’engagement de sa collectivité territoire en direction de l’agriculture. Comme l’installation. «Elle reste pour nous une priorité.» D’où la nécessité de travailler en amont avec les cédants. «Avec vous, il faut renforcer ce chantier.» On parle encore de contrat de filières. Et encore de politique agricole. «Ne baissons pas les bras. Ne capitulons pas. On doit pouvoir dire au pouvoir central nos positions sur la Pac.» Joseph Parrenin insiste encore sur les énergies. «Nous devons tout mettre en œuvre autour de cet important chantier car il conservera l’avenir de notre planète.»

Michel Raison, député de Haute-Saône, a le mot de la fin en abordant la question de l’offre médicale en milieu rural : «Un défi que nous avons relevé en libérant le numerus clausus, et en incluant dans la loi sur les territoires ruraux des systèmes d’incitation financière.» Et si ce n’est pas suffisant. «Eh bien, il faudra alors aller plus loin. En attendant, je vous rappelle aussi que des mesures existent pour aider les maisons médicales.» Enfin, le député envisage l’avenir. «On annonce que nous serons 9 milliards d’habitants en 2050. La Franche-Comté aura encore besoin de ses paysans.»


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